I! EL L A DON E
tigrammes de sulfate d’atropine et autant de chlorhydrate decocaïne. L’enfant, après une période de vertiges, d’agitation, de délire, avec alternatives de rires et de pleurs; avait présenté la mydriase, la tachycardie, le stertor, le froid aux extrémités. Quatre heures s’étaient écoulées depuis l’ingestion et on ne pouvait songer à évacuer l’estomac par la sonde ou les vomitifs. On fit une injection sous-cutanée de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine, des frictions au vinaigre aromatique, l’enfant prit un lavement excitant. Deux heures après, elle sortait de son assoupissement, et deux jours après, elle était guérie.
Encas d’empoisonnement parlahelladone, en essaiera donc l’opium, et aussi le café, l'alcool, peut-être mémo la fève de Calabar, dont l’alcaloïde, l’ésérine, agit sur la pupille dans un sens opposé à celui de l'atropine.
Les préparations de belladone usitées en pharmacie sont : l’extrait de feuilles ou de racines, la teinture de feuilles et le sirop fait avec cette teinture (75 centigrammes pour 10 grammes).
Les feuilles sèches, pulvérisées, entrent dans la composition des cigares et cigarettes anti-asthmatiques. Elles peuvent aussi servir à confectionner des pilules, en usage surtout chez les adultes.
L’extrait hydro-alcoolique de racines de belladone s’obtient en faisant agir sur la plante l’alcool à 60°; on reprend par l’eau et on évapore jusqu’à consistance suffisante.
La dose de cet extrait, pour l’enfant du second âge, est de 1 à 5 centigrammes par jour au plus.
La teinture alcoolique s’obtient en traitant une partie de feuilles par cinq parties d’alcool à 60°; c’est la préparation la plus employée ; elle se prescrit par gouttes comme l’aconit.
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Le sulfate neutre d'atropine se donne aussi par gouttes d’une solution à [ centigramme d’alcaloïde pour 10 grammes d’eau distillée. Un milligramme de sulfate d’atropine est contenu dans XX gouttes.
Pour l’usage externe, on fait des collyres au sulfate d’atropine à 1 p. 300, 1 p. 500. Les granules de un-demi ou 1 milligramme d’atropine sont surtout utilisés chez l’adulte contre les sueurs profuses.
INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
La belladone est indiquée dans les maladies de l’appareil respiratoire à caractère hypersécrétoire et spasmodique, depuis le coryza jusqu’à la bronchite et à la coqueluche, parce qu’elle dessèche les muqueuses et calme les nerfs.
On donnera la belladone dans la laryngite simple et striduleuse, dans le spasme glottiquc, dans le rhume de poitrine ou trachéo-bronchite, dans la grippe, l’asthme, l’ emphysème, l’adénopathie bronchique.
La belladone est contre-indiquée dans les maladies , du poumon compliquées d'abattement, de prostration, de collapsus (pneumonie, broncho-pneumonie, etc.).
C’est surtoutdans la coqueluche qu’on a usé et abusé de la belladone ; mais il faut forcer la dose pour en obtenir un effet antispasmodique appréciable.
On a employé la belladone dans les coliques intestinales, la fissure à l’anus, la constipation. Contre la constipation, elle agit bien, si elle est associée à un purgatif comme l’aloès, la scammonée, le podophylin; elle peut se prescrire en suppositoires, en pommades, etc.
Dans la pérityphlite, M. Ferrand emploie la belladone de préférence à l’opium comme calmant et antispasmodique; il accuse l’opium de favoriser la coprostase, que la belladone au contraire tend à dissiper.
BELLADONE
On l’a essayée dans les ilnx salivaires, dans la dysménorrhée des jeunes filles.
On l'a beaucoup donnée aussi, depuis Trousseau, dans l’incontinence essentielle d’urine, Yenuresis nocturna; elle pourrait agir dans ce cas en supprimant l’action réflexe, en anesthésiant la muqueuse vésicale, en resserrant les filtres du sphincter.
