‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 53 sur 363 · BROME ET BROMURES · texte numérisé non relu

BROME ET BROMURES

Le brome, découvert par Balard dans les résidus des salines de la mer en 1826, n’a guère été introduit en thérapeutique que 30 ans plus tard, sous forme de bromure de potassium. Legrand du Saule a bien montré l’action favorable exercée par ce médicament sur l’épilepsie. On a employé ensuite, soit séparément, soit avec le bromure de potassium, les bromures de sodium, d’ammonium, de camphre, de strontium , d’or, de nickel, de rubidium , etc.

JîIîOAlE ET HKOMURICS.

Comme anesthésique destiné à remplacer le chloroforme dans certains cas, à cause de la durée courte de l’insensibilité, on a proposé le bromure d'étliyle. Les spécialistes ont recours très fréquemment aux inhalations de ce liquide pour l'opération des végétations adénoïdes.

Le bromure d'éthylène se donne à l'intérieur, comme succédané du bromure de potassium.

Le bromo forme, employé depuis quelques années dans la coqueluche, est obtenu par l’action du brome sur le formène ou sur l'alcool mélhylique.

Le bromol, ou tribromophénol, a été préconisé pour l’usage externe (pansement des plaies, diphtérie), et pour l'usage interne (choléra infantile, fièvre typhoïde).

Le bromhijdrate de quinine représente une association très heureuse du brome et de la quinine.

Les bromures alcalins, et en particulier le bromure de potassium, le plus usité, ont pour action physiologique : de diminuer la sensibilité des muqueuses, d'affaiblir l'action musculaire, de décongestionner le cerveau, d'endormir, d’alourdir l’intelligence et 1 activité- cérébro-spinale, de ralentir le pouls, etc. ; à haute dose, le médicament peut causer de la gastralgie, de la lientérie, des épistaxis (il diminue la densité du sérum), de la paralysie, des éruptions acnéiques, de la fétidité de l’haleine, de la cachexie.

Ces effets s’observent surtout quand les doses sont fortes et prolongées outre mesure. Pour les éviter, on suspendra l’administration du médicament à intervalles périodiques et assez rapprochés (tous les quinze jours, tous les mois).

Retenons que le bromure de potassium est un médicament analgésique, antispasmodique et hypnotique.

INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS

C’est surtout dans les maladies du système nerveux que l’usage des bromures est indiqué, et plus particulièrement dans Y épilepsie essentielle ou symptomatique, dans Y éclampsie infantile, dans les hémiplégies spasmodiques, dans la période d’excitation des méningites, dans les contractures spasmodiques du tétanos, de la tétanie, dans le spasme de la glotte, dans la laryngite siriduleuse et généralement dans toutes les maladies qui s’accompagnent d’hyperexcitabilité nerveuse.

L’hystérie, avant toute maladie mentale, est rarement amendée par les bromures, en dehors des états de mal convulsifs qui peuvent la compliquer. Le bromure de potassium n’agit pas contre l’hystérie, mais il peut servir à calmer les paroxysmes exagérés de la névrose.

La chorée est très souvent atténuée, sinon guérie, par le bromure de potassium. Les manifestations douloureuses du côté de la tête, les céphalées de croissance, de surmenage, la migraine, Y insomnie , Yirritabilité cérébrale des enfants neuro-arthritiques, relèvent aussi de la médication bromurée.

L'irritation cardiaque, la tachycardie essentielle, les palpitations se trouvent également bien de cette médication.

On a donné les bromures, avec des succès divers, dans Y incontinence d'urine, l'éréthisme génital, Y onanisme, le diabète sucré, le diabète insipide, etc.

Les spasmes laryngés de la coqueluche sont très souvent traités, et parfois aA^ec succès, par de bonnes doses de bromure de potassium, ou par le bromoforme, plus récemment introduit dans la thérapeutique de cette maladie.

Le bromure de potassium est contre-indiqué par la

15R0ME ET IIRÜMUHES.

faiblesse, l'adynamie des sujets, quelle qu'en soi! la cause. Quand le cœur tend à s’affaiblir, quand l’enfant est somnolent et abattu, ce n’est pas au bromure qu'il faut s’adresser, mais à l’alcool, au café, aux excitants.

Les bromures sont également contre-indiqués dans les maladies delà peau (eczéma, lichen, psoriasis), dans les dyspepsies et entérites, etc.

MODE D’ADMINISTRATION ET DOSES

Le bromure de potassium doit être prescrit à doses fortes, dans les cas de convulsions, d’attaques épileptiformes, de céphalalgies rebelles.

Au-dessous d’un an, J. Simon donne 20 centigrammes en 2 doses, au moment de la tétée; après 1 an, 10 centigrammes ; à partir de 2 ans, 1,2, 3 grammes jusqu’à effet; il a pu ainsi donner jusqu’à 10 grammes en vingt-quatre heures chez un enfant de 12 ans. Il no faut pas avoir peur des doses massives quand elles sont indiquées, mais il ne faut pas les continuer longtemps, et les faire prendre au moment des repas, ou très diluées pour éviter l’irritation gastrique.

Chez un coquolucheux de l ans, qui avait des convulsions répétées, j’ai pu les arrêter avec une dose quotidienne de 1 grammes de bromure de potassium. Le 1er jour, il avait eu 17 convulsions; le 2° jour, il tombe à 1 0 et le 3° jour à 2.

