SC A I! LA T I .N E
savonneux avant de remettre le convalescent en circulation.
Pour éviter la propagation de la rubéole dans les écoles et pensions, on isolera les enfants atteints pendant une quinzaine de jours.
SCARLATINE
La scarlatine est une maladie infectieuse, contagieuse, épidémique, dont le microbe est encore indéterminé. Elle est transmissible à toutes ses périodes, et la durée de la période contagieuse dépasse souvent six à sept semaines. De toutes les fièvres éruptives, la scarlatine est celle dont l’incubation est la plus courte (2 à 3 jours). L’invasion est brutale et s’annonce par la fièvre (-10°), les frissons, les vomissements, la céphalée, le mal de fi<»'ge. Au bout de 21 à 36 heures, apparaît l’éruption, sous forme de surfaces rouges surmontées d’un fin granité.
Les ganglions du cou sont engorgés. L’éruption, qui peut être prurigineuse, est variable en étendue, en intensité, endurée; elle peut être insignifiante, presque nulle cas frustes). Mais la desquamation linguale et épidermique, en larges bandes, en lambeaux, en doigts de gant, vient attester qu’on avait bien affaire à une scarlatine.
Au bout de o ou 6 jours, la maladie entre en défervescence, puis la desquamation apparaît après la chute de la fièvre cl l’apaisemenl de tous les symptômes. Mais tout n’est pas fini, et c’est à ce moment qu’il faut redoubler de vigilance. A côté des formes régulières, il y a les formes anormales et compliquées : scarlatine
hémorrhagique, forme angineuse, scarlatine maligne, albuminurie, anasarque, arthrites, pleurésies et péricardites, otorrhée, bubons, etc.
Le diagnostic, facile quand la fièvre, l’éruption, l’angine s’observent simultanément, peut devenir difficile quand la scarlatine est fruste. Avant l’éruption, on ne peut se prononcer d’une façon ferme; cependant, l’intensité de la lièvre et du mal de gorge doit faire prévoir la scarlatine. L’éruption scarlatineuse diffère de l’éruption de la rougeole par sa couleur plus intense, par son granité, par sa continuité. Elle diffère moins des érythèmes scarlatiniformes saisonniers ou toxiques; mais ceux-là sont apyrétiques, sans angine.
L’angine scarlatineuse est souvent diphtéroïde et parfois diphtérique; au début, la diphtérie n’existe qu’en apparence, et l’examen bactériologique montre que le bacille de Lôffler est absent : il n'y a que du streptocoque. A la fin, le bacille de Loffler est souvent rencontré (Bourges).
TRAITEMENT
A la phase aiguë de la maladie, on cherchera à modérer la fièvre et, l’agitation de l’enfant à l’aide de la quinine, de l’antipyrine, du chloral :
% Chlorhydro-sulfate de quinine. ... 0 gr. 25.
Extrait de réglisse 5 grammes.
Julep gommeux 60 —
Prendre en deux ou trois doses.
% Antipyrine 0 gr. 25.
Sulfate de quinine 0 gr. 25.
Pour un cachet, à prendre matin et soir.
% Hydrate de chloral 0 gr. 50.
Teinture de musc X gouttes.
Sirop de menthe 30 grammes.
Eau distillée 30 —
A prendre par cuillerées à café d'heure en heure.
SCARLATINE
S'il y a hyperthermie, délire, carphologie, on plongera l’enfant dans les bains froids à 20°, qu’on répétera toutes les trois heures, si besoin est. A défaut de bains, on fera des lotions froides avec l’eau pure ou l’eau vinaigrée, on enveloppera les enfants dans un drap mouillé.
M. Vidal d’Hyères) donne l’acétate d’ammoniaque (1 gramme par année d’âge) dans un julep gommeux.
Si l'éruption se fait mal, et s’il paraît indiqué de la favoriser, on fait boire au malade des tisanes chaudes (bourrache), et on lui donne la potion suivante :
% Eau de fleurs de sureau 120 grammes.
