‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 256 sur 363 · PÉRITONITE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

PÉRITONITE TUBERCULEUSE

La tuberculose du péritoine, rare dans la première enfance, commence à devenir assez commune dans la seconde. Elle a un début généralement lent et insidieux : les enfants maigrissent, perdent l’appétit, ont des alternatives de diarrhée et de constipation, des coliques. Puis le ventre se développe d’une façon irrégulière, il présente des points mats à côté de zones sonores; un liquide s’épanche dans la cavité du péritoine, d’où la sensation de Ilot, plus difficile à percevoir d’ailleurs que dans l’ascite, à cause des brides, adhérences, gâteaux qui se sont formés. Il y apourtant des formes ascitiques, avec épanchement abondant et douleurs nulles ou peu accusées.

Des poussées aiguës peuvent se déclarer, entraînant la fièvre, les vomissements, le faciès grippé.

Le carreau se distingue par l’absence de liquide flottant et la présence de masses dures rétro-péritonéales. Legros ventre des rachitiques ou des cachectiques est mou, souple, facile à explorer, indolent.

La lympanite a pour elle sa sonorité.

La péritonite sini])le a un début plus franc et une évolution plus rapide (appendicite, perforation). Quant aux tumeurs du rein , de la rate , du foie, elles seront reconnues à un examen attentif.

PERITONITE TU RE RC U L E USE.

TRAITEMENT

On s’abstiendra des méthodes débilitantes en usage dans la péritonite simple (sangsues, calomel, etc.).

Il faut toujours, derrière la péritonite, viser la tuberculose et remonter le malade a l’aide des toniques, de l'huile de morue, du quinquina, des ferrugineux, des sirops iodés.

On alimentera avec des crèmes, des purées de viande, du lait phosphaté, du lait iodé. L’iode en effet est un des bons altérants à employer; on peut prescrire l’iodure de potassium ou de sodium:

% Iodure de potassium 10 grammes.

Sirop d’écorces d’orangos 200 —

Trois à quatre cuillerées à café par jour.

Si les fonctions digestives sont passables, on essaiera la créosote sous forme d’huile ou de glycérine créosotée :

% Huile de morue 500 grammes.

Créosote de hêtre 10 —

Une cuillerée à soupe matin et soir.

L'arsenic est un bon médicament, qu'on donnera sous forme d’eau de la Bourboule (2 ou 3 quarts de verre par jour) ou d’un sirop arsénié:

% Sirop de quinquina 200 grammes.

Arséniato de soude 0 gr. 05.

Une cuillerée à café matin et soir.

L. Revilliod conseille une cuillerée àsoupe, 2 ou 3 fois par jour, de la potion :

% Eau 150 grammes.

Sirop de noyer 30 —

Élixir de Garus 20 —

Liqueur de Pearson XX gouttes.

Créosote XX —

Le traitement local a plus d’importance encore que le traitement général.

On fera de la révulsion sur l’abdomen avec des badigeonnages de teinture d’iode, des vésicatoires volants, des cuirasses de collodion ; on prescrira des bains salés et iodurés, ou l'on fera porter des ceintures contenant des solutions salines fortes.

Les bains sulfureux ont aussi leur utilité.

S’il y a des douleurs vives, on fera des onctions calmantes avec la pommade suivante :

% Axonge benzoïnée .

Extrait de belladone Extrait de ciguë . .

Chloroforme. . . .

ou bien :

% Vaseline pure . . .

Iodure de potassium Bromure de potassium Extrait d’opium . . .

S’il y a de la diarrhée, on fera prendre le bismuth (2 à 4 grammes dans un julep gommeux); on donnera des lavements amidonnés avec 2 à 5 gouttes de laudanum de Sydenham (enfants de o à 10 ans).

M. Rendu a obtenu des succès chez l’adulte en injectant du naphtol camphré dans la cavité péritonéale, après la ponction évacuatrice, et M. Spillmann a guéri un enfant de 13 ans par l’injection de 10 grammes dece composé irritant.

Par contre le Dr Netter, sur 3 cas traités ainsi, a compté 2 décès, dont 1 a manifestement été causé par l’injection intra-péritonéale de 5 centimètres cubes de naphtol camphré chez une fillette de 7 ans. Ce moyen parait donc dangereux.

Enfin il faut songera l’intervention chirurgicale, qui

30 grammes.

40 grammes.

PÉltITY PHLITE.

peut amener la guérison radicale dans quelques cas.

La laparotomie, dans la péritonite tuberculeuse, ne réussit que si la maladie est localisée au péritoine, s’il n’y a pas de foyer bacillaire dans d’autres organes. Bien faite, elle ne donne pas de décès opératoire; elle améliore le plus souvent et guérit quelquefois.

Sur 46 cas réunis par Aldibert, il y a eu 42 guérisons définitives ou temporaires et seulement 1 morts. Neuf des guérisons annoncées persistaient après I an, et deux après 2 ans.

Dans les formes ascitiques, l’incision sera médiane et sous-ombilicale : on évacue le liquide, on lave le péritoine à l’eau stérilisée ou boriquée à 38°; on fait la toilette du péritoine au sublimé à 1 p. 1000, et on ferme par trois plans de suture.

PÉRITYPHLITE

Très rare dans la, première enfance, assez commune chez les adolescents du sexe masculin (quatre fois plus de garçons que de tilles), la péri typhlite est l’inflammation de la région péri-cæcale. Cette inflammation a pour point de départ habituel une lésion de l’appendice vermiforme(ulcération, perforation, gangrène par corps étrangers, scybales, pépins et noyaux de fruits, etc.); d'où le nom (l'appendicite qui a été proposé.

Le début est soudain : douleur dans la fosse iliaque droite, rénitence et tuméfaction à ce niveau, constipation, vomissements, signes de péritonite. « Toutes les fois que, chez un enfant jouissant habituellement d’une bonne santé1, on constate les signes d’une péritonite aiguë, on doit penser il une perforation de l’appendice. »

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