MAL DE POTT
Le mal de Pott ou tuberculose vertébrale est essentiellement une maladie de l'enfance; il se traduit par des douleurs, de l'impotence et enfin par une gibbosité anguleuse caractéristique. Cette bosse siège soit à la région dorsale (cas le plus fréquent), soit aux lombes, soit au cou. Elle se distingue de la gibbosité rachitique par l'angle aigu de sa saillie; la cyphose rachitique, au contraire, est arrondie et à grand rayon. De plus, dans le mal de Pott, il y a souvent des abcès par congestion au niveau des aines, des fesses, de la racine des cuisses, de la fosse iliaque.
TRAITEMENT
L'enfant sera condamné de bonne heure à l'immobilité sur un lit de crins, de fougères, de varechs, ou mieux dans une gouttière de Bonnet. Plus tard, on pourra immobiliser seulement le thorax à l'aide d'un corset plâtré ou orthopédique (corset de Sayre).
En même temps, on fera de la révulsion sur la colonne vertébrale, près du foyer morbide (vésicatoires, pointes de feu, cautères, teinture d'iode).
Dans quelques cas les injections de chlorure de zinc à 1 pour 10 (Lannelongue) sont très utiles pour limiter et enkyster le foyer tuberculeux.
L'enfant, quoique immobilisé, devra prendre l'air, on le sortira sur une petite voiture; on l'enverra à Berck,
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au bord de la mer, pour y faire un séjour prolongé. A défaut du traitement maritime, on prescrira des bains salés, des bains d'eaux-mères de Salies, quand on ne pourra pas aller à cette station ou à ses similaires (Salins-du-Jura, Salies-du-Salat, Salins-xMoutiers, etc.). A l'intérieur, on prescrira Tbuile de foie de morue, le sirop d'iodure de fer, le phosphate de chaux, l'arsenic, la créosote, une bonne nourriture.
Dans quelques cas, on a pu attaquer directement, avec un certain succès, le foyer tuberculeux (trépanation).
MASTURBATION (Voyez Onamsme.)
MÉL.ENA
Le mélœna existe quand les selles contiennent du sang pur ou altéré par un séjour plus ou moins long dans l'intestin. Quand le sang est pur, rouge, il provient du gros intestin; cette variété de mélœna s'observe dans l'entéro-colite simple ou dysentérique, l'invagination, la fissure à l'anus (voyez ces mots); elle n'offre pas grand intérêt. Quand le sang est noir, poisseux, goudronneux, sa source doit être cherchée dans l'intestin grêle, l'estomac, la bouche, le nez, ou même le poumon (hémoptysie avec déglutition du sang). Parfois même le sang vient du mamelon de la nourrice (crevasses). Un examen attentif révélera ces différentes origines du mélsena.
Chez les nouveau-nés, dans la première semaine, on observe une variété de mélsena très grave, provenant d'ulcères de l'estomac ou du duodénum, ou d'une congestion de la muqueuse (hémophihe, syphilis héréditaire?). L'enfant pâlit, s'agite, puis s'affaisse et meurL
Parfois il vomit du sang et l'hématémèse complique le mélsena. Le mélsena des nouveau-nés est mortel dans la moitié des cas, au moins.
TRAITEMENT
Outre les moyens indirects (frictions avec des flanelles chaudes, avec la térébenthine, réchauffement par Teau chaude, la couveuse), on fera absorber par la bouche des médicaments hémostatiques.
% Perchlox^ure de ter V gouttes.
Eau sucrée 30 grammes.
Par cuillerées à café de 5 en 5 minutes. % Ergotine 0 gr. 50.
Sirop de ratanhia 20 grammes.
Hydrolat de menthe 20 —
Par cuillerées à café de quart d'heure en quart d'heure.
On fera prendre des fragments de glace pilée avec du sucre dans du lait, du cognac ou du rhum (5 à 10 gr. par jour). On mettra, sur le ventre, une vessie de glace.
On donnera aussi, pour agir sur les ulcérations gastro-intestinales :
% Nitrate d'argent 0 gr. 01.
Eau distillée 40 grammes.
Pai* cuillerées à café.
Si l'hémorrhagie ne cède pas, on fera des injections sous-cutanées d'ergotine (solution Yvon, 1/4 ou l/;2 seringue de Pravaz).
Contre le mélsena de la seconde enfance, on emploiera le traitement indiqué aux mots Diarrhée, Constipation, Dysenterie, etc.