Esprit de mindererus 3 —
Vin d’antimoine 2 —
Sirop de framboises 15 —
Par cuillerées de deux en deux heures.
(Archambault.)
Dans la scarlatine maligne, un médecin russe (M. Chakhovskoï préconise les préparations salicylées :
2? Salicylatc de soude 4 grammes.
Sirop d’écorces d’orange 30
Eau distillée 100 —
Une cuillerée à café d'heure en heure.
S’il y avait de l’albuminurie, ce médicament serait contre-indiq né.
Contre la scarlatine hémorrhagique, on donnera la quinine, l’acide gallique, l’ergotine :
21 Acide gallique I gramme.
Sirop de fleurs d’oranger 30 —
Eau distillée 80
Une cuillerée à café d’heure en heure.
S'il y a tendance au collapsus, si le pouls faiblit, on.
fait des injections d’éther, on donne la caféine, la digitale, on fait des inhalations d’oxygène.
% Teinture de digitale XV gouttes.
Oxymel scillitique 15 grammes.
Sirop simple 45
Eau de laitue 00 —
Une cuillerée à café de deux en deux heures.
(H. Roger.)
% Caféine 1 gramme.
Benzoate de soude 1 gr. 50.
Sirop de groseilles 30 grammes.
Eau distillée 80 —
Deux à trois cuillerées à soupe par jour.
S’il y a de l’anasarque, on donne des purgatifs (scammonée, jalap, 50 cen ligrarnmes), des bains de vapeur, des bains d’air chaud, la caféine.
S’il survient de l’hématurie, on insiste sur le régime lacté et l’antisepsie intestinale, les purgatifs :
% Benzo-naphtol 0 gr. 20.
Magnésie 0 gr. 25.
Sucre en poudre 1 gramme.
Pour un paquet, à prendre toutes les deux heures dans du lait.
Ce traitement est continué en cas d’albuminurie et de néphrite, et on ajoute :
% Julep gommeux 100 grammes.
Acide tannique 0 gr. 20.
Alcoolature d’aconit X gouttes.
Une cuillerée à dessert de deux en deux heures.
(Roger.)
Y. Massini conseille :
Tannin pur 0 gr. 15.
Sucre blanc 0 gr. 30.
Pour un paquet; deux à quatre par jour.
SCARLATINE
Demme prescrivait :
% Diurétine 1 gr. 50.
Sucre 2 gr. 50.
Cognac X gouttes.
Eau 100 grammes.
A prendre par cuillerées à café d’heure en heure (au-dessus de 3 ans).
Mais le traitement le plus efficace de l’albuminurie scarlatineuse est le repos au lit et le régime lacté.
S’il survient une attaque d’éclampsie, on fait inhaler du chloroforme quelques gouttes sur un mouchoir), on comprime les carotides, on donne un lavement de chloral :
% Hydrate de chloral 1 gramme.
Lait tiède 60
Contre l’angine scarlatineuse, on agil par les irrigalions boriquées (3 p. 100) ou salicylées (5 p. 1000), et on badigeonne trois ou quatre fois par jour avec :
% Glycérine 33 grammes.
Acide phonique 1
(Moussous.)
ou bien avec :
% Borate de soude 6 grammes.
Miel blanc 12
(Roger.)
On peut aussi faire des pulvérisations boriquées, phéniquées, eucalyptées. Par exemple, on charge un pulvérisateur avec la solution suivante :
% Teinture d’eucalyptus Acide borique . . .
Acide phénique. . .
Acide salicylique. .
Glycérine
Alcool à 00" ....
Eau
4 grammes.
q. s. pour un litre.
Faire, toutes les deux heures, une pulvérisation pharyngée pendant cinq minutes, le malade ayant la bouche ouverte.
H. Roger conseillait la potion suivante :
% Chlorate de potasse 1 gramme.
Sirop de mûres 30 —
Hydrolal de laitue 60 —
A prendre dans la journée.
