‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 142 sur 308 · GAVAGE · texte numérisé non relu

GAVAGE

au pavillon de cette sonde un petit entonnoir, le bout de sein artificiel du docteur Bailly par exemple, ou tout autre petit entonnoir en verre, gradué si possible.

On prend l'enfant sur les genoux et, lui soulevant la tête, on pousse la sonde préalablement mouillée, dans a bouche, le larynx et l'œsophage. Après un trajet de 15 centimètres environ, elle parvient dans l'estomac.

Le lait tiède est versé dans la cupule et la sonde est vivement retirée, quand le lait a pénétré dans l'estomac.

Après l'opération, il faut avoir soin de nettoyer la sonde et la cupule à l'eau bouillie, et de les plonger jusqu'au prochain repas dans l'eau stérilisée. Au début, on multiplie les repas (toutes les heures), mais en n'introduisant que 8 ou 10 grammes de lait à la fois.

On se servira de lait de femme ou d'ânesse, si c'est possible. A défaut de ce lait qui convient par dessus tous les autres aux nouveau-nés, on prendra le lait de vache bouilli, ou stérilisé, ou à la fois décaséiné en partie et stérilisé {lait humanisé).

Si le lait est pur, on le coupera d'eau bouillie et sucrée avec la lactose, dans les proportions:

Pour la Ire semaine ... 1 partie de lait, 4 d'eau.

— 3" — ... 1 — 2 — Après le premier mois. . . 1 — 1 —

Si Tenfant est né à terme, le lait sera moins dilué. Il ne faut pas gaver l'enfant avec trop de fréquence ou d'abondance, sous peine de provoquer un œdème dû à l'hypernutrition. Au bout de quelque temps de ce régime, l'enfant devient assez fort pour prendre le sein ou le biberon, et on renonce au gavage. Cependant, il est bon parfois d'associer les tettées et les gavages, pour ménager les forces de l'enfant {gavage de renfort).

Sans recourir au gavage, on a pu allaiter des enfants qui, par faiblesse native ou vice de conformation (becde-lièvre), ne pouvaient prendre ni le sein ni le biberon. On peut se servir d'une simple cuiller ou d'une seringue, qui sert à porter le lait à l'entrée des narines, l'enfant ayant la tête un peu inclinée en arrière. Le lait tombe ainsi directement dans le pharynx et l'estomac.

D'après le D"" Berthod, le gavage, chez des enfants nés à 8 mois, a donné 70 à 80 p. 100 de survivants; chez des enfants de 7 mois, 50 p. 100; à 6 mois, 23 p. 100.

GOMMES SCROFULO TUBER- CULEUSES

Les gommes scrofulo-tuberculeuses de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané sont très communes dans Fenfance et surtout dans la première enfance, où l'on est étonné parfois de les rencontrer sur des sujets vigoureux et de belle apparence. C'est une tuberculose locale qu'il faut détruire pour prévenir la généralisation viscérale (méningite, phtisie). Au début, on constate la présence de petits pois ou de petites noisettes enchâssés dans le derme ou sous la peau ; puis latumeur grossit en se ramollissant, la peau devient rouge, violacée, mince, et la fluctuation apparaît. Il n'est pas rare de constater la présence simultanée d'autres lésions tuberculeuses (spina ventosa, ostéites, tumeurs blanches, tuberculose verruqueuse).

TRAITEMENT

Outre le traitement général, toujours le même dans les tuberculoses locales (huile de morue, bains salés, etc.), on cherchera à détruire le foyer tuberculeux par

l'extirpation, le raclage avec destruction de la poche (Lannelongue), par les injections interstitielles si le foyer est très étendu ou placé dans une région dangereuse. On injectera dans le foyer le mélange suivant, après évacuation du pus :

% Glycérine 20 grammes.

lodoforme 1 —

GOURME (Voyez Eczéma, Impétigo, Phtiriâse.)

La maladie décrite sous le nom de grippe, influenza, bronchite épidémique, est infectieuse et contagieuse, quoique son microbe ne soit pas encore déterminé. Elle frappe les enfants autant que les adultes, mais moins sévèrement. Elle s'annonce par la céphalalgie, parfois atroce, rappelant la méningite, par la courbature générale, le lumbago, le brisement des jambes, rabattement, la somnolence, parfois le délire, les vomissements. La constipation est plus commune que la diarrhée, l'anorexie est absolue. Du côté de l'appareil respiratoire, on note le coryza, la touxspasmodique, la bronchite. Dans les grandes épidémies, on voit souvent des complications oculaires et auriculaires, la conjonctivite, l'otite, des exanthèmes, des broncho-pneumonies et pneumonies. Les microbes rencontrés dans ces localisations sont le pneumocoque et le streptocoque.

