‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 164 sur 308 · OU · texte numérisé non relu

OU

Beurre de cacao 2 grammes.

Sulfonal 0 gr. 30

Si l'impaludisme est en cause :

% Beurre de cacao 2 grammes.

Chlorhydrate de quinine 0 gr. 25

L'insomnie de la seconde enfance, observée chez les écoliers au moment de la croissance et du surmenage intellectuel, sera traitée par le repos physique et moral, par l'air de la campagne, les douches froides, etc.

Si la syphilis héréditaire tardive était en cause, on prescrirait les frictions morcurielles (2 grammes d'onguent napolitain par jour) et l'iodure de potassium :

% lodure de potassium. . . . 1/2 à 1 gramme.

Eau de fleurs d'oranger ."^O —

Sirop d'écorces d'oranges 30 —

A prendre en trois fois, au moment des repas.

IXTERTRIGO (Voyez Érythème.)

INVAGINATION INTESTINALE

De toutes les causes d'occlusion intestinale, l'invagination est la plus fréquente chez les enfants. Dans la première enfance, c'est le gros intestin qui s'invagine; dans la seconde, c'est l'intestin grêle. L'invagination

dans la première enfance se traduit Y>Sivdesvomisse}nents alimentaires, bilieux, puis fécaloïdes, par des selles sanglantes; la constipation en effet est exceptionnelle, et le mélsenapeut prendre les proportions d'une grande hémorrhagie. Dans la seconde enfance, la constipation est la règle comme chez l'adulte ; s'il survient de la diarrhée, ce n'est qu'au moment de l'élimination du boudin invaginé. Le ballonnement est modéré ou même nul. Parfois on sent, dans la fosse iliaque ou le flanc, une tumeur mate à la percussion, qui révèle le paquet invaginé; d'autres fois le boudin invaginé apparaît à l'anus, ou peut être senti par le toucher rectal. En pareil cas, le diagnostic est facile; il est très difficile dans les autres cas. Il faut songer au prolapsus rectal, aux polypes du rectum, à la dysenterie, au mélœna des nouveau-nés, à la péritonite, à l'étranglement interne, à la pérityphlite, à l'obstruction par des matières fécales.

TRAITEMENT

Le traitement est médical et chirurgical. Médicalement, on a essayé les purgatifs, qui ne peuvent qu'aggraver la situation, en convulsant l'intestin. On s'en abstiendra, et on aura recours aux narcotiques.

On donnera le laudanum en lavements (I à II gouttes pour 50 ou 100 grammes de véhicule), le chloral en potion (sirop de chloral, une cuillerée à café de deux en 2 heures); on pourra même faire des injections de morphine, en procédant par milligrammes (une ou deux divisions de la seringue de Pravaz contenant une solution à 1 p. 100). On répétera les piqûres toutes les 3 ou 4 heures si les douleurs persistent.

Tous ces moyens ne sont que des palliatifs qui calment l'enfant et laissent parfois à la nature le temps d'éliminer le boudin invaginé.

INVAGINATION INTESTINALE. 357

La guérison spontanée s'observe par ce mécanisme une fois sur quatre ou cinq cas.

S'il ne survient pas d'amélioration, il est indiqué d'agir mécaniquement ou chirurgicalement.

On a proposé de réduire l'invagination de bas en haut par les injections rectales gazeuses faites avec le soufflet, l'eau de Seltz. On se sert d'une sonde qu'on introduit profondément dans le gros intestin, et on adapte au pavillon de cette sonde le bec du soufflet ou du siphon gazeux. Il faut distendre l'intestin, non pas brusquement, mais progressivement et avec douceur. Cette méthode a donné quelques succès.

On s'est servi également de la potion de Rivière donnée en lavements successifs (n° 1 et n° 2), en ayant soin de fermer l'anus avec la main après le n® 2.

On a proposé aussi l'injection forcée d'eau.

Bucquoy a réussi avec la faradisation, une électrode dans le rectum, l'autre promenée sur l'abdomen.

Boudet de Paris a perfectionné ce procédé ; voici en quoi consiste le lavement électrique employé par lui : On lait au préalable une injection d'eau salée dans le rectum ; on porte ensuite une sonde munie d'un mandrin métallique jusqu'à l'entrée de l'S iliaque; ce mandrin communique avec le pôle positif d'une pile à courants continus; le pôle négatif est appliqué sur le ventre. La séance dure dix minutes ; on peut la répéter.

Le lavage de l'estomac a donné quelques succès ; on pourra le faire sans inconvénient. Quant aux manipulations abdominales, au massage, il faut en être très sobre.

Les moyens précédents ayant échoué, il ne reste plus que la laparotomie, qui permettra d'aller à la recherche du boudin et de le réduire; si l'on échoue, on le réséquera ou on pratiquera l'anus artificiel. Cette

dernière opération est faite, sans laparotomie préalable, pour permettre d'attendre l'élimination spontanée du boudin d'invagination.

