PARALYSIE INFANTILE
La paralysie obstétricale des nouveau-nés, qui, à la période atrophique, ressemble tant à la paralysie infantile, en diffère par sa précocité (premiers jours de la naissance) et par son siège exclusif aux membres supérieurs.
L'atrophie musculaire progressive a le même substratum anatomique que la paralysie infantile : c'est une myélite antérieure, mais elle est chronique et survient plus tard, dans l'adolescence ou l'âge adulte.
La pseudo-paralysie syphilitique se distingue par le jeune âge des sujets et la coexistence de lésions osseuses.
TRAITEMENT
Au début, on traitera la myélite aiguë par les ventouses sèches sur la colonne vertébrale, les pointes de feu, les vésicatoires en lanières sur les gouttières vertébrales. On donnera un purgatif, l'ergotine en potion ou en injections sous-cutanées (13 à î20 centigrammes trois fois par jour). On pourra ensuite donner les bains de vapeur ou d'air chaud, de 3 à 5 minutes (J. Simon), envelopper d'ouate les membres inférieurs, les entourer de cataplasmes sinapisés, faire en un mot de la révulsion répétée et étendue. On donnera la quinine à doses assez élevées, en suppositoires ou en injections souscutanées : 25 à 50 centigrammes de chlorhydro-sulfate de quinine par jour.
A l'intérieur, J. Simon conseille encore les teintures de ciguë et d'aconit (3 gouttes de chaque) dans une potion ; par exemple :
% Eau distillée 40 grammes.
Sirop de fleurs d'oranger 40 —
Eau de laurier-cerise 5 —
Teinture de ciguë V gouttes.
— d'aconit V —
Par cuillerées à café, de deux en deux heures.
A la seconde période, quand les phénomènes aigus ont disparu, et que la paralysie s'est localisée, on fera des frictions chaudes et stimulantes sur les membres avec :
% Baume de Fioravanti 100 grammes.
Alcoolat de lavande 50 —
Teinture de noix voraique 20 —
ou encore :
% Vin rouge du Midi 100 grammes.
Teinture de gentiane. ) ~ „f.
— de romarin. \
Ammoniaque liquide 10 —
Teinture de cantharidcs X gouttes.
(J. Simon.)
On commencera Tusage des courants continus d'intensité faible (5 à 10 milliampères), le pôle positif sur la colonne dorsale, le négatif sur les membres paralysés (séances quotidiennes de 5 à 10 minutes).
A l'intérieur on donnera la noix vomique ou la strychnine :
% Teinture de noix vomique 10 grammes.
Une goutte cinq fois par jour dans un peu de lait, pendant huit
jours consécutifs. Suspendre pendant une semaine, et recommencer.
% Sirop de sulfate de strychnine. . . 20 grammes.
Eau de menthe 80 —
Une cuillerée à café matin et soir pendant huit jours, suivis de huit jours d'interruption, et ainsi de suite.
Sans continuer la révulsion énergique de la période précédente, on prescrira les bains sulfureux, les bains salés, les frictions stimulantes générales.
A la troisième période (atrophie et déformation des membres), on insistera sur l'électrisation des muscles atrophiés (courants interrompus et continus), sur le massage, les frictions, les bains salés. On s'adressera à, l'orthopédie pour redresser certaines déformations qui entravent la marche : bottines spéciales, avec tuteurs métalliques, ténotomie parfois.
PARALYSIE PSEUDO-HYPERTROPHIQUE. 437
Pour exercer les muscles malades, on sera conduit parfois à faire exécuter des manœuvres gymnastiques avec appareils (roues spéciales, chevaux mécaniques).
Enfin on se trouvera bien, pendant la belle saison, d'envoyer les enfants à la mer, à Salies-de-Béarn ou Salins, à Balaruc, à Bourbonne, Bourbon-l'Archambault, Bourbon-Lancy, Saint- Amand, Dax, Aix, Luchon.
On les nourrira bien, on leur fera prendre l'huile de foie de morue, le phosphate de chaux.