Pour combattre le prurigo qui accompagne parfois la scarlatine, on fera, toutes les trois heures, des onctions avec la pommade suivante :
% Lanoline 50 grammes.
Vaseline 20 —
Eau distillée 25
Pour hâter et faciliter la desquamation, on donnera des bains tièdes répétés avec savonnage, et on frictionnera la peau avec :
% Vaseline 40 grammes.
Essence de menthe IV gouttes.
Acide tarlrique 1 gramme.
En Angleterre, on a l'habitude de faire fréquemment des frictions avec l'huile phéniquée ou l'huile ordinaire, avec l’axonge, le lard chauffé, qui empêche la dissémination des squames et des germes de la maladie.
HYGIÈNE THÉRAPEUTIQUE
L’enfant atteint de scarlatine doit garderie lit pendant toute la période fébrile et même au delà; il ne doit pas sortir de sa chambre avant six semaines, même quand il n’y aurait pas de complication. S’il y a albuminurie, le séjour au lit sera prolongé pendant plusieurs semaines. La chambre sera fréquemment aérée, mais non refroidie. Le régime lacté sera prescrit dans toute sa rigueur et pendant longtemps. C’est le meilleur moyen de prévenir et de guérir l’albuminurie (Jaccoud). On assurera la propreté de la peau par des
SCA li I, A Tl N E.
bains tièdes fréquemment répétés, s'il n’y a pas indication de donner des bains froids.
La première sortie de l’enfant n’aura pas lieu avant 40 ou 50 jours, quelle que soit la bénignité du cas. Elle sera différée encore si le temps est mauvais, et le convalescent sera chaudement couvert. La nourriture solide, la viande, le pain, les légumes, les liqueurs fermentées vin, bière), le régime habituel en un mol ne sera rendu à l’enfant qu’après sa premièrç sortie et la disparition de toute trace d’albumine dans les urines.
Hahnemann a prétendu que la belladone avait une vertu préservatrice; Balfour, Barthez ont démontré qu’il n'en était rien.
Les malades seront rigoureusement isolés pendant toute la durée de la maladie et ne seront rendus à la vie commune qu’après la disparition de toute squame épidermique; la quarantaine, dans aucun cas, ne sera levée avant le 40e jour. Les vêtements, linges, literie, seront désinfectés par l’étuve à vapeur. Les locaux seront purifiés au sublimé, à l’acide phénique, etc. Les tapis, rideaux, tentures, seront désinfectés avec soin. Ne pas oublier les objets servant aux repas, les crachoirs et vases de nuit, etc.
Le transport possible de la maladie par des tiers impose à l’entourage du malade, au médecin, aux élèves, une asepsie complète des mains, du visage, des vêtements lavages au sublimé à I p. 1000, blouses de revêtement, etc.).
La maladie a pu se transmettre par une lettre, par des livres de cabinet de lecture, par un foulard qui avait servi trois mois auparavant, par un babil resté dix-
huit mois dans une malle, par le lait (plusieurs épidémies en Angleterre).
Pour prévenir les complications angineuses et autres, les infections secondaires, on fera de fréquents lavages, irrigations, badigeonnages de la bouche, de la gorge, des fosses nasales, de la vulve, avec l’eau boriquée à 4 p. 100 ou l’eau phéniquée à 1 p. 100.
M. Grancher introduit dans les narines de petits tampons imprégnés de vaseline boriquée.
MM. Hutinel et Deschamps insistent surtout sur l’antisepsie de la gorge, porte d’entrée du streptocoque : lavages à l’eau boriquée (3 p. 100) de la bouche avec l irrigateur plusieurs fois par jour; badigeonnages avec un tampon de coton imbibé de glycérine boriquée trois ou quatre fois par jour ; instillation de quelques gouttes d’huile boriquée dans chaque narine. Le repos au lit, le régime lacté, l’antisepsie des cavités nasales et buccopharyngées, sont les meilleurs moyens de traiter une scarlatine et de prévenir les complications.