‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 290 sur 363 · KO G GEO LE · texte numérisé non relu

KO G GEO LE

ROUGEOLE

La rougeole est la plus répandue et la plus contagieuse des fièvres éruptives; le germe, encore inconnu, de la maladie n’est pas très volatil ni très persistant, ne vit que très peu de temps en dehors de l’organisme, ne se propage par l’atmosphère qu’à faible distance, mais ne rencontre que peu d’enfants réfractaires à son action.

La rougeole est contagieuse avant l’éruption, elle Lest encore pendant l'éruption, elle cesse de l'être à la période de desquamation.

L’éruption apparaît du 13e au 15° jour après la contamination. L’invasion, caractérisée parla fièvre, la toux, le catarrhe oculo-nasal, dure 3 jours au moins, 5 jours au plus. L’éruption, apparente d’abord à la face, se présente sous forme de petites taches rouges, déchiquetées sur leurs bords, isolées ou réunies en groupes, en corymbes, ou disséminées sans ordre. Elles sont parfois un peu saillantes, mais elles laissent entre elles des intervalles de peau saine.

Dès le premier jour ou la veille del’éruption, on constate sur le voile palatin un piqueté rouge, un énanthème qui permet parfois de faire le diagnostic avant l’apparition de l’exanthème. Au bout de fou 5 jours, l’éruption s’éteint et la desquamation commence; elle se fait en écailles fines, en poussières furfuracées.

La rougeole ouvre la porte à de nombreuses complications : bronchite capillaire, broncho-pneumonie, adénopaihie bronchique, tuberculose pulmonaire, gangrène de la bouche, du poumon, de la vulve, otites, ophthalmies, etc.

MALADIES DES EJiFANTS.

On distingue la rougeole de la scarlatine à la durée plus grande de l’invasion, au catarrhe oculo-nasal, à la forme de l’éruption.

La rubéole est dénuée de catarrhe; elle est souvent apyrétique, son invasion est plus courte, son éruption polymorphe.

Les formes boutonneuses de la rougeole pourraient faire penser à la variole, mais dès le lendemain l’hésitation cesse.

Ce qui est difficile, et souvent impossible, c’est de reconnaître, d’affirmer la rougeole avant l’éruption, pendant ces 3 ou 4 jours de catarrhe oculo-nasal, qui sont les plus contagieux. Voilà pourquoi la prophylaxie est si souvent désarmée. Dans le doute, on considérera tout enfant présentant ces symptômes comme suspect, et on l'isolera immédiatement.

Dans les cas réguliers et bénins, le traitement doit être peu actif; l’enfant sera maintenu au lit pendant la période fébrile, dans une chambre chaude, mais bien aérée. On n’essaiera pas de provoquer des sueurs profuses en surchargeant l’enfant de couvertures.

On ne donnera que des aliments liquides, lait, tisanes sucrées; le tout tiède ou à la température de la pièce. Aussitôt que la fièvre tombe, on augmente l’alimentation, et on fait le nécessaire pour prévenir l’adynamie.

S’il y a une toux violente, de l’oppression, un catarrhe bronchique très accusé, on fera bien de donner un vomitif (50 centigrammes à un gramme d’ipéca). On appliquera des ventouses sèches sur la poitrine ou un cataplasme sinapisé.

ROUGEOLE

En même temps on prescrira la potion suivante :

% Extrait de jusquiamc 0 gr. OS.

Extrait de belladone 0 gr. 01.

Sirop de tolu 30 grammes.

Eau 70 —

Une cuillerée à café d’heure en heure.

S’il y a congestion pulmonaire ou broncho-pneumonie. on donnera l’alcool à dose assez forte :

Julcp gommeux 80 grammes.

Cognac 30 —

Une cuillerée à café d’heure en heure pour un enlant de 3 ans et au-dessus. Au-dessous de 2 ans, on réduira la quantité de cognac à 10 ou 13 grammes par jour.

En même temps on fera des inhalations d’oxygène.

Si l’éruption sort mal et si l’on veut la favoriser, on prescrira des tisanes chaudes (bourrache) :

% Infusion, de bourrache 950 grammes.

Sirop de fleurs d'oranger .30 —

Ammoniaque X gouttes.

et une des potions suivantes :

% Julcp gommeux 100 grammes.

Alcoolat de cannelle 4 —

Acétate d'ammoniaque 2 —

Une cuillerée à café d'heure en heure.

% Acétate d'ammoniaque 4 grammes.

Sirop de punch 50 —

Eau de tilleul 100 —

Une cuillerée à dessert de 2 en 2 heures.

Ihtns les formes hyperthermiques et ataxiques de la maladie, on donne la quinine (23 à 30 centigrammes) et les bains froids (20 à 23°), en surveillant de très près les effels de ce moyen puissant, mais d’un maniement délicat.

