‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 241 sur 363 · OTITE EXTERNE · texte numérisé non relu

OTITE EXTERNE

L’inflammation du conduit auditif, ou otite externe, peut reconnaître différentes causes : un furoncle, un eczéma, l’impétigo. Le furoncle donne la variété aiguë de l’otite ; il se traduit par des douleurs vives qui, chez les nourrissons, s’accompagnent de fièvre, agitation, anorexie, vomissements ; par un gonflement qui efface la lumière du conduit. 11 s’ouvre spontanément ou est incisé par le médecin ; un écoulement de pus sanguinolent en résulte. La durée de la maladie est très courte. L’eczéma du conduit auditif donne lieu à une variété plus durable d’otite externe : l’écoulement est séro-purulent, mêlé de débris épifhébaux, de squames grisâtres. Quand l’impétigo contagiosa envahit le conduit auditif, il s’accompagne aussi d’otite externe et d’otorrhée généralement très curable et très courte.

TRAITEMENT

Chez les nourrissons atteints de furoncle de l’oreille, il conviendra, quand la tuméfaction sera bien accessible, rouge, acuminée, déporter la pointe d’un bistouri ou d’une lancette dans le foyer inflammatoire ; après quoi on fera un lavage à l’eau boriquée tiède, suivi d’un poudrage au salol ou au dermatol.

Même traitement quand le furoncle s’est ouvert spontanément.

Gomme traitement abortif, Lubet-Barbon conseille

OTITE MOYENNE

de verser dans le conduit un peu d’alcool camphré ou d’alcool boriqué. Si le furoncle est à l’entrée du conduit, il faut appliquer un tampon de coton hydrophile imbibé de naphtol camphré.

On peut aussi aseptiser le conduit auditif avec une mèche d’ouate hydrophile imbibée du mélange suivant:

% Liqueur de Van Swieten. )

^ i . ! aa.

Glycérine )

C’est le cataplasme antiseptique de Lubet-Barbon qu’on introduit à l'aide d’une pince et d'un spéculum. On arrose toutes les deux heures avec la solution susindiquée. On laisse le tampon vingt-quatre heures. 11 prévient la repullulation du furoncle.

Dans les cas d’eczéma, on badigeonne le conduit auditif avec l’huile mentholée à 1 p. 40 ou l’huile goudronnée :

% Huile d’amandes , Goudron de hêtre

20 grammes.

(Lubet-Barbon.)

On peut aussi porter dans le conduit une mèche imbibée de vaseüne boriquée à 1 p. 10, ou de pommade à l’oxyde de zinc, mêmes doses.

Môme traitement pour l’impétigo.

Quand l’écoulement est abondant, quelle qu’en soit la cause, j’ai pour habitude de prescrire des irrigations d’eau boriquée à 4 p. 100 ou de sublimé à 1 p. 2 000, et je fais suivre l’injection d’un poudrage avec acide borique, naphtol, dermatol, aristol, salol.

OTITE MOYENNE

L’otite moyenne, très commune dans l’enfance, est l’inflammation de la caisse du tympan ; elle peut être

aiguë ou chronique, simple ou compliquée d’abcès mastoïdien, de carie du rocher, de lésions cérébro-méningées, etc. Elle résulte le plus souvent d’une infection venue du pharynx par la trompe d’Eustache, et on a trouvé dans ses exsudats les microbes de la suppuration, streptocoques et staphylocoques, le microbe de la pneumonie, celui de la tuberculose. On l’observe souvent à la suite de la rougeole, de la scarlatine, de la grippe, etc. Elle détermine des douleurs assez vives, des bourdonnements, parfois de la surdité, souvent la perforation du tympan et l’otorrhée. L’écoulement par le conduit auditif externe ou otorrhée peut être aigu, chronique, inodore, fétide, séreux, purulent, séro-sanguinolent, etc.

Le traitement a une grande importance.

TRAITEMENT

Le traitement de l’otite moyenne doit être autant que possible antiseptique ou aseptique. Dans les cas légers, Lubet-Barbon conseille de verser dans le conduit quelques gouttes de :

% Huile stérilisée 20 grammes.

Teinture de belladone L gouttes.

ou de glycérine phéniquée à 1/20.

Si la douleur est très vive, on instille quelques gouttes d’une solution de cocaïne à 1 p. 10 ou même 1 p. 5.

On pourra au début essayer la douche d’air par le procédé de Politzer ou le cathétérisme. Mais si les douleurs persistent et s’il y a des indices d’épanchement dans la caisse, on fera l’incision, la paracentèse du tympan, après avoir nettoyé le conduit avec la liqueur de van Swieten. Pour rendre l’opération indo-

OTITE MOYENNE

lore, on verse une solution de cocaïne à 1 p. 5 et on la maintient dix minutes dans le conduit. Après l’incision, on donne la douche d’air, et on met de la glycérine phéniquée à 1 p. 20.

Quand le catarrhe de la caisse, après avoir amené la perforation du tympan, se traduit par une otorrhée persistante, il faut faire des irrigations tiedes d’eau boriquée ou de sublimé à I p. 2 000, suivies d'un poudrage au salol ou au naphtol, avec tampon d’ouate hydrophile maintenant le tout. On renouvelle l’opération tous les deux jours.

