‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 220 sur 308 · PNEUMONIE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE

la forme pseudo-lobaire do la broncho-pneumonie : la première est primitiA'e, la deuxième secondaire ; celle-là est cyclique, celle-ci ne l'est pas.

La congestion pulmonaire a une marche plus rapide.

La pleurésie donne plus de matité, de l'égophonie, pas de râles ; la ponction exploratrice servira au diagnostic.

TRAITEMENT

Dans les formes régulières et bénignes, on s'abstiendra d'une médication active; la diète lactée, les ventouses sèches, un léger purgatif suffiront.

On s'abstiendra surtout des médications perturbatrices et débihtantes, du tartre slibié, de la saignée.

Dans les formes graves, hyperthermiques, délirantes, l'action thérapeutique s'impose. Localement, on appliquera des ventouses sèches, quelques ventouses scarifiées si le point de côté est violent, ou un cataplasme sinapisé. Le vésicatoire m'a paru inefficace : si on en met un, qu'on le prescrive petit et qu'il ne reste pas plus de trois heures.

S'il y a beaucoup d'agitation et d'insomnie, on prescrira le chloral :

9^ Eau distillée 40 grammes.

Sirop d'orange 20 —

Hydrate de chloral 0 gr. oO

A prendre le soir en trois ou quatre fois pour un enfant de 5 ans; augmentez de 0 gr. 10 par année d'âge.

La quinine, qu'on pourra donner à titre de tonique à faible dose (10 à 20 centigrammes) ne peut rien contre la fièvre pneumonique.

L'alcool est indiqué dans la plupart des cas; on ne dépassera pas la dose de 20 à 30 grammes de cognac ou rhum par jour.

% Julep gommeux 60 grammes.

Cognac 20

Extrait de quinquina 1 —

Par cuillerées à café d'heure en heure, pour un enfant de 4 à 5 ans.

Quand le pouls est faible et fréquent, on prescrira la digitale ou la caféine :

% Eau distillée de menthe 40 grammes.

Sirop de tolu 20 —

Teinture de digitale V à X gouttes.

Par cuillerées à dessert de deux en deux heures, pour les enfants de 4 à 8 ans,

% Eau de fleurs d'oranger 40 grammes.

Sirop de quinquina 20 —

Sirop de digitale 5 —

Benzoate de soude 1 —

Caféine 0 gr. 50

Par cuillerées à café d'heure en heure, pour un enfant de 5 à 10 ans.

En cas de tendance au collapsus, on fera des injections sous-cutanées d'éther sulfurique et de caféine :

% Benzoate de soude 2 gr. 50

Caféine 2 grammes.

Eau distillée de laurier- cerise. . . , Q. s. p. 10 ce. 1/2 seringue de Pravaz trois fois par jour, pour un enfant de 6 à d2 ans.

On purgera l'enfant au moins une fois au début de sa maladie (huile de ricin, sulfate de soude) ; s'il y a complication bronchitique et toux violente, on donnera un ipéca.

Pour peu que les symptômes généraux (fièvre, adynamie, délire) soient intenses, on fera sagement d'employer les bains froids, qui, s'ils n'abrègent pas la durée de la maladie, produisent presque toujours un soulagement des plus appréciables.

On commencera parmi bain à 25° pendant 5 à 10 minutes ; si l'enfant le supporte bien, on le répétera 3 ou 4 fois par jour, etonle prolongera un quart d'heure.

PNEUMOTHORAX. 471

Dans les cas graves, la température du bain sera abaissée à 20°. Sous l'influence des bains froids, on voit la température baisser, le pouls se ralentir, la dyspnée diminuer, et l'enfant accuser un bien-être inusité.

HYGIÈNE THÉRAPEUTIQUE

La chambre sera vaste, modérément chaufl'ée (16° à 17°), mais surtout bien aérée et ventilée fréquemment; on pourrait laisser la fenêtre entr'ouverte. Il faut faire arriver aux poumons un air pur : les inhalations d'oxygène sont à ce titre indiquées. Alimentation liquide : lait, bouillon, tisanes.