PARALYSIE PSEUDO-HYPERTROPHTQUE
La paralysie pseudo-hypertrophique, ou myo-sclérosique (Duchenne), est une maladie de l'enfance, plus commune chez les garçons que chez les filles, atteignant souvent plusieurs membres de la même famille, et reliée par l'hérédité à l'atrophie musculaire progressive (voj^ez ce mot). On n'a pas trouvé de lésions de la moelle, et on admet qu'il s'agit d'une myopathie primitive.
Il y a d'abord impotence des membres inférieurs : l'enfant se fatigue vite, écarte ses pieds, et porte le tronc en arrière (ensellure lombaire). Puis certains muscles deviennent gros et durs : mollets, fesses. Il y a contraste entre le développement herculéen des muscles et l'impotence. Mais il peut y avoir aussi des muscles atrophiés : lenfant se dandine, se balance en marchant sur la pointe des pieds (équinisme).
Le diagnostic est facile quand le relief athlétique des muscles existe; s'il manque, impossible de distinguer le cas des autres myopathies. On distinguera aisément l'obésité, dont le relief a pour siège le tissu cellulaire sous-cutané.
Dans la maladie de Thompsen, il y a des spasmes tétaniques spéciaux et pas d'équinisme.
TRAITEMENT
Duchenne préconisait les courants faradiques appliqués dès le début : on pourra les employer ainsi que les courants continus, le massage, les douches chaudes et sulfureuses, les bains salés; on conseillera Aix-les- Bains. Tout cela n'empêchera pas la maladie de suivre sa marche progressive et fatale.
On donnera concurremment l'arsenic, l'huile de foie de morue, le quinquina.
PARALYSIE RADICULAIRE OBSTÉTRICALE
Dans les cas de présentation vicieuse (siège, épaule) ou de rétrécissement du bassin, quand on est obligé d'exercer des tractions vigoureuses pour avoir l'enfant, on produit assez souvent des tiraillements du plexus brachial qui se traduisent par une paralysie plus ou moins complète d'un membre supérieur ou des deux membres supérieurs.
Le bras de l'enfant pend inerte le long du corps ; si on le soulève, il retombe de tout son poids. On constate que la paralysie porte sur le deltoïde, le sous-épineux, le biceps et le brachial antérieur dans la majorité des cas. Parfois tous les muscles sont paralysés et la sensibilité est abolie. La paralysie radiculaire obstétricale se distingue par sa localisation, par son étiologie, de la paralysie cérébrale; elle se distingue de la paralysie atrophique par sa précocité, sa curabilité fréquente. La paralysie syphilitique de Parrot ne survient pas aussitôt et s'accompagne de lésions osseuses (hyperostose.
décollement e'piphysaire). Quand un membre est paralysé, on cherchera l'état des os, pour ne pas méconnaître une fracture ou une luxation obstétricale.
TRAITEMENT
La plupart des paralysies obstétricales guérissent bien par les frictions stimulantes (baume opodeldoch, eau-de-vie camphrée), les bains salés, le massage, les courants interrompus, les courants continus.
Le traitement électrique sera institué de bonne heure ; trop tardif, il serait impuissant. Quand on emploie les courants continus, on applique le pôle positif au-dessus du point d'Erb (tubercule carotidien) et le négatif sur les muscles paralysés. L'intensité du courant ne dépassera pas 10 à 120 milliampères.
Quelquefois la paralysie persiste en dépit de tout traitement; elle est suivie d'atrophie et d'impotence absolue. Le pronostic sera fâcheux si la réaction de dégénérescence est constatée.
La pelade, alopécie en aires, est caractérisée par des places blanches, ivoirines, dénuées de poils, au milieu des cheveux. De la tête, où elle siège d'habitude, la pelade peut gagner les sourcils, les cils, et se généraliser à tout le corps. Cette maladie est, dans la plupart des cas, contagieuse, et sévit parfois dans les écoles et les pensions à la manière d'une véritable épidémie. MM. Vaillard et Vincent ont décrit un diplocoque dans les follicules pileux: est-ce le microbe de la pelade ?
Le début a lieu par un point blanc qui s'agrandit excentriquement et peut s'unir à d'autres plaques.
