PHOSPHATE DE CHAUX
Le phosphate de chaux, qui concourt, dans une large mesure, à former la charpente des os, est souvent employé chez les enfants ; son usage est indiqué dans le rachitisme, la scrofule, l’anémie, les maladies décroissance, les caries osseuses, la phtisie, etc.
Le nombre des préparations conseillées est très considérable ; la forme la plus simple, mais la plus défectueuse, est la pondre d'os, qu’on peut donner par pincées dans un peu de lait sucré, ou aArec des confitures (en tartine) ; la forme la plus parfaite, la plus assimilable, est le lait phosphaté.
On arrive aujourd’hui, à l’aide d'une fumure spéciale des terres et d'une nourriture particulière donnée aux vaches, à obtenir unlait naturellement phosphaté, pouvant contenir par litre de 6 à 7 grammes de phosphate de chaux et même plus.
Le lait phosphaté corndent à tous les enfants, et particulièrement aux plus délicats et aux plus jeunes, qui n’assimileraient pas facilement les préparations pharmaceutiques.
11 est bon de faire remarquer que certaines légumes, (haricots, lentilles, fèves, pois) contiennent une grande proportion de phosphate de chaux ; de même le pain de Graham (avec le son). Les huilres sont très riches en phosphore, comme en fer et en iode.
Les solutions, sirops, gelées de phosphate de chaux se prescrivent à la dose de une à quatre cuillerées à calé par jour.
% Biphosphate fie chaux 20 grammes.
Alcoolature do citron .'i
Une cuillerée à soupe dans du lait sucré.
% Phosphate de chaux 17 grammes.
Acide chlorhydrique, le moins possible, environ 10 —
Eau distillée q. s. pour un litre.
11 existe une solution gazeuse de biphosphate de chaux, limpide, de conservation indéfinie, contenant 1 gramme de phosphate de chaux par cuillerée à soupe. On mêle avec le lait, le vin, un sirop, pour masquer l’acidité.
% Hypophosphite de chaux 5 grammes.
Sirop de fleurs d’oranger 50 —
Sirop de sucre 445 —
Chaque cuillerée contient "20 centigrammes du médicament.
Les solutions et sirops du Codex contiennent 25 centigrammes de phosphate bicalcique par cuillerée à soupe :
% Phosphate de chaux 12 gr. 50.
Acide chlorhydrique, environ. ... 8 grammes.
Sucre blanc 630 —
Essence de néroly q. s.
(Sirop de chlorhydro-phosphate de chaux.)
% Phosphate de chaux 12 gr. 50.
Acide lactique 14 grammes.
Eau distillée 440 —
Sucre blanc 650 —
Essence de néroly q. s.
(Sirop de lacto-phosphate de chaux.)
On peut encore formuler :
% Lacto ou chlorhydro-phosphate de
chaux 20 grammes.
Sirop de limons 500 —
Une à deux cuillerées par jour.
On trouve encore en pharmacie un phosphate de
PHTIIIKIASE. i
chaux gélatineux, des bonbons fondants au phosphate de chaux, etc.
Toutes ces préparations peuvent être utilisées; elles conviennent surtout aux enfants trop jeunes pour digérer l’huile de foie de morue, et à ceux qui, bien que plus âgés, n’assimilent pas l'huile de foie de morue, qui détermine chez eux de la diarrhée et des vomissements.
PHTHIftIASE
La phthiriase est l’ensemble des troubles et lésions morbides produits par les poux ; le pou du pubis (phthirius inguïnalis ) est très rare chez l’enfant ; il peut cependant se communiquer d’une nourrice à son nourrisson, et se fixer aux cheveux, aux cils, causant une variété de blépharite. Le pou des vêtements appartient surtout à l’àge mûr.
Le véritable pou des enfants est le pou de têt e(pediculus capitis ), qui pullule chez tous les enfants pauvres, mal peignés, mal tenus. C’est un insecte aptère, de 1 à 2 millimètres de long, muni d’un rostre et de mandibules. Il dépose ses œufs ou lentes à la base des cheveux, auxquels ils adhèrent intimement; les cheveux s’allongeant peuvent recevoir successivement tout un chapelet de lentes.
Les désordres provoqués parles poux sonl : dès démangeaisons vives, du prurigo delà tête et de la nuque, des eczémas impétigineux, l’impétigo contagiosa (la piqûre du pou sert de porte d’entrée), la lymphangite, l’adénite cervicale, l’adéno-phlogmon, l’abcès du cuir chevelu, l’ecthyma, les furoncles, anthrax, etc.
TRAITEMENT
S’il s’agit d'un petit garçon ou d’une petite fille, on commencera par couper ras les cheveux, fai sa ni ainsi
disparaître les poux et les lentes, et on pansera les croûtes ou éruptions qui pourraient exister avec :
Acide borique 3 —
Oxyde de zinc 3
S’il s’agit d’une fille déjà grande, et si, pour une raison quelconque, on ne veut pas sacrifier la chevelure, on fera des savonnages avec du savon noir, des lotions avec l’alcool camphré, le sublimé à 1 p. 500, le vinaigre chaud. On se sert à Copenhague de la solution suivante :
% Vinaigre 300 grammes.
Sublimé 1 —
On détache les lentes en peignant avec le peigne fin les cheveux humectés de vinaigre chaud. On peut encore faire des lotions avec :
% Teinture de pyrèthre 30 grammes.
— de romarin. . . i ~ ...
, . . J aa. . . lo —
— de quinquina . . j
Alcool 40 —
(Descroizilles.)
ou bien avec :
% Baume du Pérou
Éther
Alcool
aa. . . 10 grammes.
Kaposi verse sur les cheveux, frictionne et laisse sur la tête enveloppée de llanelle :
% Pétrole 100 grammes.
Huile d’olive 50 —
Baume du Pérou 20 centigrammes
Le lendemain, on lave au savon et on démêle les cheveux.
P I T V lt I A S I S CAPITIS.
Les frictions avec l’onguent napolitain tuent infailliblement les poux, mais elles seraient dangereuses dans les cas de lésions cutanées, qui ouvriraient une porte trop large à l’absorption. Vidai procédait ainsi : 1 0I' jour, friction avec l’onguent napolitain; 2e jour, savonnage; 3° et 4 6 jours, onctions avec :
% Huile de cadc 50 grammes.
Glycérole d’amidon 45 — •
Extrait fluide de Panama ou savon
noir 5 — -
Essence de girofle q. s.
.J. Capuron recommandait beaucoup les pommades mercurielles et la poudre de staphvsaigre.
Underwood conseille la décoction de persil :
% Feuilles ou graines de persil .... 100 grammes.
Vinaigre 100
On lave la tête et on peut également peigner les enfants avec un peigne trempé dans celte décoction. On peut aussi répandre dans les cheveux la graine de persil réduite en poudre.
Quant à la phthiriase des paupières, on la traitera avec la pommade suivante :
% Précipité jaune 0 gr. 20.
Vaseline 10 grammes.
Enduire matin et soir le bord libre des paupières avec gros comme un pois de cette pommade.