Mais cela n’est qu’hypothétique, et les échecs sont nombreux.
Très incertaine encore est l’action de la belladone dans l’épilepsie, les affections convulsives de l’enfance, la chorée, la tétanie ; ces névroses, traitées jadis par des doses énormes de belladone, n’ont été que rarement guéries ou amendées par ce médicament. Halmemann a voulu en faire un préservatif de la scarlatine, mais les expériences de Barthez à Sainte-Eugénie, et de Balfour à Chelsea, ont démontré que la valeur prophylactique de la belladone à l’égard de la scarlatine était simplement égale à zéro. Dans les dermatoses, la belladone a été employée intus et extra pour combattre les démangeaisons, le prurit, etc. Elle agit bien contre les sueurs profuses des phtisiques.
En somme, quoique la belladone soit prescrite couramment et d’une façon banale, elle n’est réellement indiquée et elle ne donnera de bons résultats que dans les llux pituitaires, bronchiques, salivaires, dans les toux spasmodiques delà coqueluche, de l’asthme, de la laryngite, delà trachéo-bronchite, etc. Dans les autres maladies où l’usage veut qu’on la prescrive, son action est des plus infidèles.
Pour l’usage interne, je l’ai déjà dit, la préparation pharmaceutique la plus employée est la teinture alcoolique de belladone, qui se prescrit par goulles, aussi bien chez les enfants que chez les adultes.
MODE D’ADMINISTRATION ET DOSES
11. Blache est pour les doses faibles, et conseille de ne pas dépasser III, IV, V gouttes jusqu’à deux ans, V à VIII gouttes jusqu'à trois ans, X à XX gouttes jusqu’à dix ans ; encore faut-il avoir soin de fractionner les doses.
J. Simon, qui a toujours beaucoup usé de la teinture de belladone, va plus loin et déclare qu'il a pu donner sans danger, en fractionnant les doses, XL gouttes à des enfants de trois ans, LX gouttes à quatre ans, et jusqu’à CXX gouttes chez une tille de treize ans.
Il n’y apas en effet de règle absolue, et l'on doitchercher à atteindre la limite des effets physiologiques (visage animé, yeux brillants, pupilles dilatées). En donnant V gouttes de teinture par année d’âge, soit X gouttes à un enfant de deux ans, XX gouttes à un enfant de quatre ans, XXX gouttes à un enfant de six ans, on ne nuira pas, à la condition de répartir cette dose sur toute la journée et de s’arrêter s’il y a intolérance ou menace d’intoxication. C’est surtout à la période convulsive do la coqueluche qu’on usera largement de la belladone, soit pure, soit associée à l’aconit. On pourra prescrire :
% Teinture de belladone . . ) ~
, , . . aa . . . a grammes.
Alcoolature d aconit. . . )
X, XX, XXX gouttes en i ou 5 fois dans la journée, suivant l'àgc des enfants; on se servira, comme véhicule, d'une cuillerée à café de lait ou d’eau sucrée.
La teinture de belladone peut être associée à la teinture de drosera rolundifolia ou de grindelia robusta.
% Teinture de belladone a grammes.
Teinture de drosera ou de grindelia. . 10 —
X à L gouttes en 21 heures.
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On peut aussi mêler la teinture à un sirop simple ou composé:
X Teinture de belladone XXX gouttes.
Sirop de fleurs d’oranger 1U grammes.
Sirop de codéine 10 —
Eau distillée 00 —
Une cuillerée à café 2 ou 3 fois par jour suivant l’âge.
Dans les douleurs intestinales, J. Simon a prescrit IV à X gouttes, avant le repas, de la mixture suivante :
% Teinture de belladone . . 1
— de cannelle. . . fia , . . 3 grammes.
— de Colombo. . . '
Dans les douleurs qui accompagnent quelquefois l'établissement de lamenstruation chez les jeunes tilles, il a conseillé l’association avec l’élixir parégorique:
% Teinture de belladone 5 grammes.
Elixir parégorique 10 - —
On peut donner par jour, à une fillette de 12 à 13 ans, XL à LX gouttes do cette préparation.
