HUILE DE FOIE DE MORUE
L'huile de foie de morue joue un tel rôle en médecine infantile, qu'il est indispensable d'en donner une étude succincte et pratique.
Ce corps gras s'obtient par l'expression des foies du poisson de mer connu sous le nom de morue. On en distingue plusieurs qualités :
Huile vierge, obtenue sans pression, par le suintement spontané des foies coupés en petits morceaux et exposés à l'action d'une douce chaleur : c'est la meilleure théoriquement ;
Huile blonde ou ambrée, obtenue après la précédente, en chauffant au-dessous de lOO*' : c'est la plus usitée;
Huile brune, obtenue en chauffant au-dessus de 100° et en pressant; elle a une saveur et une odeur plus fortes que les précédentes : elle leur serait inférieure; mais les recherches de A. Gautier et Mourgues ont montré que cette huile contenait des alcaloïdes, dont l'action thérapeutique n'est pas indifférente, comme stimulants de la nutrition et de la circulation, comme diurétiques.
M. J.Bouillot (Acad. des Sciences, 7nov. 1892) a préparé les alcaloïdes de l'huile de morue et les a administrés par la bouche à la dose de 15 à 25 centigrammes par jour. Il a constaté que le volume des urines et la
quantité d'urée augmentaient, et que les oxydations organiques étaient activées. Chez deux enfants à nutrition languissante, l'appétit était revenu en quelques jours. Les huiles brunes, contenant plus d'alcaloïdes que les blondes et blanches, doivent donc être préférées à cause de leur action diurétique et uréo-poiétique.
L'huile de morue agit non seulement par ses alcaloïdes, mais par sa graisse, par l'iode, le phosphore qu'elle contient.
INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
Elle est indiquée chez tous les enfants à nutrition languissante et retardante, les anémiques, lymphatiques, scrofuleux, rachiliques; elle rend de grands services dans la tuberculose chronique, pulmonaire, articulaire, osseuse (tuberculoses médicales ou chirurgicales), dans les maladies de la peau (eczéma, prurigo, ichthyose, etc.), dans tous les états cachectiques.
Son usage est universel.
Cependant quelques enfants ne l'acceptent pas et ne la digèrent pas : il faut y renoncer. Elle est contreindiquée par les troubles digestifs, la diarrhée, l'âge trop tendre des sujets. Avant 2 ans, il ne faut pas essayer l'huile de foie de morue : elle serait mal tolérée ; si on la donne, il faut tâter la susceptibilité de l'enfant par des doses minimes et s'arrêter aux premiers accidents de l'intolérance (vomissements, diarrhée).