‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 251 sur 308 · jour, bras gauche · texte numérisé non relu

jour, bras gauche

On recommencera ensuite cette série.

Quand on aura fait des frictions pendant trois semaines, on suspendra huit ou dix jours, pour reprendre, et ainsi de suite.

Par ce procédé on triomphera des syphilis les plus

rebelles, surtout si le traitement est aidé par une bonne hygiène alimentaire (allaitement maternel, allaitement au pis de l'ânesse, allaitement artificiel avec le lait stérilisé, etc.).

Quand il existe une éruption abondante de plaques muqueuses suintantes, j'ai pour habitude de prescrire les bains de sublimé, tous les jours ou tous les deux jours :

% Sublimé corrosif \ gramme.

Alcool à 90o 10 —

Eau 100 —

Verser dans l'eau du bain, c'esl-à-dire dans 20 ou 30 litres; la baignoire en bois ou en métal émaillé est de rigueur.

Pour les premiers mois, le traitement peut se borner à cela. Le traitement indirect, par la nourrice, est moins sûr, moins efficace ; il ne sera prescrit que si cette dernière elle-même a des manifestations syphilitiques.

Aux enfants les plus jeunes, on peut aussi donner le mercure par la bouche; on prescrit : Liqueur de Van Sicieten, XX à XXX gouttes par jour, dans une cuillerée à café de lait ou dans le biberon. Plus tard, on donne l'iodure de potassium, soit sous formo de sirop de Gibertà la dose de 1 - à 1 cuillerée à café dans du lait, soit sous une autre forme :

% lodure de potassium 5 grammes.

Sirop de fleurs d'oranger 100 —

Une cuillerée à café malin et soir.

Dans les cas de syphilis héréditaire tardive, avec lésions osseuses anciennes et invétérées, on insistera beaucoup sur l'usage de l'iodure de potassium, dont on portera la dose à 1, 2 ou 3 grammes, suivant l'âge des enfants.

On conseillera, comme adjuvants du traitement, les eaux sulfureuses de Challes, Luchon, Saint-Honoré, etc.

Ces procédés courants de traitement de la syphilis ne sont pas les seuls, et on en a proposé plusieurs autres dans ces dernières années. M. Quinquaud a préconisé les emplâtres mercuriels, moins puissants que les frictions, mais pourtant efficaces :

% Emplâtre diachylon des hôpitaux. 3 000 grammes.

Calomel à la vapeur 1000 —

Huile de ricin 300 —

On applique sur la peau lavée et savonnée (thorax ou dos) un carré de 5 à 6 centimètres de Templâtre, on le laisse 8 jours, et on le remplace par un autre, et ainsi de suite.

On a fait beaucoup de bruit autour d'une autre méthode, dont les avantages n'apparaissent pas en médecine infantile : c'est la méthode hypodermique ou de Scarenzio.

Les injections mercurielles hypodermiques doivent être faites aseptiquement avec l'aiguille de Pravaz enfoncée profondément dans la fesse ou entre lestrochanters. On s'est servi de la solution de peptonemercurique ammonique, qui contient un centigramme de bichlorure par gramme ; on fait une injection d'une demi-seringue tous les huit jours.

On a proposé encore les préparations suivantes :

% Huile stérilisée 10 grammes.

Biiodure de mercure 0 gr. 04

Un quart à une demi-seringue.

% Calomel à la vapeur 1 gr. 50

Huile de vaseline 15 grammes.

Un quart de seringue.

% Oxyde jaune de mercure l gr. 50

Huile de vaseline 15 grammes.

Un quart de seringue.

% Mercure purifié 20 grammes.

Teinture de benjoin 5 —

Huile de vaseline 40 —

1/10 à 1/5 de seringue.

Cette préparation, connue sous le nom dliuile grise, est moins irritante que les précédentes.

^ Sozoiodolatc de mercure 0 gr. 80

lodure de potassium 1 gr. 60

Eau distillée 10 grammes.

Une seringue par semaine.

La méthode de Scarenzio est douloureuse, expose aux abcès, elle ne trouvera que bien rarement son emploi chez les enfants.

Gomme complément de la cure, il faut assurer à l'enfant un bon allaitement : le sein de la mère est préférable à tout; s'il fait défaut, on donnera le lait d'ânesse pendant les premiers mois, le lait de vache stérilisé ensuite. Aux Enfants-Assistés de Paris, on met les syphilitiques au pis de l'ànesse : on en sauve ainsi quelquesuns.

La prophylaxie de la syphilis héréditaire est difficile, car elle touche à des intérêts et à des sentiments délicats. Il faudrait pouvoir empêcher le mariage des syphilitiques qui ne sont pas absolument et depuis longtemps guéris. Il faut traiter longtemps, deux, trois ou quatre ans, la syphilis des parents; il ne faut conseiller ou permettre le mariage à un syphilitique qu'après plusieurs années d'un traitement sérieux et la disparition complète de tout accident suspect.

Si une femme qui a eu plusieurs avortements redevient enceinte, on la traitera par le mercure et l'iodure pendant sa grossesse, et on obtiendra quelquefois un enfant à terme vivant et sain. Une mère qui a mis au monde un enfant syphilitique doit l'allaiter; elle lui assure ainsi des chances de survie, et elle ne court aucun risque. Il serait criminel de confier, à une nourrice mercenaire indemne de syphilis, un nourrisson syphili-

tique ou même simplement suspect de par ses manifestations ou ses antécédents héréditaires. Si la mère ne veut ou ne peut pas nourrir elle-même, l'allaitement artificiel seul reste à l'enfant.

Page 1