Quand, dans la coqueluche, le coeur faiblit, quand le pouls prend une fréquence exagérée, il y a avantage, comme le faisait II. Roger, à associer la belladone à la digitale; on peut prescrire à son exemple:
% Teinture de belladone 10 grammes.
— de valériane . . ) ^ ..
— de digitale. . . j 11
V à LX gouttes par jour suivant l'âge.
Si la teinture de belladone est aujourd'hui la préparation la plus employée, il n’en a pas toujours été ainsi et l’on avait jadis recours volontiers à la, poudre et à l’extrait.
Sanclras prescrivait, dans la coqueluche :
% Poudre de racine de belladone ... 0 gr. 05
Sucre pulvérise 0 gr. 25
Pour un paquet; 2 à 8 par jour suivant l’âge.
Trousseau formulait :
% Poudre de belladone . . ) ,
Extrait de belladone. . . j a;i • • * centigramme.
Pour une pilule; une le matin, ou une matin et soir, suivant l’àge (au-dessous ou au-dessus de 4 ans) ; pour faire prendre ces pilules, on les écrase et on les mêle à de la confiture, à du sirop, à du lait sucré, etc.
Le sirop de belladone est très employé, soit pur, soit mitigé par le sirop de tolu ; M. Cadet de Gassicourt prescrit ;
% Sirop de belladone 50 grammes.
Sirop de tolu 150 —
Une cuillerée à café en deux ou trois fois dans la première enfance, puis augmentation progressive par demi-cuillerée à café, jusqu’à sédation des quintes de coqueluche. Pour les enfants de plus de 1 ans, on commencera par deux cuillerées à café et on augmentera progressivement jusqu’à ce que les pommettes rougissent et que les paupières se dilatent.
On peut associer le sirop de belladone au sirop d’opium, de codéine, d’éther, etc.
% Sirop de belladone 30 grammes.
Sirop de codéine 30
Bromure de potassium 2 —
Eau de fleurs d’oranger 40 —
Une cuillerée à café matin et, soir à 3 ans; trois cuillerées à café par jour au-dessus de cet âge.
En résumé, la dose moyenne de sirop de belladone sera d’une cuillerée à café (5 grammes) par 3 années d’âge ; une cuillerée à 3 ans, deux à 6 ans, trois à 9 ans, quatre à 12 ans, etc. On pourra aller plus loin en sui-
BELLADONE
vaut de près les effets du médicament et en fractionnant les doses. Les extraits, teintures, sirops de belladone n'ont malheureusement pas toujours une valeur égale. Il y a des teintures très énergiques et d’autres qui le sont très peu. Nous ne savons jamais d’avance quelle est la teneur en atropine des teintures que nous prescrivons. De là une grande incertitude dans les effets obtenus. Il serait préférable de recourir, d’un commun accord, au sulfate neutre d’atropine, dont il est facile d’avoir des solutions parfaitement titrées.
Quand on se sert de l’alcaloïde, du sulfate d’atropine, qui n’est pas seulement employé en oculistique, mais encore en médecine interne, on choisit des solutions très étendues ; Archambault prescrivait une solution au millième :
% Sulfate d'atropine 1 centigramme.
Eau distillée 10 grammes.
Une goutte trois fois par jour dans une cuillerée à café d’eau pour un enfant d'un an; doubler au bout de quelques jours pour les enfants plus âgés.
J. Simon, plus audacieux, a pu donner, à à ans, dans la coqueluche, jusqu’à 2 milligrammes d’atropine par jour, soit XL gouttes de cette solution. 11 ne serait pas prudent de débuter par cette dose.
Dans l’épilepsie et les affections convulsives de l'enfance, si l’on emploie la belladone, on fera bien de l’associer au bromure de potassium, qui renforcera son action calmante et antispasmodique.
On pourra prescrire :
% Extrait de belladone ü gr. 10
Bromure de potassium 10 grammes.