Il faut partir de cette idée que la pneumonie est une maladie contagieuse : tout enfant sera éloigné des personnes atteintes de pneumonie ; tout enfant atteint de pneumonie doit être isolé, et les objets qu'il a pu contaminer seront désinfectés par le sublimé à 1 p. 1000 ou par l'étuve à vapeur sous pression.

Après la guérison, on fera prendre des bains généraux, et des gargarismes antiseptiques (boriques ou salicylés).

PNEUMOTHORAX

Le pneumothorax est rare chez les enfants ; il reconnaît pour cause la tuberculose pulmonaire, l'emphysème, les corps étrangers des voies aériennes, la gangrène du poumon, les quintes de toux, etc. Il s'accuse par une voussure, une sonorité exagérée avec perte des vibrations, le souffle amphorique, le bruit de succussion hippocratique, le tintement métallique, le bruit d'airain. Parfois il est latent et ne se révèle qu'à la succussion du thorax. On a décrit un pyo-pneumo-

thorax sous-diaphragmatique en relation avec la péri-

typhlite.

TRAITEMENT

Contre la douleur et l'anxiété du début, on emploie les ventouses sèches et les cataplasmes sinapisés sur la poitrine. Si l'asphyxie est imminente, on fera la ponction avec aspiration de l'air. S'il y a pyo-pneumothorax avec fièvre, infection, fétidité, on fera la pleurotomie antiseptique comme dansl'empyème. Le pneumothorax guérit assez souvent sans intervention.

POLYADENITE CERVICALE CHRONIQUE

Sous le nom de polyadénite, polyadénopathie infantile, micro-polyadénopathie cervicale, M. Legroux a décrit une forme de tuberculose ganglionnaire insidieuse des enfants du premier âge. On sent, sur les côtés du cou principalement, et parfois aussi aux aines, aux aisselles, de petits ganglions durs, roulant sous le doigt, indolores. Ces petits ganglions révéleraient l'existence d'une tuberculose latente K Gela est possible pour certains cas, mais souvent l'engorgement ganglionnaire s'explique par des lésions cutanées de voisinage, eczéma, impétigo, phthiriase.

TRAITEMENT

L'enfant suspect sera soumis à une bonne hygiène alimentaire, à l'usage de l'huile de foie de morue, du sirop iodo-tannique ou antiscorbutique, aux bains salés quotidiens. S'il a dépassé le premier âge, on l'enverra aux eaux chlorurées sodiques (Salies-de-Béarn,

i. Marinescu, Thèse de Paris, 1890.

POLYURIE. 473

Salins). Localement, on fera des badigeonnages de teinture d'iode répétés tous les deux ou trois jours.

POLYURIE

La polyurie, ou diabète insipide, est caractérisée par l'émission d'une quantité exagérée d'urine pâle, peu dense, sans augmentation d'urée.

Quand l'urée augmente notablement, il y a azoturie. Cette maladie s'observe surtout chez les enfants de souche nerveuse, chez les dégénérés. Elle peut être occasionnée par un traumatisme crânien, par une émotion, une frayeur, un refroidissement, une maladie aiguë (fièvre palustre).

Le diagnostic repose sur la mesure des urines de la journée, la fréquence des mictions, l'analyse chimique, les stigmates nerveux. La polyurie s'observe surtout dans la seconde enfance.

Il existerait, dans l'Inde, chez des enfants très jeunes (1 à 2 ans), une polyurie spéciale survenant au moment des chaleurs, sujette à récidive, et guérissant bien par la belladone à hautes doses (Brunton, British med. Journ., 1892).

L'enfant polyurique sera chaudement vêtu ; on fera fonctionner la peau à l'aide des bains chauds, des frictions, des douches chaudes. On donnera les toniques et les amers (quassia, gentiane, quinquina, fer, huile de foie de morue).

