ABCÈS UE LA MAMELLE
Chez Jes nouveau-nés, dans les premières semaines,
11 se fait un engorgement des mamelles, avec sécrétion d'un liquide analogue au lait de femme. La glande est augmentée de volume, dure, saillante, parfois rouge, chaude, douloureuse; dans ce cas, on peut craindre la suppuration. Aux approches de la puberté, chez les garçons comme chez les filles, un engorgement analogue, dur, un peu douloureux, se déclare, et peut aboutir aussi, quoique plus rarement, à la formation d’un abcès. Le D‘ Tellier, dans deux cas de ce genre, a vu la mammite succéder à des poussées furonculeuses et dériver d’une auto-infection staphylococcique.
TRAITEMENT
Quand l’abcès est formé, il y a indication de l’ouvrir aseptiquement. Mais s’il n’y a que de l’engorgement, il faut s’efforcer de prévenir la suppuration. On a l’habitude, mauvaise suivant moi, d'exercer des pressions, Irnctions, succions du mamelon pour vider la mamelle de son contenu laiteux; en agissant ainsi, on risque d’infecter la glande. 11 faut absolument respecter et
ABCÈS M A S TO ï D I E A' .
protéger ces engorgements physiologiques contre tout froissement et tout traumatisme. Pour cela, il suffit d’appliquer une couche d’ouate hydrophile, ou une rondelle d’emplâtre rouge, d’emplâtre de Vigo, de diachylon, d’emplâtre belladone.
A I ÎC ÈS Aï AS roi I ) I EX
Les cellules de l’apophyse mastoïde, qui communiquent avec la caisse du tympan, sont exposées à une inflammation secondaire dans les cas d'otite moyenne. Celte inflammation est généralement résolutive ; mais, dans quelques cas, elle aboutit à la suppuration, à la nécrose, a des fistules rétro-auriculaires intarissables.
TRAITEMENT
Quand on n'aura pas pu prévenir l’abcès mastoïdien par un bon traitement de l’otite moyenne (douches d’air, paracentèse du tympan, antisepsie du conduit auditif), fin sera forçai de faire l’incision ou la trépanation de l’apophyse mastoïde.
Si l'abcès proémine derrière l’oreille, l'incision simple peut suffire; s’il n’y a pas fluctuation, mais seulement douleur, rougeur, gonflement, l'incision sera suivie de la trépanation avec la gouge et le maillet. Après issue du pus, <>u enlèvera les esquilles s’il y en a, on drainera, on pansera avec la gaze iodoformée.
Midis Al If LT IP LES DUS NOURRISSONS
Il se produit quelquefois, chez les enfants mal nourris, maigres, athrepsiés ou malpropres, de pelils abcès du
lissu cellulaire sous-cutané. Ils siègent surtout clans les régions où la peau est mince, où le tissu graisseux est peu abondant : cuir chevelu, coudes, talons, abdomen, région anale. Ils se distinguent des furoncles par l’absence de bourbillon. Les microbes rencontrés dans ces foyers inflammatoires sont des staphylocoques qui ont sans doute pénétré dans la peau, les glandes sudoripares ou sébacées, par quelque érosion due aux frottements, pressions, traumatismes divers. Les "abcès des nourrissons peuvent aussi résulter d’une galactopliorite de la nourrice. L’origine endogène de ces abcès est plus rare que l’origine exogène. L’infeclion se fait dans la peau et par la peau. (Hulot.)
TRAITEMENT
On incisera les collections au bistouri, et après avoir vidé l’abcès, on pansera à la gaze iodoformée ou salolée. Si l’abcès est volumineux, on pourra le laver avec une solution d’acide salicylique à I p. 500, ou d’acide borique à i p. 100. Un bon moyen de traiter et surtout de prévenir les abcès mutiples des nourrissons, c’est d’assurer la propreté absolue de la peau à l’aide des bains antiseptiques (1 gramme de sublimé et de chlorure de sodium par bain, dans une baignoire en bois).
ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIEN
L’abcès rétro-pharyngien est une maladie du premier âge, tantôt symptomatique d’une lésion vertébrale, tantôt spontanée, chez des enfants cachectiques, athrcpsiés, mal nourris. Il se traduit par un gonflement médian du fond de la gorge, avec dysphagie, dyspnée, cornage même dans quelques cas. L’abcès est quelquefois latéral; il peut être supérieur, moyen, inférieur. La vue et le
ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIEN. 7
toucher font aisément reconnaître l'abcès, il n’est pas toujours facile de savoir quelle en est la cause. C’est d'ailleurs une maladie rare.