Sirop d’écorces d'oranges amères. . 200 —
Une cuillerée à café matin et soir dans la première enfance, une cuillerée à dessert deux fois par jour de 5 à 10 ans, deux et trois cuillerées ii soupe au-dessus de 10 ans.
Pour l’usage externe, la belladone est prescrite en pommade ou en Uniment.
La pommade se faisait autrefois avec l’axonge et l’extrait de belladone, à la dose de 4 grammes d’extrait pour 30 grammes de corps gras.
Aujourd’hui on se sert plus volontiers de vasehne comme excipient.
L’onguent napohtain belladoné a pour formule:
% Extrait de belladone 4 grammes.
Onguent napolitain 30 —
Les Uniments se font avec l’huile :
% Extrait de belladone 4 grammes.
Huile d’olives 30 —
Un des Uniments les plus connus est le baume tranquille, qui, entre autres nombreuses substances narcotiques et antispasmodiques, contient des feuilles fraîches de belladone contusées, cuites dans l’huile, passées avec expression et Ultrées.
La belladone se prescrit encore en suppositoires, soit pour calmer les épreintes et les douleurs de la fissure anale, soit pour amener des évacuations.
Chez les enfants constipés, j’ai prescrit souvent des suppositoires creux au beurre de cacao avec :
% Glycérine 1 gramme.
Aloès 0 gr. 10
Extrait de belladone 0 gr. 01
En cas de turgescence gingivale, avant l’éruption dentaire, on a fait des frictions avec un sirop de dentition à la belladone et à la cocaïne :
% Sirop de belladone 10 grammes.
Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 23
On voit combien variées sont les applications de la
BLÉPHARITES. 117
belladone en médecine infantile, et je suis loin d'avoir épuisé la question.
BLEPHARITES
La blépharite, ou inflammation des paupières, est extrêmement commune dans le jeune âge. Aiguë, elle accompagne les différentes variétés de conjonctivite ( voyez ce mot) et participe à leur traitement. Chronique, elle peut évoluer pour son propre compte et se présente chez les sujets scrofuleux ou arthritiques. Les bords palpébraux se tuméfient, se recouvrent de croù- I elles; les cils tombent (blépharite glandulo-ciliaire). Parfois la blépharite coïncide avec un eczéma de la face, dont elle n’est qu’une localisation. Enfin elle a pu dépendre de la présence de poux du pubis.
TRAITEMENT
Le traitement général s’impose dans la plupart des cas; on est en présence d’enfants anémiques et scrofuleux, qu'il faut purifier et remonter par l’huile de foie de morue, une bonne nourriture, le séjour à la campagne, etc. Le séjour aux bords de la mer ne convient [>as aux scrofuleux qui ont des ophtalmies.
Localement, on agira surtout parles pommades :
% Axonge fraîche i grammes.
Précipité jaune 0 gr. -il).
Teinture de benjoin Vil gouttes.
Appliquer matin et soir avec un pinceau sur le bord ciliaire.
(Vidai..)
Précipité jaune 0 gr. 20.
'% Précipité rouge 0 gr. 10.
Acétate de plomb cristallise 0 gr. 005.
Axonge benzoïnce 5 grammes.
Huile de noisettes Y gouttes.
(Galezoxvski.)
% Axonge fraîche 15 grammes.
Carbonate de plomb 0 gr. 30.
Calomel 0 gr. 10.
(Guépin.)
% Vaseline. . . .
Précipite blanc.
Oxyde de zinc .
Huile de bouleau
.... 10 grammes
5a. . . 0 gr. 10.
.... XII gouttes.
Le D1' Despagnet vante la glycérine au sublimé à 1 p. 100. La pommade à l’aristol (1 p. 10) peut aussi être employée.
Pour ma part, je n’emploie à mon dispensaire que la pommade au précipité jaune à 1 p. 40. Le traitement est souvent très long et les rechutes sont fréquentes.
Quand la blépharite est chronique et eczémateuse, il faut conseiller la Bourboule, Uriage, Challes.
BOTH RIOCÉPHALE (Voyez Ténia)