Dans les formes hyperthermiques de la rougeole, j ai obtenu des rémissions très accusées avec l’antipyrine (50 centigrammes à 1 gramme suivant l’âge, donnés en une fois).

J'ai formulé un sirop comprenant 50 cenligrammes d’antipyrine et 25 centigrammes de caféine par cuillerée à bouche.

% Antipyrine 5 grammes.

Caféine 2 gr. 50.

Extrait de réglisse 10 grammes.

Sirop q. s. pour 300 gr.

Dans ce sirop, l’antipyrine assure la solubilité de la caféine.

Si l’enfant continue à tousser après la disparition de la maladie, s’il a de la bronchite chronique ou de l’adénopathie bronchique, on fera le traitement de ces complications (voyez ces mots), et on enverra les enfants à Challes, au Mont-Dore ou à la Bourboule.

Les enfants bien portants qui n’ont pas encore eu la rougeole seront séparés de ceux qui en sont atteints. L’isolement, pour être efficace, devrait s’appliquer aux enfants suspects, soit qu’ils présentent déjà le catarrhe prémonitoire, soit qu’ils aient été seulement en contact avec un rougeoleux.

Un enfant atteint de rougeole cesse d’être dangereux pour l’entourage après la période d’éruption, et une quarantaine de 15 jours doit suffire. Quelques médecins ont voulu interdire l’école, non seulement aux enfants malades, mais à leurs frères ou sœurs. Un cas de rougeole s’étant déclaré dans une famille, il est certain (pie tous les enfants de celle famille, s’ils n’ont pas eu la maladie, doivent être écartés pendant toute la

ROUGEOLE

durée de l’incubation, c’est-à-dire II ou 15 jours à pari i r du contact avec l’enfant malade.

La désinfection des objets et des locaux contaminés est très facile, et ne doit pas être aussi complète ni aussi rigoureuse que pour le choléra, la scarlatine, la diphtérie.

L'agent pathogène de la rougeole n’a pas de vitalité, il meurt vite en dehors de l’organisme. Cependant, à l’hôpital, dans les pavillons d’isolement, dans les chambres réservées aux rougeoleux, si souvent visitées par la broncho-pneumonie, la désinfection devra être complète. De même en ville, s’il y a eu décès.

Le transport de la rougeole par des tiers, médecins, élèves, infirmiers, est douteux; cependant on agira comme s’il ne l’était pas, et on sera aussi propre que possible.

Chez tout enfant atteint de rougeole, il y a lieu d’instituer un traitement prophylactique des complications et des suites fâcheuses de la maladie : on lavera tous les jours, au moins une ou deux fois, les yeux, la bouche, la gorge, les narines, la vulve, avec une solution boriquée à 5 ou i p. 100, avec le même soin que dans la scarlatine voyez ce mot). Les pulvérisations répétées toutes les 2 ou trois heures peuvent remplacer les irrigations des cavités naso-bucco-pharyngées. Elles ont l’avantage, sur ces dernières, de pénétrer dans le larynx et les bronches. Les unes, d’ailleurs, n’excluent pas les autres. On les associera pour le grand bien des petits malades. En agissant ainsi, on prévient les ophthalmies, les otites, les gangrènes de la bouche et de la vulve, les broncho-pneumonies si meurtrières dans la rougeole.

RUBÉOLE

La rubéole ou roséole épidémique est une petite fièvre éruptive, distincte de la rougeole et de la Scarlatine, dont elle figure parfois exactement l’exanthème, par le polymorphisme de ses éléments, l’absence ou l’insuffisance des manifestations oculaires, nasales, pharyngées, la présence de chaînes ganglionnaires notables, la bénignité constante de son évolution.

L’invasion est courte et souvent inappréciable; la fièvre est peu accusée ou nulle, l’éruption ne dure pas: elle se termine par une desquamation furfuracée très inconstante. La rubéole ne confère pas l’immunité pour la rougeole, et vice versâ. La récidive est possible.

Faut-il distinguer de la rubéole les érythèmes saisonniers, les roséoles estivales ou printanières observées parfois? Cela est légitime et peut se faire en tenant compte de l’évolution deces exanthèmes, qui paraissent n’avoir rien de spécifique. La rubéole au contraire est très certainement contagieuse et se communique aisément d'un enfant à tous les membres de la famille ou aux personnes en rapport avec lui.

TRAITEMENT

C’est par l’hygiène surtout qu’il faut traiter la rubéole; aucun symptôme marquant n’appelle une intervention active.

On gardera l’enfant à la chambre, on le mettra à la diète relative (lait, bouillon), et, si la fièvre est forte, on lui fera prendre quelques dosesde quinine(25 à 50 centigrammes.

Le purgatif est indiqué dans la plupart des cas.

A la fin de la maladie, on donnera des bains tièdes

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