TRAITEMENT
Il n’y a pas deux indications, il n’y en a qu’une : ouvrir l'abcès au plus tôt. Pour cela, on abaisse la langue de l’enfant, on le place en face d'un bon éclairage, et, avec un bistouri dont la base a été préalablement entourée de diaehylon, on plonge hardiment au milieu de la tumeur. Puis on incline vivement la tête de l’enfant pour que le pus ne pénètre pas dans les voies aériennes.
On peut ensuite faire une irrigation boriquée (3 p. 100) de la gorge ou des attouchements au pinceau avec :
% Acide salicylique 0 gv. 50
Alcool à 90" 10 grammes.
Glycérine 30 —
Un a parfois remplacé le bistouri par le trocart.
Quelques chirurgiens, pour faciliter l’antisepsie du foyer, ont fait l’incision derrière le sterno-mastoïdien, puis, s’aidant de la sonde cannelée, ont pu évacuer le foyer par la voie cutanée, irriguer l’abcès, le drainer, etc. Le l)r Reverdin a ouvert avec succès par ce procédé, dit de Burckhardt, les abcès tuberculeux rétro-pharyngiens du mal de l’ott cervical. Phocas [Semaine médicale, l<S92j [«réfère la voie cutanée à la voie buccale, car elle permet la chloroformisation, assure l’aniiscpsie et l'hémostase, et met a l’abri des dangers (hémorrhagie, pénétration du pus dans la, trachée, dans l'estomac) inhérents a la méthode buccale.
Dans quelques cas (abcès saillant à l'extérieur), l’ouverture par la peau s’impose; mais la voie buccale doit rester la méthode de choix, dans les abcès chauds, comme
l’a parfaitement montré le D' E. Rochard ( Médecine Infantile, 1 5 janvier 1894).
AC ARE (Voyez Gale)
ACNÉ
Sous le nom d’acné, on décrit une inflammation des glandes sébacées ou des follicules pileux; il en existe un très grand nombre de variétés, rares d’ailleurs chez les enfants, et ne commençant à se développer que dans la seconde enfance, aux approches de la puberté. Les filles paraissent prédisposées à l’acné ponctuée et à l'acné rosée, soit qu’elles aient le tempérament scrofuleux, soit qu’elles souffrent de dyspepsie, dilatation cle l'estomac, etc.
TRAITEMENT
Le traitement général s’adresse au tempérament morbide de l’enfant ou à la dyspepsie : on se trouve généralement bien de l’usage de l’huile de foie de morue, des alcalins, de l’arsenic. Si la scrofule est en cause, la Bourboule, Uriage, Challes, Saint-Honoré, conviennent aux enfants acnéiques. Si l’arthritisme prédomine, on conseillera Vichy ou Royat. Le régime sera sévère : pas d'alcool, de vin, de thé ni de café, pas de charcuterie, pas de graisses, pas d’aliments épicés, viandes faisandées, poissons de mer et coquillages, choux, chouxfleurs, salades. Antisepsie intestinale, à l’aide du naphtol, du salol ou du benzo-naphtol :
% Ben/.o-naphtol 0 gr. 25.
Bicarbonate de soude 0 gr. 25.
Pour un paquet, à prendre de 2 on 2 heures (6 par jour).
ACNÉ.
Restreindre l’usage des boissons, ne rien prendre en dehors des repas. Purger fréquemment.
Le traitement local a plus d’importance encore que le traitement général.
Après avoir savonné la face, on appliquera le soir la mixture suivante ;
% Soufre précipité et lavé. . 1 Glycérine pure I
Carbonate de potasse. . . > fui. . . 10 grammes.
Eau de laurier-cerise. . . \
Alcool J
Le lendemain, on enlève ce mélange et on le remplace par de la glycérine (Kaposi.)
On peut encore savonner à l'eau chaude et faire une lotion avec :
% Soufre 1 gramme.
Alcool camphré tl —
Eau calcaire 80 —
Ou appliquer la pommade :
% Soufre 1 gramme.
Axonge .'10 —
Acide phonique X gouttes.
Carbonate de potasse 1 gramme.
