‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 235 sur 363 · P II T H A L M I E DES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

P II T H A L M I E DES NOUVEAU-NÉS

écoulements dont les femmes enceintes sont si fréquemment atteintes. L’ophthalmie peut aussi résulter d’une contagion accidentelle, dans les milieux où règne cette maladie (crèches, maternités). Elle se reconnaît au gonflement des paupières, à l’adhérence des bords ciliaires entre eux, à la rougeur de la muqueuse, à la sécrétion d’un liquide muco-purulent ou purulent.

La maladie est tantôt légère et affecte les allures d’une conjonctivite catarrhale, tantôt grave et menace l’existence de l’organe de la vision. En France, sur 38 000 aveugles, on en compte 13 000 qui doivent leur cécité à l'ophthalmie des nouveau-nés. Dans les cas graves tout au moins, le microbe de la blennorrhagie, le gonocoque de Neisser, doit être incriminé.

Dans quelques cas, on a trouvé le bacille de Lœffler. Ailleurs, c'est le streptocoque ou le staphylocoque qui est en cause. Parinaud a même rencontré le pneumocoque.

TRAITEMENT

Dans les cas légers, tardifs (septième ou huitième jour), irrigations répétées trois ou quatre fois par jour avec la solution tiède suivante :

% Acide borique 30 grammes.

Eau bouillie 1000 —

On se sert d’un irrigateur ordinaire ou d’une seringue. Un aide écarte les paupières, pendant que l’opérateur injecte le liquide.

On peut employer aussi l’eau de pavot, l’eau de camomille tiède, l’eau bouillie, l’eau naphtolée :

% Naphtol 0 gr. 20.

Eau distillée bouillie 1000 grammes.

Dans les cas graves, on continuera les irrigations pré-

cédentes en les multipliant, et on ajoutera les cautérisations avec :

% Nitrate d’argent 0 gr. 20.

Laudanum de Sydenham X gouttes.

On fera, matin et soir, tomber une goutte de ce collyre entre les paupières, à l’aide d’un compte-gouttes d’un bâton de verre, d’un bout de porte-plume, etc. On neutralisera immédiatement avec quelques gouttes d’eau salée. Ce collyre peut aussi être appliqué avec un pinceau de blaireau. On peut se servir également d’un crayon de nitrate d’argent mitigé avec le nitrate de potasse à parties égales. Neutraliser toujours avec l’eau salée.

Dans l’intervalle des cautérisations, on appliquera sur l’œil ou sur les yeux des compresses boriquées ; s’il n’y a qu’un œil malade, on protégera l’autre à l’aide d’un pansement occlusif avec ouate hydrophile et taffetas gommé.

Dans l'intervalle des cautérisations, Valude conseille les irrigations fréquentes au naphtol, à l’acide borique, ou avec ;

% Eau stérilisée 1000 grammes.

Extrait thébaïquo 0 gr. 10.

Ces irrigations peuvent suffire dans le catarrhe simple, dans l’ophthalmie des prématurés, etc.

En cas de diphtérie oculaire, on aura recours à la sérumthérapie.

S’il y a ulcère de la cornée, on se servira de pommade iodoformée à 1/50 (Valude).

10 grammes.

0 gr. 20.

% Vaseline.

Iodoforme

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Si l'inflammation devient chronique, on touche la muqueuse avec un cristal d’alun (Valude).

Chez toute femme enceinte arrivée à la fin de la grossesse (neuvième mois), on prescrira systématiquement les injections vaginales quotidiennes ou bi-quotidiennes avec une solution boriquée à 3 p. 100, ou de sublimé à I p. 4 000, de permanganate de potasse à

Pendant le travail, mêmes injections. Aussitôt que l’enfant est né, avant même que le cordon soit coupé, on essuie ses yeux avec un bouchon d’ouate hydrophile imbibé d'eau boriquée ou de sublimé à 1 p. 4 000. On entrouvre les paupières et on laisse tomber une goutte de collyre au nitrate d’argent à 1 p. 50 (Crédé), ou bien on insuffle de l’iodoforme finement pulvérisé (Valude). Pinard se contente de jus de citron.

Budin l este partisan de la méthode de Crédé, mais il croit que le litre de la solution argentique peut être abaissé à 1 p. 150.

11 serait bon que les sages-femmes et même le public fussent prévenus, par des instructions précises, des dangers de l’ophthalmic et des moyens de la prévenir. Dans les familles où il y a plusieurs enfants, dans les maternités, on isolera les enfants alteints d’ophlhalmie et le personnel chargé de les soigner. Ce personnel devra tout au moins prendre les plus grandes précautions pour éviter le transport des germes d'un enfant malade aux enfants sains. Lavage des mains au sublimé, destruction par le feu des objets de peu de valeur (ouate, compresses), désinfection des autres, etc.

La déclaration de l’ophthalmie des nouveau-nés est obligatoire aujourd’hui en France.

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