‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 306 sur 363 · SPINA VENTOSA · texte numérisé non relu

SPINA VENTOSA

Le spina ventosa est la tuberculose des os longs des extrémités (métacarpiens, métatarsiens, palanges). L'os atteint se boursoufle peu à peu, se ramollit, se vide partiellement par des abcès et des fistules. Cependant, au bout d'un temps très long, après suppuration et élimination de séquestres, la guérison s'obtient, non sans cicatrices, déformation, raccourcissement. La forme boursouflée du spina ventosa rend le diagnostic facile; les engelures, dans certains cas, la syphilis héréditaire, dans d'autres, pourraient donner le change.

TRAITEMENT

Au début, on fera la révulsion à l’aide de la teinture d'iode, des pointes de feu; on fera des pansements compressifs ou protecteurs avec l’emplâtre de Vigo. S'il y a suppuration, on incisera aseptiquement, et on pansera avec l’iodoforme. Parfois on pourra essayer la méthode sclérogène de M. Lannelongue (injections de chlorure de zinc à t p. 20). L'évidement, la résection, l'extraction des esquilles sont indiqués rarement. On peut obtenir la guérison, lente il est vrai, par les moyens médicaux, au premier rang desquels figurent

l’huile de foie de morue, les sirops iodés, les bains salés, les bains de mer.

STOMATITE APHTEUSE (Voyez Aphtes.) STOMATITE ÉRYTHÉMATEUSE

L’inflammation simple de la muqueuse buccale, sous l’influence de la dentition, de l’allaitement artificiel, de brûlures légères, se traduit par un gonflement avec rougeur de la muqueuse, salivation, et quelquefois par le dépôt sur les gencives d’exsudats épithéliaux plus ou moins abondants (stomatite pultacée). La stomatite érythémateuse et pultacée est souvent le prélude ou l’accompagnement de stomatites plus sérieuses, d’ulcérations, etc.

TRAITEMENT

On aura pour but surtout de veiller à l’asepsie de la bouche à l’aide de lavages au chlorate de potasse ; la salive étant souvent acide, on emploiera concurremment les alcalins :

% Chlorate de potasse 5 grammes.

Bicarbonate de soude 5 —

Eau bouillie 150 —

Faire matin et soir un lavage de la bouche avec un tampon d’ouate hydrophile trempe dans cette solution.

Si la maladie résiste, si la gencive se décolle autour du collet des dents, laissant suinter du sang, du mucopus, on touchera ces points avec un pinceau trempé dans le collutoire suivant :

% Teinture d'iode Glycérine. . .

1 0 grammes.

STOMATITE IMPÉTIGJIS'EUSE. 699

Si la bouche est douloureuse, on touchera légèrement avec :

% Chlorate de potasse en poudre. ... 10 grammes.

Sirop de mûres 39 —

Teinture d’opium 9 gr. !9.

On prescrira en môme temps une hygiène alimentaire convenable, le régime lacté (lait bouilli ou stérilisé).

STOMATITE HERPÉTIQUE

(Voyez Heiipès.)

Le traitement de la stomatite herpétique (herpès buccal avec inflammation de la muqueuse) ne d i Hère pas du traitement de la stomatite érythémateuse, de la stomatite impétigineuse, de la stomatite aphteuse et de toutes les variétés simples de stomatites. 11 est inutile d’insister.

STOMATITE IMPÉTIGINEUSE

L’impétigo contagiosa des enfants peut, de la face, gagner la muqueuse buccale, et donner lieu à une stomatite diphtéroïde, dans laquelle MM. Seveslre et Gastou ont trouvé le staphylocoque doré. Les ulcérations siègent a la face interne des lèvres, des joues, à la langue, aux gencives ; elles sont irrégulières de forme, blanc grisâtre d’aspect ; elles coïncident généralement avec des croûtes d’impétigo larvalis, avec la Lourniole, avec la conjonctivite phlycténulaire.

TRAITEMENT

On fera laver la bouche de l’enfant avec la solution

de chlorate de potasse à 5 p. 100, et on touchera les ulcérations avec le collutoire suivant :

% Borax . .

Miel blarm

10 grammes.

STOMATITE PULTACÉE

(Voyez Stomatite érythémateuse.)

STOMATITE ULCÉREUSE ET ULCÉHO-MEMBRANEUSE

Il y a plusieurs variétés de stomatite ulcéreuse :

1° La stomatite ulcéro -membraneuse de J. Bergeron, qui est parasitaire et conlagieuse, et se présente sous forme d'ulcérations multiples assez profondes sur les gencives et les joues, avec salivation, fétidité de l’haleine, adénopathie sous-maxillaire. Un exsudât nécrobiotique recouvre les ulcérations et leur donne un aspect diphtéroïde. Mais cet exsudât n’est pas adhérent, et s’il contient parfois des spirilles, il ne recèle jamais le microbe de Lœffler. 11 ne rappelle que de loin le noma (voyez ce mot), dont le siège est profond, dont le processus est nettement gangréneux. Les ulcérations de l’herpès, de l’impétigo, de la fièvre aphteuse, de la varicelle, ont beaucoup moins d’étendue et de profondeur, et ne s’accompagnent que rarement d’une adénopathie intense.