Si l’écoulement est fétide, on fera les irrigations avec une solution de permanganate de potasse à 1 p. I 000. Pour l’otorrhée chronique comme pour l’olorrhée aiguë, Lubet-Barbon conseille la glycérine phéniquée à 1/20 ; quand l’écoulement diminue, il fait le pansement sec avec l’acide borique pulvérisé, après avoir séché le conduit avec du coton hydrophile monté sur des stylets : lavages aseptiques rares, séchages soigneux, pansements avec des corps antiseptiques avides d'eau.

Pour poudrer le conduit, Bonnafont se sert du mélange suivant :

% Nitrate d'argent

Talc . .

Lycopodc

La vaseline liquide iodoformée, le salol camphré sont indiqués dans les otorrhées fétides. Rohrer a recommandé la pyoctaniue en poudre.

Les enfants atteints d’otorrhées chroniques sont souvent affaiblis, scrofuleux, anémiques : le traitement général par l’huile de morue, les ferrugineux, les eaux chlorurées sodiques, arsenicales, complétera le traitement local. La prophylaxie se fera en traitant les catarrhes naso-pharyngiens, en opérant lus tumeurs

adénoïdes, en aseptisant la bouche, la gorge, les fosses nasales par des irrigations, pulvérisations, badigeonnages, dans les maladies qui prédisposent à l’otite (rougeole, scarlatine, typhoïde, etc.).

OXYURES VERM I CULAIRES

Les oxyures vermiculaires sont de petits vers cylindriques qui habitent la dernière portion du gros intestin. Le soir, ils descendent vers l’anus, et peuvent rampervers les parties voisines, les organes génitaux, la vulve et le vagin. Le mâle a de 2 1/2 à 3 millimètres de long, sur un dixième et demi de millimètre de large ; la femelle atteint 1 centimètre en longueur et un demimillimètre en largeur ; on trouve neuf fois plus de femelles que de mâles. Les œufs sont lisses, ohlongs, longs de 53 g, larges de 28 y.. Ces œufs, déglutis par l’enfant avec l'eau de boisson, éclosent dans l’estomac ou l’intestin grêle : les vers adultes descendent ensuite dans le gros intestin, le rectum.

Ces vers causent des démangeaisons anales très pénibles le soir et la nuit , il y a parfois du ténesme. Les enfants se grattent et poussent des cris de douleur. Au bout de quelques heures, tout se calme; le lendemain soir, les accidents se reproduisent.

Chez les enfants nerveux, il peut y avoir des convulsions. Chez les petites filles, la migration des oxyures vers la vulve et le vagin peut causer la vulvo-vaginite. L’examen microscopique des selles assure le dianoslic dans les cas douteux.

TRAITEMENT

Les enfanls nourris au sein ne connaissent pas les oxyures: c’est après le sevrage, quand l’enfant partage

OXYUHES VERM ICUL AI RES.

la table commune et boit de l’eau non stérilisée, que l’oxyure apparaît.

Le traitement local ne suflit pas toujours ; il supprime les oxyures qui habitent le rectum, mais il n’atteint pas ceux qui sont encore dans l’intestin grêle : on agira donc à la fois par en haut et par en bas.

Un fera prendre pendant quelques jours de petites doses de calomel, 5 à 10 centigrammes dans du lait. On peut également donner la fleur de soufre, à jeun, pendant plusieurs jours (West) :

% Fleurs de soufre 0 gr. 50.

Miel 20 grammes.

On peut donner aussi la santonine, en pastilles ou bonbons (2 à 5 centigrammes par jour) :

Déminé prescrivait :

Pour un cachet; trois le matin, à une houre d’intervalle, pendant trois jours.

Localement, on agira par les lavements, les pommades, les suppositoires.

Les lavements d’eau froide, d’eau vinaigrée (1/2 à 1/3), d’eau salée (10 p. 100), d’eau sulfureuse (Eaux- Bonnes, Enghicn), d’eau savonneuse(l gramme p. 100), de lait sucré (Vérité), peuvent suffire.

Très efficaces également sont les lavements suivants;

% Eau de chaux 100 grammes.

Pcrchlorure do fer X gouttes.

A prendre en une fois le matin à jeun.

% Santonine

Calomel. .

Sucre blanc

(Wkst.)

% Eau de chaux ....

Décoction de guimauve

% Sulfure de potasse . .

Eau

% Eau

Glycérine

Éther sulfurique . . .

% Asa fœtida

Jaune d’œuf

Eau

% Infusion de tanaisie. .

Glycérine

Sirop simple

% Feuilles d’absinthe Infuser dans eau.

. . 90 grammes.

. . 0 gr. 40.

. . 130 grammes

100 grammes.

. . X gouttes.

. . 3 grammes.

120 grammes.

. . 200 grammes.

(D’après Monin.)

. . 10 grammes.

% Teinture de rhubarbe XXX gouttes.

Carbonate de magnésie 0 gr. 20.

Teinture de gingembre 1 goutte.

Eau 125 grammes.

% Naphtaline 1 gramme.

Huile d’olive 40 —

% Sel marin Huile . .

Eau . . .

10 grammes.

% Menthol Huile .

0 gr. 06.

30 grammes.

L’enfant ne doit prendre les lavements qu’après avoir été à la selle; il les gardera le plus longtemps possible.

On peut se contenter d’introduire dans l’anus, avec le doigt, un peu d’onguent gris ou des pommades suivantes :

% Lanoline

Iluile de foie de morue. .

Précipité blanc

Essence de lavande. . . .

Introduire matin et soir, dans l’anus, une mèche de charpie imprégnée de cette mixture.

(Monin.)

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