Le diagnostic, en dehors de la notion épidémique, est assez délicat; on peut penser à un rhume vulgaire, à l'invasion d'une fièvre éruptive (rougeole, scarlatine), à la fièvre typhoïde. Quand il y a un exanthème rubéoliforme ou scarlatiniforme, les difficultés sont accrues, mais l'évolution ultérieure assure bientôt le diagnostic.

TRAITEMENT

Dans les cas légers, l'hygiène suffira : l'enfant sera mis au lit ou gardé à la chambre : on lui donnera des boissons chaudes (lait, tisane de violettes ou de mauves); on le garantira contre le refroidissement, en le couvrant bien et en faisant un bon feu de cheminée.

S'il y a de l'embarras gastrique, ce qui est fréquent, on donnera un purgatif (10 à 15 grammes d'huile de ricin); s'il y a beaucoup de toux, on donnera la préférence au vomitif (ipéca, 1/2 à 1 gramme). Il y a parfois des diarrhées fétides qui commandent l'antisepsie intestinale :

% Bcnzo-naphtol. ) ~ 0 c-r '>5

Bi-carbonate de soude, j • • • • e • -

Pour un paquet; cinq ou six par jour dans un peu d'eau sucrée ou de lait.

La fièvre vive, les douleurs fortes, indiquent l'emploi combiné de la quinine et de l'antisepsie. Gomme il y a souvent des vomissements, on donnera la quinine en suppositoire :

% Chlorhydrate de quinine. 0 gr. 20 à 0 gr. 50

Beurre de cacao q. s.

Pour un suppositoire.

L'antipyrine sera donnée en potion, associée à l'aconit, à la belladone, au tolu, à la codéine :

% Antipyrine 1 gramme.

Eau de laurier-cerise 2 —

Sirop de tolu 40 —

Eau distillée 60 —

OU bien :

% Antipyrine 1 gramme.

Sirop de codéine 10 —

Sirop de fleurs d'oranger 30 —

Alcoolature de racines d'aconit. . . X gouttes.

Eau de menthe 60 grammes.

En trois ou quatre doses dans la journée.

S'il y a une forte bronchite, de la congestion pulmonaire, de la broncho-pneumonie, on couvrira le thorax de ventouses sèches ou de cataplasmes sinapisés, et on donnera l'alcool, la terpine, l'extrait de quinquina :

% Terpine 1 gramme.

Cognac ou rhum 20 —

Sirop de fleurs d'oranger. ..... 30 —

Extrait de quinquina 2 —

Eau distillée de mélisse 60 —

Une cuillerée à dessert d'iieure en heure.

Le D'' Alison a vanté l'usage du tannin, qu'on peut donner en cachets ou en lavements :

% Tannin 0 gr. oO

Décoction de guimauve 100 grammes.

Pour un lavement.

S'il y a de la conjonctivite, on fera des instillations matin et soir avec :

% Eau distillée 10 grammes.

Sulfate de zinc 0 gr. 10

En même temps, on appliquera sur le bord libre des paupières un petit fragment de la pommade suivante :

% Vaseline 10 grammes.

Précipité jaune 0 gr. 20

Contre la perforation du tympan et l'otorrhée grippale, on fera des irrigations d'eau tiède boriquée suivie d'an poudrage au salol.

L'anémie et la faiblesse consécutives seront traitées par le sirop d'iodare de fer, l'huile de morue, le sirop de quinquina, la kola granulée, etc. On réveillera l'appétit en faisant prendre avant chaque repas une cuillerée à soupe de la potion suivante :

% Sirop de gentiane. ) ~ ,„„

tj- ^ j ° • . > aa 100 ii:rammes.

Sirop de qumquma. ) = ^hik^».

Teinture de noix vomique. )

Teinture de Colombo. [ aa. . 1 gramme.

Teinture de badiane. )

Les convalescences lentes et pénibles seront traitées par le changement d'air, le séjour à la campagne, et s'il y a une bronchite persistante, on conseillera le Mont- Dore.

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