!2° Les ulcérations d’origine dentaire provoquées par l’éruption laborieuse des canines ou des molaires de la première ou de la seconde dentition. Toutes ces stomatites peuvent être confondues en thérapeutique ; elles sont justiciables des mêmes agents.

S T 0 M A T I TE ULCEREUSE.

TRAITEMENT

Le chlorate de potasse, in tus et extra, a été donné comme un véritable spécifique de la stomatite ulcéromembraneuse.

A l’intérieur, on ne dépassera pas la dose de 2 grammes par jour pour un enfant de o 10 ans, à cause de la toxicité probable du médicament :

% Chlorate de potasse 2 grammes.

Julep gommeux 100 —

Par cuillerées à bouche de deux en deux heures.

A la rigueur, l’action locale suffit; on fera des attouchements et des lavages fréquents. Pour lavages de la bouche, on prescrira :

% Chlorate de potasse ou borax. ... 5 grammes.

Mellitc de roses 30

Eau bouillie 200 —

Faire rincer la bouche de l'enfant o ou 6 fois par jour.

Pour badigeonnages ou attouchements des ulcérations au pinceau, on formulera ainsi :

% Chlorate de potasse 4 grammes.

Miel rosat 10

Glycérine 20 —

Toucher 3 ou 4 fois par jour les parties malades.

% Borax 10 grammes.

Bicarbonate de soude 5

Sirop de mûres 30 —

% Borate de soude Miel blanc. . .

10 grammes.

2 grammes.

(Baiuk.)

% Acide salicylique

Dans les cas rebelles, on emploiera la teinture d’iode pure on mitigée par la glycérine :

% Teinture d’iode 10 grammes.

Glycérine 20 —

Le permanganate de potasse a une action également très efficace :

% Eau distillée 150 grammes.

Permanganate de potasse 1 —

Toucher au pinceau trois fois par jour.

On prescrira en même temps les pastilles au chlorate de potasse, au nombre de trois ou quatre à sucer dans la journée. L’enfant sera mis a la diète lactée, et isolé s’il s’agit de stomatite ulcéro-membraneuse.

S’il y a une dent cariée, on procédera à son extraction.

Si l’adénopathie sous-maxillaire suppure, on incisera au bistouri.

STROPHULUS

Le strophulus, ou lichen aigu simple des petits enfants, se présente sous forme de petites papules arrondies ou acuminées, opalines, discrètes, prurigineuses au moins au début, souvent excoriées par les grattages. L’éruption occupe la face, les mains, les avant-bras et différents points du corps. Elle est surtout commune chez les nourrissons dont l’alimentation laisse à désirer. Le strophulus se distingue de l’urticaire par la petitesse et la dureté de ses éléments, par leur persistance plus grande. Le prurigo a des papules plus petites, plus souvent excoriées ; il affecte des enfants plus âgés et présente une durée plus longue; enfin il est beaucoup moins discret. Il y a

cependant des cas dans lesquels urticaire, strophulus, prurigo semblent se mêler, se confondre; ils coexistent ou se succèdent chez le même sujet. Toutes ces éruptions en effet relèvent d’une auto-intoxication gastrointestinale, et méritent le nom de toxidermies. Le strophulus, comme l’urticaire, peut se transformer et aboutir à cette affreuse et désespérante maladie qu’on appelle prurigo de lJébra.

TRAITEMENT

Pour calmer les démangeaisons du début, on peut poudrer avec le lycopode, l’amidon, le talc, ou avec le mélange suivant :

% Oxyde de zinc.

Sous-nitrate de bismuth.

Poudre d’amidon. . . .

Menthol

10 grammes.

Si les poudres ne réussissent pas, on fait des lotions avec :

% Menthol 5 grammes.

Eau-de-vie camphrée 100

ou des onctions avec :

% Vaseline .'50 grammes.

Acide tartrique I

W. Dubreuilh conseille des lotions le soir, au moment du coucher, avec :

% Vinaigre aromatique 300 grammes.

Acide phonique 5

On poudre ensuite avec talc additionné de I p. 100 d’acide salicylique.

On peut aussi faire une onction avec :

% Huile d'amandes douces 50 grammes.

Menthol 2 à 5 gr.

En môme temps on surveillera le régime alimentaire de l'enfant, réglant les tétées s’il est au sein, écartant les aliments indigestes et irritants s’il est sevré. Quand il y a de la diarrhée, on la combat par les remèdes appropriés; on donne un laxatif en cas de constipation.

Enfin on fait l'antisepsie intestinale :

% Benzo-naphtol 0 gr. 10.

Bicarbonate de soude 0 gr. 05.

Salicylate de bismuth 0 gr. 03.

Pour un paquet; cinq à six par jour dans un peu de lait sucré. (Enfants de 6 à 18 mois.)

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