En général, le nombre des plaques est limité : une, deux, trois.
Quand la maladie doit guérir, on voit la surface blanche se recouvrir de poils follets, plus pâles que les anciens, qui se foncent ensuite. La guérison est la règle, elle se fait souvent attendre plusieurs mois. On distingue aisément la pelade de Talopécie syphilitique, de l'alopécie des nouveau-nés qui ne procèdent pas par plaques isolées et sévissent à un âge plus tendre. La plaque tricophytique n'est pas glabre, blanche, mais grisâtre, grenue, parsemée de cheveux cassés.
TRAITEMENT
On a obtenu, chez quelques enfants, un succès assez rapide à l'aide de badigeonnages de teinture d'iode répétés tous les deux jours. Mais il y a des cas rebelles qui exigent une intervention plus énergique ; l'emplâtre vésicatoire ou mieux le vésicatoire liquide de M. Bidet a donné de nombreux succès à M. Yidal.
L'épilation dans une zone de 1 à 2 centimètres autour des plaques est un bon moyen d'arrêter les progrès du mal.
Après avoir savonné la tête tous les matins, on lotionnera avec les mixtures suivantes :
% Acide acétique 1 gramme.
Chloral 5 —
Ether sulfurique 30 —
% Acide acétique cristallisablc. ) ~ .
^ „, , , ^ aa. . 1 gramme.
Chloroforme. \ ^
Eau distillée 2 —
(E. Bksnier.)
% Alcool camphré 100 grammes.
Essence de térébenthine 25 —
Ammoniaque 5 —
(Lotion excitante de Saint- Louis.)
% Biiodure de mercure 0 gr. 20.
Bichlorure de mercure 1 gramme.
Alcool à 90° 40 —
Eau 2o0 —
(QUINQUAUD.)
% Baume de Fioravauii. ) ^ ,^,,
., 1 , , aa 100 f^rammes.
Alcool camphre. \ ^
Ammoniaque 6 —
M. O^^inquaud conseille d'appliquer tous les sixjours la pommade suivante :
% Acide chrysophanique. j
— salicylique. / âa 2 grammes.
— borique. '
Vaseline 100 —
Hardy employait :
% Camplire 1 gramme.
Turhith minéral 2 —
Axonge 30 —
Busquet fait tous les jours un badigeonnage au pinceau de coton avec :
% Essence de cannelle de Chine. , . 10 grammes. Ethersulfurique faiblement alcoolisé. 30 —
M. Hallopeau a essayé l'essence de Wintergreen.
M. Duncan-Bulkley, avec un petit écouvillon d'ouate hydrophile trempé dans l'acide phe'nique à 95 p. 100, frictionne la plaque peladique une ou plusieurs fois à 15 jours d'intervalle.
M. Châtelain a recommandé les applications de collodion iodé faites toutes les semaines.
% Iode 1 gramme.
Collodion 30 —
M. P. Raymond recommande de laver la tête deux fois par semaine avec du savon phéniqué, et de faire tous les matins une friction avec :
% Blchlorure de mercure 0 gr. ;J0.
Teinture de cantharidcs 25 grammes.
Baume de Fioravanti 50 —
Eau de Cologne 150 —
Le soir les plaques sont frottées avec :
% Acide salicylique 2 grammes.
Naphtol ,3 10 —
Acide acétique cristallisablc 15
Huile de ricin 100 —
Le traitement général, pour être moins important que le traitement local, ne sera pas négligé. On donnera l'huile de foie de morue, le sirop d'iodure de fer ; on conseillera le changement d'air, la campagne, les bains de mer, les eaux chlorurées sodiques (Salins, Salies), les eaux sulfureuses (Luchon, Barèges). Si l'enfant ne peut se déplacer, on donnera à domicile des bains salés ou sulfureux, des douches froides.
La prophylaxie repose sur l'isolement des enfants malades (exclusion de l'école), sur la propreté (cheveux ras, tête savonnée tous les jours, toujours couverte), sur la désinfection de tous les objets de toilette, et l'usage exclusif à l'enfant des oreillers, literie, etc.