‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 258 sur 363 · PEU LÈCHE · texte numérisé non relu

PEU LÈCHE

La perlêche, ou bridou , décrite par le Dr Justin Lemaistre, est une affection parasitaire (streptococcusplicatilis) de la seconde enfance caractérisée par un épaississement de l'épithélium qui recouvre les commissures labiales. Le seul diagnostic différentiel à faire est celui des plaques muqueuses commissurales. Dans les deux cas, il y a prolifération et gonflement de l’épithélium de revêtement; dans les deux cas, il y aune sensation de gêne qui porte les enfants à se pourlécher incessamment les lèvres ; dans les deux cas, la lésion est longue, sujette à récidive. Mais les plaques muqueuses des lèvres sont plus épaisses, plus humides, plus débordantes sur la peau du voisinage; quand l'enfant ouvre la bouche, on aperçoit des fissures assez profondes, à fond rougeâtre. La lésion syphilitique, en un mot, sans parler des commémoratifs et des accidents concomitants, est beaucoup plus profonde que la lésion de la perlêche.

TRAITEMENT

Le traitement est purement local ; il faut attaquer et détruire par les antiseptiques le foyer microbien caché dans les commissures. On y parvient aisément avec la teinture d iode, le nifratc d’argent, le sulfate de cuivre, l'acide lactique, etc. Je me sers habituellement de la teinture d’iode pure : on prend un petit écouvillon d'ouate hydrophile ou un pinceau de charpie taillé court, on l’imbibe de teinture d’iode, et on badigeonne les deux commissures, l’enfant ayant la bouche ouverte. On répète l’opération touslesdeux ou trois jours. La guérison ne se fait pas attendre. On peut aussi tou-

cher la perlêche avec un crayon de nitrate d’argent mitigé ou de sulfate de cuivre.

On proscrira, dans les écoles, l’usage commun des gobelets, cruches ou robinets de fontaine destinés à abreuver les enfants.

La maladie, en effet, est très contagieuse, et se propage, dans les agglomérations scolaires, par la communauté des ustensiles. D'après Lemaistre, le microbe de la perlêche se retrouverait dans l’eau de certaines sources et de certains puits; il sera indiqué de nettoyer, purifier ou abandonner ces sources quand elles seront contaminées.

PHARYNGITE CATARRHALE

L’inflammation subaiguë et chronique de la’muqueuse pharyngée n’est pas rare chez les enfants lymphatiques ; elle accompagne souvent l’hypertrophie amygdalienne, les granulations, les végétations adénoïdes. Elle entraîne une sécrétion muco-purulente qui tombe sur la paroi postérieure du pharynx et menace l’entrée du larynx, d’où la toux réflexe habituelle.

Ce catarrhe de la gorge est hé souvent à un coryza postérieur, et mérite le nom de catarrhe naso-pharyngien.

TRAITEMENT

Outre le traitement général par l’huile de foie de morue, le sirop iodo-tannique, les cures minérales sulfureuses ou arsenicales, on fera des pulvérisations quotidiennes avec l’eau d’Enghien ou de Challes, et on

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