‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 212 sur 308 · PEMPHIGUS · texte numérisé non relu

PEMPHIGUS

Les enfants peuvent être atteints de plusieurs variétés de pemphigus : 1° pemphigus aigu des nouveau-nés ou des enfants plus âgés, maladie infectieuse et parfois épidémique dans les maternités et les asiles d'enfants trouvés, s'annonçant par la présence de bulles arrondies, larges, occupant différents points du corps, le cou, le dos, les membres, respectant la plante des pieds et la paume des mains, s'accompagnant souvent de fièvre, d'adynamie, et pouvant entraîner la mort; '2" pemphigus syphilitique presque toujours congénital, affectant spécialement les régions respectées par le précédent (paume des mains et plante des pieds), présentant des bulles moins claires, plus troubles, coïncidant avec d'autres manifestations syphilitiques; 3° pemphigus à rechute, pemphigus chronique ou invétéré, dermatose spéciale dont la nature intime est mal déterminée.

PÉRICARDITE. 443

TRAITEMENT

Le pemphigus épidémique des nouveau-nés sera traité localement, comme une brûlure (onction avec la vaseline salolée ou boriquée à 1 p. 10, enveloppement avec le coton stérilisé). Gomme traitement général, on essaiera la quinine en suppositoires :

% Beurre de cacao 2 grammes.

Bromhydrate de quinine 0 gr. 10.

Pour un suppositoire, qu'on introduira matin et soir.

Si les enfants sont atteints de débilité congénitale, on les mettra dans la couveuse et on leur fera respirer de l'oxygène.

L'alimentation par une bonne nourrice ou, à son défaut, par le lait stérilisé, est de rigueur. On veillera à la propreté absolue de l'enfant, et pour cela on prescrira des bains quotidiens au sublimé (1 gramme par bain). On peut encore essayer les bains tièdes additionnés de 50 grammes de borax.

On isolera complètement les enfants atteints de pemphigus aigu.

Le traitement du pemphigus syphilitique ne diffère pas de celui de la syphilis héréditaire en jgénéral (voyez ce mot).

Quant au pemphigus chronique, outre le traitement local antiseptique, par les pommades ou les poudres, on conseillera la cure de la Bourboule, et, si elle ne réussit pas, Royat, Ghalles, Uriage.

PÉRICARDITE

La péricardite est très fréquente et très dangereuse chez les enfants ; elle dépend du rhumatisme le plus souvent, de la chorée, de la scarlatine, du mal de

Bright, de la tuberculose, de la pneumonie, de la pleurésie, de l'ostéomyélite. C'est dire que les agents pathogènes de l'inflammation séreuse ou purulente du péricarde, sont variables : streptocoque, staphylocoque, pneumocoque, bacille deKoch.

La péricardite est sèche ou avec épanchement. La première se traduit par des frottements à l'auscultation ; la seconde, par unematité précordiale à base inférieure, avec assourdissement des bruits du cœur. Elle peut être confondue avec la pleurésie médiastine ou enkystée. Le liquide épanché est tantôt clair, tantôt purulent ou hémorrhagique. On soupçonnera la purulence à l'intensité de la fièvre, à la gravité de l'état général, à la faiblesse du pouls. Mais la ponction exploratrice sera nécessaire pour l'affirmer.

La péricardite est souvent méconnue, et l'auscultation systématique du cœur s'impose chez tous les enfants atteints d'une maladie aiguë.

Si la péricardite est sèche ou à faible épanchement, on l'attaquera par les révulsifs : ventouses scarifiées, vésicatoires volants sur la région précordiale.

En même temps on donnera les purgatifs et les diurétiques, qu'on pourra associer dans la formule suivante :

% Poudre de digitale. \

— de scille. / âa. . . . 0 gr. 03.

— de scammonée. )

Excipient et glycérine Q. s.

Pour une pilule; en prendre 2 à 3 par jour (enfant de 6 à 15 ans).

Si le rhumatisme est en cause, on s'adressera au salicylate de soude.

Si le cœur s'affaiblit, si le pouls devient insensible, si la syncope est imminente, on fera des injections d'éther et de caféine.

PERITONITE AIGUË. 445

L'épanchement est-il très abondant, il faut faire la paracentèse du péricarde : on se servira de l'appareil Potain et d'une aiguille assez fine préalablement stérilisée par la chaleur ou l'acide phénique à I p. 20. On lave la peau au sublimé à 1 pour 1000 ainsi que les mains de l'opérateur, et on ponctionne au niveau du •4^ ou du o*' espace intercostal, à 6 ou 8 centimètres à gauche du sternum. On se guidera d'ailleurs sur la matité et les battements du cœur.

Quand l'épanchement est purulent, la ponction aspiratrice simple ne suffit pas, il faut ouvrir largement le foyer, l'irriguer, le drainer au besoin ; on a même fait quelquefois la résection d'une côte. Après l'ouverture, analogue à celle de l'empyéme, on lave le foyer avec une solution de sublimé à 1 p. 2000. Pansement avec la gaze iodoformée et l'ouate hydrophile.

Faut-il d'emblée faire l'incision dans tous les cas de péricardite suppurée ?

La règle est la même que pour la pleurésie : on doit essayer une, puis plusieurs ponctions; si l'état s'agsrrave, on a recours à l'incision.

PERITOMTE AIGUË

La péritonite aiguë s'observe à tous les âges; chez les nouveau-nés, elle peut exprimer la septicémie puerpérale, ou succéder à l'inflammation de l'ombilic ; plus tard elle est traumatique, ou consécutive à une lésion des viscères abdominaux, à une perforation de l'intestin (fièvre typhoïde, tuberculose), de l'appendice (pérityphlite), de la vésicule biliaire (calculs).

Suivant la cause qui lui aura donné naissance, on trouvera dans les exsudats péritonéaux le streptocoque, le pneumocoque, le bacterium coli, etc. La péritonite

aiguë se traduit par la douleur vive, le ballonnement du ventre, les vomissements, la fièvre, la petitesse et la fréquence du pouls. Elle se distingue de la péritonite tuberculeuse par son début soudain, sa marche rapide et bruyante ; de l'invagination intestinale, par sa haute thermalité, l'absence d'arrêt complet des matières, l'absence de mélsena.

TRAITEMENT

Au début, on agira par les antiphlogistiques (5 sangsues loco dolenti\ cataplasmes laudanisés, vessie de glace sur le ventre.)

On prescrira ensuite des onctions abdominales avec l'onguent napolitain belladone, des bains tièdes prolongés (32° à 34-'').

Quelquefois l'application de collodion élastique soulage la douleur et modère le travail inflammatoire.

L'opium remplit une double indication : il calme la douleur et immobilise l'intestin. On le prescrira à doses fractionnées, et en surveillant son emploi ; on pourra l'associer au calomel, à l'ipéca :

^ Calomel 1 gramme.

Extrait d'opium 0 gr. 20.

Poudre de Dower 0 gr. 80.

Faire 20 paquets, 4 à 6 par jour, pour un enfant de 7 à 10 ans.

On peut donner le sirop de chloral (10, 20 à 30 gr.) à la place de l'opium.

L'enfant ne prendra que des liquides glacés, du lait, du Champagne, des grogs légers.

Si les moyens médicaux échouent, on aura recours à la laparotomie, qui permettra de découvrir la source du mal et de remédier directement à la péritonite. S'il s'est formé un abcès péritonéal, l'indication formelle est de l'ouvrir aseptiquement.

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