Ou enduire au pinceau avec :
Soufre précipité
grammes
Glycérine
la
Alcoolé de camphre
Eau
un
a applique la pâte suivante :
Soufre précipité
grammes
Carbonate de chaux . . . \ ^
Oxyde de zinc j ,ul‘ ‘
Riz pulvérisé . . .
Glycérine . .
K «i. ti . . . ,
Besnier fait appliquer le soir et enlever le matin avec un peu d’ouate huilée :
% Résorcine 3 grammes.
Poudre d’amidon
Oxyde de zinc | 'ul‘
Vaseline 13 —
Contre l’acné ponctuée et les comédons, il conseille de mettre tous les soirs, pendant huit jours :
% Acide salicylique 2 grammes.
Soufre précipité I ~ -n
Savon mou de potasse . . )
Lassar emploie les topiques suivants :
% Naphtol 10 grammes.
Soufre précipité 30 —
Savon mou 20 —
Vaseline 20 —
Faire une onction avec cet onguent qu’on gardera une demi-heure à une heure; puis lavage à l’eau chaude. Renouveler les jours suivants jusqu’à desquamation de la peau.
% Résorcine 3 grammes.
Oxyde de zinc 3 —
Amidon 3 —
Vaseline 10 —
Même emploi.
Le remède le plus simple est le savon noir ; on fait une onction le soir, pendant cinq jours consécutifs; on lave le matin à l’eau chaude. 11 se produit une dermite qu’on traite ensuite par les émollients.
S’il y a de la couperose, on fait des lotions soufrées le soir :
K au 230 grammes.
Alcool 30
Soufre 10 —
ACNÉ VARIOLIFORME. 11
Ou des onctions avec la pommade :
Soufre 3 —
On peut se servir encore du mélange suivant :
% Soufre précipité i
Glycérine purifiée . . . .
Craie précipitée • 3a. . . 8 grammes.
Eau de laurier-cerise. . . I Alcool rectifié '
On lave le soir à l’eau de son, on frictionne avec cette mixture et on recouvre d’un masque de gutta-percha laminée (Leroy).
Ou peut encore faire matin et soir des lotions avec :
% Émulsion d’amandes amères . . . .
Glycérine 1
Bichlorure de mercure
Ou bien :
200 grammes.
û gr. 10 Goulard.)
% Eau de roses 120 grammes.
Glycérine 20 —
Sulfate de soude 10 —
(Pietra-Santa.,
Restent enfin les scarifications pour les cas rebelles ; elles doivent èdre fines et superficielles.
a< :n é va mou forme
L’acné varioliforme ou molluscum conlagiosum n’est pas rare chez les enfants; elle siège surtout à la face, simulant au début de petites verrues planes, puis s’accroissant,, et s’ombiliquant. Quand l’acné est ombiliquée, elle simule, à s’y méprendre, des pustules de variole; mais il n’y a pas d’inflammation périphérique. La ma-
ladie s’inocule de proche en proche et guérit de même. Elle est parasitaire (sporozoaires) et contagieuse.
TRAITEMENT
Au début, il suffit de toucher les petites tumeurs avec la teinture d’iode pour les détruire ; plus tard, la tumeur peut être enlevée au ciseau et cautérisée, soit à la teinture d’iode, soit au thermo-cautère ou au galvano-cautère. Les cautérisations au nitrate d’argent ou à l’acide cliromique sont également efficaces.
AGONIT
L 'Aconit napel, ainsi nommé parce que sa racine ressemble à un navet, est une plante vénéneuse de la famille des Renonculacées ; elle porte encore le nom de Char de Vénus.
La plante cultivée dans les jardins, comme celle qui pousse naturellement dans les plaines et les terrains fertiles, n'a pas de valeur pharmaceutique. La plus active, la seule utilisée en médecine est celle qui provient des pays montagneux, comme la Suisse, les Vosges, le Dauphiné, etc.
Le principe actif, Vaconitine, s’accumule surtout dans les racines, utilisées aujourd’hui à l’exclusion des feuilles, dont la valeur est très incertaine.
L'aconit est plus actif avant qu’après la lloraison; on le récolte en mai et juin de préférence; on fait sécher les racines à une douce chaleur et à l’obscurité, et on les conserve dans un endroit bien sec. L’aconit est très employé en médecine infantile ; mais il faut bien choisir la préparation et surveiller attentivement le dosage, 'foute préparation faite avec les feuilles, la tige, est très infidèle et souvent inerte. Jules Simon a pu donner im-