En [tareil cas, il ne faut pas craindre les hautes doses, et les augmenter graduellement jusqu’à sédation.

On prescrira par exemple :

% Bromure do potassium 10 grammes.

Sirop de fleurs d’oranger .’iO

Eau distillée . ... ' ISO

Une cuillerée à soupe de 3 en .’3 heures jusqu’à effet, c’est-à-dire jusqu’à cessation du spasme.

On peut encore, dans la coqueluche, donner le bromure de potassium en inhalations, en pulvérisations ; on fera, toutes les 2 ou 3 heures, une pulvérisation dans la gorge avec :

% Eau distillée 100 grammes.

Bromure de potassium ou de sodium. 5 —

On a souvent associé le bromure de potassium à d’autres bromures, par exemple :

% Bromure de potassium. . \

— de sodium. . . j ââ . . . o grammes.

— d’ammonium. . J

Sirop d’écorces d’oranges 100 —

Eau distillée 200 —

Par cuillerées à café, à dessert ou à soupe (suivant l’àgc) toutes les

2 ou 3 heures, en cas de crises éclamptiques, épileptiques,

tétaniques, etc.

Le bromure de strontium a été donné, comme le bromure de potassium, aux mêmes doses et dans les mêmes cas que ce dernier.

Le bromure d'or se prescrit à doses beaucoup moindres (3 à 6 milligrammes par jour, en granules). Il agirait, d’après Goubert, contre l’épilepsie et la migraine. Il est peu usité.

Le bromure d'éthylène , essayé par Donath (de Budapest) dans l’épilepsie, se donne en émulsion huileuse à 5 p. 100 ;i la dose de X à XX gouttes deux fois par jour.

Le bromure de nickel, peu recommandable, a été donné à la dose de 30 à 40 centigrammes par jour.

Le bromure de camphre, prescrit dans la chorée, l’épilepsie, l’incontinence d’urine, l’excitation génitale, se donne d la dose de 10 centigrammes répétée 3 ou 4 fois par jour (seconde enfance et adolescence).

Le bromo forme se donne à petites doses dans la coqueluche et les toux spasmodiques :

li R 0 M E E T Jî I! 0 M U R E S .

-y, Bromoforme XV gouttes.

Alcool à 90° 5 grammes.

Sirop de tolu 120 —

Une cuillerée à café toutes les deux heures.

Contre l'insomnie, on s’est bien trouvé de l’association du bromure de potassium avec le chloral; cette association forme la base d’une préparation célèbre en Amérique, le bromidia :

21 Bromure de potassium. . ) ~

Chloral ( ;lrt

Extrait de cannabis indica j

... aa

— dejusquiame. . . )

Eau,q. s. pour

0 gr. 03 32 grammes.

On donnera aux enfants XX gouttes le soir, en les couchant, dans une cuillerée d'eau sucrée.

Quand le bromure de potassium doit être continué longtemps, on a conseillé, pour le faire tolérer par l’estomac et pour prévenir les accidents du bromisme , de faire concurremment l’antisepsie intestinale (Voyez ce mot).

Le naphtol sera écarté, à cause de son action irritante, mais on pourra donner beau de Vichy, ou une petite dose de bicarbonate de soude ("20 à 30 centigrammes).

Rademaker a employé, contre la diphtérie, les badigeonnages au bromol :

% Bromol 1 gramme.

Glycérine 13 grammes.

II a aussi administré ce médicament, à la dose de 5 ii 10 milligrammes, dans les diarrhées infectieuses des enfants.

Le brnmhj/dral.e de quinine, combinaison de l’acide bromhydrique et delà quinine, est un sel qui peut convenir aux enfants nerveux au même titre que le va lé-

Maladies des enfants.

rianate de quinine. Il est plus soluble et plus riche en quinine que le sulfate.

On pourra le donner dans les câs de fièvres complr quées d’accidents spasmodiques, d’agitation, de délire, à la dose de 10 ou 20 centigrammes par année d’âge. Prescrit en même temps que l’antipyrine, dans une potion, il sera aisément dissous, et l’adjonction d'extrait de réglisse masquera son amertume :

% Bromhydrate de quinine I gramme.

Antipyrine 1

Extrait de réglisse 10 grammes.

Eau distillée (10 —

Une cuillerée à café, à dessert ou à soupe (suivant l àge), 2 ou 3 fois par jour.

BRONCHITE AIGCË

La bronchite est extrêmement commune chez les enfants du premier âge ; elle reconnaît habituellement pour cause un refroidissement, et débute d’ordinaire par un coryza à marche rapidement descendante. Elle peut être aussi secondaire (coqueluche, rougeole, grippe, fièvre typhoïde, etc.). On la reconnaît à la toux d’abord sèche, puis grasse, pénible, quinteuse sans reprise; à l’existence de râles ronflants, sibilants, souscrépitants dans la poitrine. La présence de ces râles la distingue du rhume simple ou trachéite (Voyez ce mol). L’absence de souffle, de matité en un point, l’éloigne de la broncho-pneumonie. Cependant la bronchite peut se compliquer de poussées congestives qui pourraient momentanément donner le change. La coqueluche débute souvent par une bronchite ordinaire, le diagnostic reste suspendu jusqu’à l’apparition des quintes. On a dit que la bronchite simple était infectieuse, on a trouvé des

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