KÉRATITES

Les inflammations de la cornée sont très fréquentes et souvent très graves chez les enfants. Elles peuvent être aiguës et compliquer une conjonctivite catarrhale ou purulente, ou chroniques, et elles attestent souvent alors la scrofule ou la syphilis. La syphilis héréditaire porte assez souvent son action sur la cornée et se traduit par une kératite Interstitielle, diffuse, souvent bilatérale.

La scrofule agit plus superficiellement, plus localement, soit sous forme de kérato-conjonctivite vésiculeuse, soit sous forme d'ulcère de la cornée.

TRAITEMENT

Si la syphilis est en cause , on donnera l'iodure de potassium et le mercure; si c'est la scrofule, on prescrira l'huile de foie de morue, le sirop antiscorbutique, la cure de Barèges, Salies, Salins-Moutiers, Luchon, Saint-Ghristau.

Comme traitement local, on conseillera le port de verres fumés, et, à leur défaut, d'une large visière ou d'un bandeau peu serré destinés à garantir l'œil photophobique contre les rayons trop ardents de la lumière solaire.

Tous les jours, et quelquefois deux fois par jour,

on instillera une goutte du collyre suivant :

% Eau disliUée 10 grammes.

Sulfate d'atropine 0 gr. 05

KYSTES HYDAÏIQUES PU FOIE. 3o9

S'il y a ulcère de la cornée, si l'on craint la perforation de l'œil, on remplacera l'atropine par l'ésérine :

% Eau distillée 10 grammes.

Sulfate d'ésérine 0 gr. 05

En même temps, on portera sur la cornée, avec l'extrémité d"mi pinceau ou d'un bâtonnet, un petit fragment de la pommade suivante :

% Vaseline 10 grammes.

Précipité jaune 0 gr. 2u

On peut conseiller aussi les irrigations d'eau oxygénée à 3 p. 100, recommandée par Golovin.

On surveillera de près les fosses nasales , dont l'inflammation précède parfois la kératite, et en traitant le coryza, on fera la prophylaxie des lésions oculaires.

KYSTES HYDATIQIES Dl FOIE

Les kystes hydatiques du foie, dus à l'enkystement de l'embryon du ténia échinocoque du chien , ne sont pas rares, môme chez les enfants, et leur traitement aune réelle importance. Le diagnostic est assez facile quand le kyste siège à la face convexe du foie et se développe vers la paroi abdominale antérieure, où il forme alors une tumeur arrondie, rénitente ou fluctuante, accessible à la ponction exploratrice. Si le kyste se porte vers le diaphragme ou vers la colonne vertébrale, il est très souvent méconnu. Quand on fait une, ponction dans un kyste hydatique, on retire un liquide clair, limpide comme de l'eau de roche, et contenant souvent des crochets. Gela suffit pour le diagnostic : il ne faut pas compter sur le frémissement hydatique.

TRAITEMENT

Le traitement médical par l'iode ou l'iodure de potassium est illusoire : il faut attaquer directement la tu-

meur. L'enfant étant couché et maintenu ensuite au lit pendant plusieurs jours, on fait une ponction aspiratrice, après avoir lavé la peau (sublimé à 1 p. iOOO), l'instrument et les mains de l'opérateur. Quand on a vidé la poche, on injecte au plus 10, 15 ou 20 grammes de liqueur de Van Swieten, et on l'abandonne dans la poche.

On pourrait injecter une quantité plus grande, mais il faudrait la retirer, ce qui n'est pas toujours possible, et rintoxication serait imminente.

On peut aussi, sans vider la poche, retirer seulement 1 ou 2 grammes de liquide, et les remplacer par la môme quantité de liqueur de Van Swieten.

Pavy conseille d'introduire le liquide suivant qui tuerait les hydatides :

% Eau distillée 24 grammes.

Extrait mou de fougère màlc Liqueur de potasse.

La ponction simple a aussi donné des succès. Après l'opération, on fera une compression soignée de l'abdomen avec ouate et bandage de corps et on prescrira le repos absolu. L'urticaire, malgré toutes les précautions, peut succéder à l'opération.

Si le kyste est suppuré, on peut agir de deux façons : par la ponction évacuatrice suivie d'injections de sublimé à 1 p. 1000, de sulfate de cuivre à 1 p. 100, d'eau naphtolée saturée. Quand on injectera le sublimé, on aura soin de le retirer et de faire une injection supplémentaire d'eau salée ou alcoolisée.

Tous ces procédés ont donné des succès. Mais il peut y avoir plusieurs poches , le liquide peut se reproduire, des accidents infectieux peuvent se montrer : reste alors la cure radicale, la laparotomie, que beaucoup de chirurgiens préfèrent à la ponction.

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