‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 326 sur 363 · TO UT I COLIS · texte numérisé non relu

TO UT I COLIS

Le torticolis est une affection qui a généralement pour siège le muscle sterno-mastoïdien, et qui produit une contraction ou une rétraction de ce muscle. Il en résulte que la tête est inclinée du côté malade et la face tournée obliquement du côté sain. On a vu le torticolis en relation avec une gomme ou un hématome du muscle sterno-mastoïdien. Il peut aussi provenir d’un refroidissement.

On cherchera du côté de la colonne vertébrale et du pharynx (mal de Pott, abcès rétro-pharyngien), avant d’admettre un torticolis simple et curable.

Il existe un torticolis rhumatismal (arthrite cervicale) et un torticolis rachitique (Phocas).

TRAITEMENT

Souvent il suffit de quelques séances d’électrisation faradique pour triompher d’un torticolis. S’il y a une tumeur dans le muscle, on prescrira les frictions mercurielles et l’iodure de potassium. En cas d'insuccès et de persistance de la déformation, ou aura recours aux massages et aux frictions :

% Chloroforme.

Laudanum de Sydenham.

aa . . .

5 grammes.

Pour frictions matin et soir sur le muscle contracturé.

On fera de la révulsion avec la teinture d'iode, le vésicatoire.

Si le rhumatisme est soupçonné, on donnera le sali-

cylate de soude :

% Salicylatc de soude 4 grammes.

Cognac 10

Sirop simple 20

Eau distillée 100

Par cuillerées à soupe de deux en deux heures.

L’antipyrine (2 à 3 grammes par jour) sera également essayée. En dernier ressort, on fera la ténotomie (Dupnytren, Dieffenbach), et on fera porter au malade le collier dit Minerve. La résection et l’élongation du nerf spinal ont donné quelques succès.

TRACHÉITE

La trachéite, ou rhume simple, succède le plus souvent au coryza aigu, a frigorc. Elle résulte d’un refroidissement après un bain, ou une sortie par un temps froid, pluvieux, avec des vêlements insuffisants. Elle se traduit par une toux pénible, avec sensation de déchirure ou de brûlure derrière le sternum; il n’y a généralement pas de fièvre, l’appétit est conservé.

TRAITEMENT

Quand il s’agit d’unjeune enfant, il faut prescrire le séjour à la chambre, sinon au lit, les boissons chaudes (lait coupé d’infusion de violettes).

On ajoutera quelques badigeonnages de teinture d’iode sur la poitrine, et, pour abattre la toux, un vomitif (1/2 gramme d'ipéca).

Si la maladie ne cède pas, on fera prendre par cuillerées à café, d’heure en heure, la potion suivante ;

% Eau distillée de menthe 60 grammes.

Sirop de polygala 40 —

Eau de laurier-cerise 2 —

Alcoolature d'aconit X gouttes.

Teinture de belladone X —

Si l’inflammation se propage aux bronches, on traitera l’enfant comme dans la bronchite aiguë (voyez ce mot).

TRACHÉOTOMIE.

TRACHÉOTOMIE

La trachéotomie est une opération qui consiste à ouvrir la trachée, quand un obstacle situé en amont empêche l’entrée do l'air dans le poumon et menace l’enfant d’une asphyxie immédiate ou prochaine. C’est pour le croup, ou diphtérie du larynx, que la trachéotomie est faite le plus souvent; mais elle peut être rendue nécessaire par une autre affection (stridulisme , œdème de la glotte, corps étranger).

INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS

J’aurai simplement le croup en vue dans cette élude. La principale, on pourrait dire la seule indication de la trachéotomie, est Y asphyxie imminente, quand cette asphyxie, bien entendu, dépend du larynx, et non des bronches ou du poumon. On la reconnaît au sifflement inspiratoire, aux accès de suffocation, au tirage sussternal et épigastrique. Quand ce tirage est permanent, il faut opérer sans retard ou se tenir prêt à opérer, c’est-à-dire ne pas perdre l’enfant de vue.

Quand il n’y a que la raucilé de la toux et de la voix, l’opération n’est pas indiquée ; quand il y a des accès de suffocation, sans tirage abdominal, l’opération peut être différée, quoique certains médecins la préconisent. En ville, si l’enfant n’est pas veillé par un médecin, on peut opérer de bonne heure; à l’hôpital, si l’opérateur n’est pas loin, on attendra, car le croup peut guérir sans opération (voyez Croup) même à celte période, et certains cas curables sans trachéotomie peuvent devenir mortels par elle. 11 ne faut donc pas opérer trop tôt.

Quand le tirage est permanent, quand l'asphyxie s’accuse nettement, il n’y à plus à hésiter.

Gela ne veut pas dire qu’on doive attendre la cyanose, l’anesthésie cutanée; quoique l’opération puisse réussir à cette période ultime, on évitera de la faire aussi tardive, quand on le pourra. S’il n’est jamais trop tard pour opérer, il serait imprudent de remettre à la dernière heure une interventiou rendue depuis longtemps nécessaire.

Il faut d’ailleurs distinguer entre les cas : « Si le croup est infectieux, dit Barthez, il est convenable d’opérer à la seconde période; si le croup n’est pas évidemment infectieux, il est convenable d’essayer le traitement médical, et d’attendre, pour opérer, la fin de celte deuxième période. »

Les contre-indications de l’opération sont tirées : 1° de l’âge de l’enfant (moins de 6 mois); 2° de la gravité de l’empoisonnement(pâleur terreuse, adénopathies cervicales); 3° de la bronchite pseudo-membraneuse concomitante; 4° de la broncho-pneumonie ; 5° de la rougeole.

Ces conditions, qui aggravent singulièrement le pronostic, ne sont pas des contre-indications absolues.

D’ailleurs la sérumthérapie rend la trachéotomie plus rare et permet de temporiser, d’attendre avec moins d’anxiété et plus d’espoir que jadis. L’enfant atteint de croup ayant reçu une injection de sérum, on ne se hâtera pas d’opérer, on laissera au remède spécifique le temps d’agir.

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