‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 96 sur 363 · CROIT · texte numérisé non relu

CROIT

Le croup est la diphtérie du larynx; cette localisation, précédée d'ordinaire par l’angine couenneuse, peut être dans quelques cas primitive ( croup d'emblée), ce qui rend le diagnostic parfois difficile.

Quand on voit un enfant présenter de la raucité de la toux et de la voix suivie bientôt d'aphonie complète, puis de tirage sus-sternal et épigastrique, si la gorge a présenté ou présente encore des fausses membranes, le diagnostic de croup est certain. Si la gorge est nette, il est permis d’hésiter, et l'on a vu le croup confondu alors avec la laryngite striduleuse, les corps étrangers des voies aériennes, l’œdème de la glotte, l'abcès rétropharyngien. Pour ces trois dernières allée! ions, l'examen direct du fond de la gorge ou les commémoratifs

permettront de faire un diagnostic dans l'immense majorité des cas. Pour ce qui est de la quatrième (laryngite striduleuse), l’erreur est plus facile, quoique la laryngite striduleuse débute comme le croup finit, c’està-dire s’annonce d’emblée par un accès de suffocation avec toux aboyante, sans prodromes inquiétants, au milieu du sommeil de la nuit. L’examen bactériologique des liquides bucco -pharyngien s, en montrant la présence du bacille de Lœffler, peut assurer le diagnostic de croup. Cet examen est de rigueur. On ensemencera un tube de sérum gélatinisé avec du mucus recueilli le plus près possible du larynx, et on portera à l’étuve à 37u. En moins de 24 heures, on aura le diagnostic. Enfin, dans quelques eas, l’enfant a rendu, dans un effort de toux, des fausses membranes plus ou moins tubulées et ramifiées venant des voies aériennes.

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Dans l’espoir d’éviter la trachéotomie ou le tubage (voyez ces mots), remèdes suprêmes de l’asphyxie, on essaiera les substances usitées dans le traitement de la diphtérie.

Le chlorate de potasse à l’intérieur n’est pas à recommander chez les enfants à cause de son action dissolvante sur les globules du sang1. Au contraire, on aura recours aux balsamiques, copahu, cubèbe, térébenthine, benzoate de soude, etc.

1. Par exemple cette formule de l’hôpilal des Enfants est mauvaise, à moins qu’on ne supprime le chlorate de potasse :

Emétique 0 gr. 10.

Sirop d'ipéca 30 grammes.

Oxymel scillitiquo 10 —

Chlorate de potasse 4 —

Infusion do polygala 150 —

CltOUP.

Voici les formules à prescrire :

% Extrait oléo-rosineux de cubèbe . . 10 grammes.

Sucre 90 —

2 grammes par jour dans du lait.

(Delpech.)

% Sirop simple 300 grammes.

Extrait alcoolicpie liquide de cubèbe. 300 —

Trois cuillerées à soupe par jour.

(Puai.)

% Cubèbe 30 grammes.

Copahu 00

Sous-carbonate de 1er -1

Sous-nitrate de bismuth Q. s. pour solidifier.

A prendre par bols.

(J. Simon.)

% Loocli blanc 70 grammes.

Sirop de polygala. 30

Extrait de cubèbe ........ 2

Carbonate d'ammoniaque 0 gr. C>0.

Par cuillerées à cale d'heure en heure.

(D’Espine et Picot.)

Le jaborandi et la pilocarpiue, sut' lesquels il ne faut pas trop compter et qui ont le défaut de déprimer les enfants, de les exposera la syncope, sont recommandés par quelques auteurs. On prescrira:

% Pilocarpiue 0 gr. 02.

Chlorate de potasse 3 grammes.

Carbonate d’ammoniaque I

Sirop de polygala 30

Cognac 20 —

Une cuillerée toutes les heures jusqu'à sudation.

(Giliiert, de Genève.)

II. Deglc (de Kindberg) dit que la pilocarpiue, à la dose de 2 il 4 centigrammes par jour chez dits enfants de 2 a s ans, amène une diminution de la dyspnée et

une expectoration abondante de membranes et de crachats.

Le Dr Stern (de Dusseldorf) a donné le laudanum (2 à 5 gouttes suivant l’âge) pour calmer les spasmes et le tirage, prévenir ou éloigner le moment de l’intervention.

M. Legroux signale les bons effets de la créosote pour prévenir le croup et la broncho-pneumonie.

Glycérine oOO grammes.

Rhum 10Ü —

Créosote 10 —

Deux à quatre cuillerées par jour, suivant l’àge.

On a vanté aussi les sulfureux, qui poussent à la diaphorèse et activent les sécrétions bronchiques. On peut donner les eaux d’Eaux-Bonnes ou d'Enghien, à la dose de 3 à 4 cuillerées à soupe dans du lait chaud. On peut faire des pulvérisations avec ces eaux.

Les inhalations d’oxygène sont utiles pour entraver les progrès de l’asphyxie.

On a beaucoup usé, aux États-Unis, des fumigations de calomel (1 à 2 grammes chauffés sur une tôle près du lit de l’enfant, toutes les 3 heures). Mais le vrai traitement général du croup est le sérum-thérapie. (Voyez ce mot), qu’on devra employer sans retard, dans tous les cas.

Comme toniques, on donnera le perchlorure de fer, le quinquina, l’alcool.

% Solution de perchlorure de fer. . . XX à XL.

Eau 200 grammes.

Une cuillerée à dessert toutes les cinq minutes.

On donnera les diurétiques et le lait pour entraîner par le rein les toxines de la diphtérie.

Page 1