I >LEU R É S 1 E PU RU LENTE
La pleurésie purulente, très commune dans l’enfance, peut succéder à une pleurésie séro-fibrineuse ponctionnée ou non, ou survenir d’emblée. Elle peut être latente et apyrétique: elle est alors souvent tuberculeuse, quoique l’examen bactériologique du liquide ne soit pas toujours positif.
Elle est souvent consécutive à la pneumonie et contient le pneumocoque, ou à la broncbo-pneumonie (streptocoque). L’examen du liquide au microscope, les cultures, les inoculations aux animaux, peuvent rendre des services au médecin, en lui révélant la nature de l’empyème. Les signes physiques sont les mêmes que dans la pleurésie séreuse, mais il y a parfois œdème de la paroi thoracique, empyème de nécessité, voire même pulsations (pleurésies gauches).
Les symptômes généraux sont très accusés : lièvre hectique, sueurs, amaigrissement, anorexie, diarrhée. La ponction exploratrice, qui devra toujours être faite, servira à la fois au diagnostic, à l’examen microscopique, au traitement.
TRAITEMENT
Le traitement est surtout chirurgical; il ne faut pas s’attarder aux médications usitées dans la pleurésie séreuse : on se contentera de nourrir le malade, de le soutenir avec le lait, les purées de viande, les vins généreux, le quinquina.
La présence du pus ayant été constatée, on fera avec l’appareil Polain, une ponction évacuatrice; si le pus renferme des pneumocoques, on pourra espérer la guérison après une ou plusieurs ponctions successives.
r I. E L' R ESI E P U H U \. EXT E.
Mais il ne faut pas s’acharner dans cette voie trop souvent insuffisante.
Le traitement de choix est la pleurotomie, faite au bistouri, dans la ligne axillaire ou un peu en arrière, au niveau du cinquième ou sixième espace intercostal. On se guidera d’ailleurs sur la ponction exploratrice. La résection costale est inutile. On donnera le chloroforme. Après évacuation du liquide, on introduira un drain ou deux drains accouplés maintenus par une large épingle de nourrice. On panse à Liodoforme et à la gaze iodoformée, et on applique par-dessus de larges couches d’ouate hydrophile maintenues par une bande. On change le pansement quand il est souillé.
On peut s'abstenir de tout lavage ou faire un lavage unique post-opératoire avec le sublimé à 1 p.3 ou 3000, suivi d’eau salée; avec l’eau boriquée à 3 p. 100, le chloral à 1 p. 100. S’il y a de la fièvre, de la putridité, on pratique un ou plusieurs lavages.
Quand les choses marchent bien, la suppuration se tarit en deux ou trois semaines, et la guérison est obtenue. Parfois il reste une fistule.
Quoique la pleurésie purulente guérisse plus souvent par les ponctions simples chez l’enfant que chez l’adulte, il faut toujours se tenir prêt à faire l’opération de l'empyéme et user en pareil cas des règles antiseptiques les plus sévères.
Dans les pleurésies purulentes cloisonnées, enkystées, la pleurotomie esL ou inutile ou très difficile, et on peut avoir recours it l’injection de liqueur de Van Swicten ou de chlorure de zinc a 1 p. 50.
M. Moussons a guéri un empyème gangréneux par trois injections de 30 et 35 grammes de liqueur de Van Swicten.
MALADIES DES EN FANTS
PLEURÉSIE SÉRO-FIBRINEUSE
La pleurésie fibrineuse est fréquente chez les enfants de tout âge; elle se rencontre môme chez les nouveaunés (Vilcoq). Elle relève tantôt du froid, tantôt du rhumatisme, tantôt de la pneumonie, tantôt de la tuberculose. Elle peut être sèche, et se traduit alors par des frottements, ou humide, et voici les signes qui permettent de la distinguer : point de côté au début, siégeant parfois très bas, dans le flanc, le bas-ventre; matité à la percussion, absence des vibrations vocales, souffle, égophonie, pectoriloquie aphone. Quand l'épanchement est abondant, le souffle et l’égophonie disparaissent et le silence est complet; les viscères sont déplacés, le foie et la rate en bas, le cœur à droite si l’épanchement siège à gauche. Un kyste hydatique du poumon ou du foie, une pneumonie massive, une spléno-pneumonie peuvent simuler la pleurésie ; la ponction exploratrice résoudra le problème. On soupçonnera l’origine tuberculeuse à l’insidiosité du début, à la chronicité, à l'amaigrissement, aux antécédents du sujet, et enfin aux signes de congestion du sommet (sonorité et vibrations augmentées, respiration diminuée. — Grancher).
