PURPURA
Le purpura peut reconnaître des origines diverses : il y a un purpura cachectique, un purpura rhumatismal, un purpura nerveux, un purpura infectieux. Le purpura hémorrhagique, ou maladie de Werlhof,
appartient surtout à la seconde enfance ; il est constitué à la fois par des pétéchies et par des hémorrhagies muqueuses (épistaxis, hématuries, etc.). Dans certains cas de purpura très grave, Mari in de Gimard a rencontré des microbes peut-être pathogènes. Le purpura ecchymolique de G. Somma, le purpura fulminant de Hénoch, sont aussi des purpuras infectieux. Dans un cas de purpura fœtal (mère atteinte de méningite streptococcique), Hanoi et Luzet ont trouvé le streptocoque.
La maladie de Werlhof, avec ses pétéchies, ses hémorrhagies, sa marche en quelque sorte cyclique, est d’un diagnostic facile; les autres formes de purpura ne sont pas toujours aussi faciles à distinguer et à classer. La question est à l’étude.
TRAITEMENT
Le traitement local du purpura est indiqué surtout dans les formes cachectiques, rhumatismales, œdémateuses. On recommande le repos au lit, et on fait enrouler autour des jambes malades des compresses imbibées du liquide suivant :
% Eau distillée iüOO grammes.
Chlorhydrate d’ammoniaque .... 50 —
Mouiller les compresses deux fois par jour et envelopper avec taffetas gommé.
Le traitement général est réservé aux formes infectieuses et à la maladie de Werlhof. On prescrit le repos, la diète lactée, les boissons acidulées, limonade sulfurique, tartrique ou citrique, la glace dans les cas d’hémorrhagies, le perchlorure de fer, l’ergotine :
aa.
10 grammes.
% Perchlorure de 1er. . . .
Teinture de noix vomique.
V gouttes matin et soir dans un peu d’eau sucrée.
% Ergotine 0 gr. '50 à 1 gr.
Sirop de ratanhia 00 grammes.
Eau de menthe 80 —
A prendre dans la journée par cuillerées.
Dans les formes hyperthermiques, on insistera sur la quinine à doses fortes :
% Chlorhydrate de quinine 0 gr. 30 à 50.
Beurre de cacao 3 grammes.
Pour un suppositoire, un matin et soir.
On donnera une potion de Todd avec 2 grammes d’extrait de quinquina.
On fera des frictions cutanées avec l’essence de térébenthine, l’eau-de-vie camphrée, le vin aromatique.
Dans les formes chroniques et à répétition, on donnera les bains sulfureux ou salés, et on pourra envoyer les enfants à Luxeuil ou à Salies-de-Béarn.
L’isolement des enfants atteints de purpura infectieux doit être conseillé, car il est possible, sinon certain, que la maladie soit contagieuse.
PYÉLITE et PYÉLO NÉPHRITE
La py élite et la pyélo-néphrite sont rares chez les enfants, car l’infection ascendante (uréthrite et cystite) qui leur donne habituellement naissance est exceptionnelle dans le jeune âge. Mais la pyélite peut reconnaître une origine locale, la périnéphrite, la lithiase rénale, une tumeur du rein ; une maladie générale, la grippe, la malaria, etc. Elle peut être d’origine toxique (vésicatoire). Quoi qu'il en soit, la pyélite, avec pus dans les urines, a été observée, même chez les nourrissons (enfants de quatorze mois, neuf mois, huit mois, vus par Emmet Doit: Médecine infantile, 15 mai 1895, page 298).
PYÉL1TE ET P YÉLO-NÉPHR ITE.
Dans ces trois cas, la guérison est survenue après plusieurs semaines de mictions troubles et purulentes. On reconnaîtra la pyélite aiguë à la qualité des urines, qui sont acides, troubles, et laissent déposer des globules de pus au fond du verre dans lequel on les a recueillies, à la fièvre, etc. Les urines peuvent contenir de l’albumine ; mais les sédiments, examinés au microscope, laissant voir des cellules épithéliales, sans cylindres rénaux, diffèrent des sédiments delanéphrite. Les cylindres n'apparaissent que quand la pyébte est compliquée de néphrite. La cystite se distingue par les douleurs à la miction, par l’écoulement de pus ou de sang à la fin de la miction.
TRAITEMENT
Le régime lacté sera prescrit dans tous les cas, et on poussera les bébés à boire le plus possible ; on pourra couper le lait avec une tisane diurétique, avec l’eau de Contrexéville.
Contre la fièvre, on donnera des suppositoires au chlorhydrate de quinine (15 à 30 centigrammes suivant l’âge). Si ces suppositoires ne sont pas gardés, on fera des injections sous-cutanées. On insistera sur ce traitement quand on soupçonnera le paludisme. Si les urines sont très acides, ce qui est habituel, on donnera des alcalins à petite dose (bicarbonate de soude ou de chaux, eau de Vichy ou de Pougues).
Emmet llolt a prescrit avec succès le citrate de potasse 10 à 20 centigrammes toutes les deux heures).
Bains tièdes à 31° matin et soir, pendant vingt ou trente minutes. Ce traitement suffit pour la guérison des pyél i tes aiguës ; quant à la pyélo-néphrite chronique d’origine calculeuse ou tuberculeuse, elle est d’une curation plus difficile.
QUINQUINA et QUININE