Les médicaments à essayer sont : l'opium, qu'on prescrira à doses fractionnées (un centigramme d'extrait thébaïque cinq fois par jour pour un enfant de 10 ans), la valériane (2, 3, 4 grammes d'extrait, en bols ou en électuaire, avec du miel, de la confiture), la belladone

(1 à 5 centigrammes d'extrait, 15 à 20 grammes de sirop), le bromure de potassium (3 à 4 grammes), l'antip3Tine (mêmes doses). On peut donner des doses fortes, à cause de la rapidité d'absorption et d'élimination. Dans quelques cas, les courants continus donneront de bons résultats.

L'enfant sera mis au repos, à l'abri des fatigues, des émotions, des intempéries.

Autant que possible, on donnera des boissons chaudes, ce qui préviendra l'abus dans une certaine mesure.

PROLAPSUS DU RECTUM

Le prolapsus ou chute du rectum consiste dans la descente, hors de l'orifice anal, de la muqueuse rectale ou bien dans l'invagination réelle de la partie inférieure du gros intestin. Le bourrelet rouge, saignant, mollasse, qui fait saillie au dehors, peut donc être composé différemment suivant les cas : dans les cas légers, la muqueuse seule est retournée ; dans les cas graves, toutes les tuniques du rectum sont invaginées, et le boudin extérieur peut atteindre 10 centimètres de longueur et davantage.

Tantôt le prolapsus ne se produit qu'au moment de la défécation, se réduisant de lui-même ou par une pression légère; tantôt il est difficilement réductible; tantôt il est irréductible.

Les causes habituelles sont : la constipation, l'entérite aiguë ou chronique, la dysenterie, la coqueluche ; le rachitisme est une cause prédisposante ; âge habituel : 1 à 4 ans.

TRAITEMENT

La première indication est de réduire le prolapsus; la seconde, d'en prévenir le retour. Généralement il est

PROLAPSUS DU RECTUM. 475

facile de réduire la tumeur à l'aide de la pression digitale ou avec un linge enduit de vaseline. Si l'on éprouve quelque difficulté, on mettra l'enfant dans la position génu-pectorale, ou bien la tête en bas. On maintiendra la réduction à l'aide d'un tampon d'ouate fixé par un bandage en T.

On conseillera, quand l'enfant ira à la selle, de le faire asseoir sur un siège élevé, de façon que ses pieds ne touchent pas le sol. Les efforts seront ainsi moins puissants, et la tendance au prolapsus moindre. On peut encore prescrire le décubitus dorsal au moment delà défécation.

Pour réveiller la contractilité du sphincter anal, on donnera tous les jours un lavement froid; au besoin, on introduira un petit fragment de glace. Le soir, on appliquera un suppositoire ainsi composé :

% Beurre de cacao 2 grammes.

Tannin. | .

Extrait de ratanhia. ) ~^

A l'exemple de M. Vidal, on fera, au voisinage de l'anus, des injections sous-cutanées d'ergotine :

% Ergotine 1 gramme.

Hydrolat de laurier-cerise 10 grammes.

Une à deux seringues de Pravaz par jour.

ou bien :

% Eau distillée 10 grammes.

Sulfate de strychnine 0 gr. 10

Injecter V à VI gouttes de cette solution au voisinage de l'anus, dans le tissu cellulaire.

L'électrisation peut être mise en œuvre.

En même temps, on prescrira des bains salés ou sulfureux, de l'huile de foie de morue ou du sirop iodotannique, à titre de fortifiant et de reconstituant général.

La guérison sera obtenue à la longue, sans intervention chirurgicale dans la plupart des cas.

Si le prolapsus est irréductible , on sera conduit à cautériser linéairement le bourrelet avec le thermocautère, ou même à le réséquer complètement. Julliard a réséqué avec succès un boudin de 25 centimètres chez un enfant de 9 ans; le péritoine étant ouvert, il fallut suturer les deux lambeaux de la séreuse.