TRAITEMENT
Au début, s’il y a un violent point de côté, on appliquera trois ou quatre ventouses scarifiées. Si, pour une raison ou pour une autre, on ne le fait pas, on mettra des ventouses sèches ou un cataplasme sinapisé. Le vésicatoire agit bien aussi contre la douleur, mais on aura soin de le prescrire pelit, et d’en restreindre la durée d’application à deux ou trois heures. Plus tard,
P L E U H É S I E SÉH0-F1BIUNEUSE.
le vésicatoire peut encore rendre des services, mais on n’en abusera pas, à cause de l’affaiblissement qu’il entraîne et de l'incertitude de ses effets. On lui préférera les badigeonnages inoffensifs de teinture d’iode.
En même temps l’enfant sera mis à la diète lactée, et on cherchera à provoquer la diurèse à l’aide des remèdes suivants :
% Infusion d'hysope 100 grammes.
Sirop de cerises 30 —
Acétate de potasse I —
Par cuillerées d'heure en heure.
% Eau distillée 100 grammes.
— de fleurs d'oranger 10
Sirop des cinq racines 30 —
Oxymel scillitique 15 —
Teinture de digitale V à X gouttes.
Par cuillerées d'heure en heure.
% Décoction de chiendent 100 grammes.
Sirop d’asperges 40 —
Oxymel scillitique 40 —
Nitrate de potasse 0 gr. 30.
A prendre dans la journée pour un enfant de 8 à 12 ans.
(Guersant.)
On pourra également avoir recours à la caféine :
% Caféine 0 gr. 50.
Benzoate de soude I gramme.
Sirop de stigmates do maïs 30
Eau de menthe 00 —
Par cuillerées à soupe de deux en deux heures.
On favorisera l’action diurétique par les tisanes de chiendent ou de queues de cerises additionnées de 1 ou i grammes de nitrate de potasse.
On a conseillé aussi l’infusion de café vert.
Enfin on donnera des purgatifs : le calomel à la dose de c2o ào0 centigrammes, l’huile de ricin (la grammes), la scammonée (50 centigrammes).
M. Ollivier cherche à provoquer la sudation en enveloppant d’ouate tout le thorax ; deux fois par jour, pendant deux heures, la couche d’ouate est revêtue de taffetas gommé, puis elle est enlevée baignée de sueurs; on la remplace par l’ouate chaude, on fait des frictions.
Si le rhumatisme est en cause, on prescrira le salicylate de soude :
% Salicylate de soude 3 grammes.
Sirop de framboises 30
Eau distillée 60
Une cuillerée à soupe toutes les deux heures au-dessus de 3 ans.
S'il y a persistance de la fièvre, on donnera la quinine (30 à 50 centigrammes), l’antipyrine (1 à 2 grammes).
Si, malgré l’emploi de ces remèdes, l’épanchement augmente, on aura recours à la ponction avec l'appareil Potain. On choisira, sauf urgence, le moment où la fièvre tombe pour intervenir; on enlève le liquide lentement et sans vider complètement la plèvre. Pour éviter l’infection de la plèvre et la purulence, on lavera au sublimé (t p. 1 000) la peau avant la ponction; on se servira d’instruments propres, stérilisés par la chaleur ou par l’acide phénique à 1 p. 20 ; les mains seront lavées au sublimé ; en un mot on opérera aseptiquement.
S’il s’agit d’une pleurésie enkystée, on peut, après évacuation, injecter 5 à 10 grammes de liqueur de Van Swieten ou de chlorure de zinc à 1 p. 20.
HYGIÈNE THÉRAPEUTIQUE
L’enfant sera maintenu au lit, dans une chambre modérément chauffée (16 à 18°), souvent aérée, exposée au midi si cela est possible.
P N El M O ME.
Le régime alimentaire le plus convenable est le régime lacté.
Pour achever la guérison et prévenir les récidives, on fera porter aux enfants des vêtements de laine, on les conduira à la campagne, on les préservera contre le froid et l’humidité. Le séjour sur les plages du Nord sera interdit; au contraire, pendant l'hiver, on conseillera les plages du Midi et les pays à température douce et égale. La nourriture sera abondante et riche ; on traitera l’enfant comme s'il était menacé de tuberculose ; on lui donnera l’huile de foie de morue, l’arsenic., le sirop iodo-tannique.