On combattra, par les moyens appropriés, la diarrhée, la constipation, la dysenterie (voyez ces mots), causes habituelles du prolapsus rectal. On s'opposera aux fausses envies et aux efforts intempestifs de défécation communs chez certains enfants qui en font un jeu. Si l'enfant a la coqueluche, on le soutiendra au moment des quintes, une main sur le front, l'autre au niveau de la région ano-fessière, quand on aura lieu de craindre la chute du rectum.

PRURIGO

Le prurigo est une lésion banale, reconnaissant des causes diverses : il peut être parasitaire (poux, gale), ou d'origine interne (prurigo chronique, lichen agrius, prurigo de Hébra). L'éruption est formée par des papules arrondies, excoriées par les grattages, accompagnées souvent de lésions eczématiformes, de croûtes, de fissures cutanées, de pustules^ etc. Le prurigo pédiculaire siège de préférence à la nuque et à la partie supérieure du dos ; le prurigo acarien occupe les mains, les pieds, les fesses; le prurigo de Hébra affecte surtout les bras, les jambes, parfois tout le corps. Des démangeaisons fortes, persistantes, atroces parfois, accompagnent le prurigo; elles sont plus fortes la nuit que le jour. Le strophulus se distingue du prurigo par

PRURIGO. 477

le jeune âge des sujets, la répartition discrète des papules, leur durée éphémère. L'urticaire procède par plaques rouges ou rosées, plates et larges ; mais à la longue, elle peut coexister avec le prurigo ou être remplacée par lui. L'eczéma prurigineux se distinguera par l'apparition, au début, de petites vésicules acuminées confluentes qui se déchirent ensuite et font place à des croûtes. Mais dans le prurigo de Hébra, toutes les lésions précédentes peuvent se rencontrer, l'éruption est polymorphe.

TRAITEMENT

Le traitement local du prurigo repose sur l'emploi de pom.mades, lotions, emplâtres :

% Lanoline anhydro 30 grammes.

Vaseline 20 —

Eau distillée 30 —

Mêlez intimement et faites des frictions matin et soir.

(Klein.) % Oxvdc de zinc.

c. •. . 1 V .1 , aa. . . 10 oframmes.

Sous-nitrate de bismuth.

Menthol l —

Vaseline 30 —

% Glycérolé d'amidon 99 gr. 50

Acide phénique cristallisé 0 gr. 50

(Besxier.)

% Glycérolé d'amidon 40 grammes.

Acide tartrique 1 —

Onction tous les soirs.

% Carbonate de potasse 1 gramme.

Eau de laurier-cerise 20 —

Lotion matin et soir.

Si le prurigo est d'origine parasitaire, on ne le guérira qu'en supprimant les parasites (poux, acares).

Quand le prurigo devient chronique, polymorphe

(prurigo de Hébra, lichen agrius), on a recours aux moyens suivants :

% Soufre sublime et lavô JO grammes.

Craie préparée 5 —

Huile de faine 10 —

Savon noir. 1 ^^ 20 -

Vaseline . )

Frictions malin et soir.

% Glycérolé d'amidon 40 grammes.

Goudron ou huile de cade 10 —

% Naphtol B 5 grammes.

Vaseline 100 —

Frictions quotidiennes. *

On peut encore faire des frictions avec l'huile de foie de morue; on appliquera des emplâtres faits avec cette huile. Les enveloppements avec le caoutchouc sont souvent utiles.

En même temps, on donne l'huile de morue, le sirop d'iodure de fer à l'intérieur; on surveille le régime alimentaire, dont on supprime les aliments épicés, les excitants,le vin, l'alcool, le café. On fait l'antisepsie intestinale.

Enfin on conseille une ou plusieurs cures à la Bourboule, Néris, Luxeuil, Plombières, Uriage, Luchon, Ax, Barèges, Saint-Ghristau.

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