‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 278 sur 308 · URTICAIRE · texte numérisé non relu

URTICAIRE

Très fréquente chez les enfants, Turticaire est caractérisée par l'apparition soudaine de plaques rosées ou rouges, arrondies, éphémères, très prurigineuses. Elle peut être de cause externe (piqûres d'insectes, contact des orties, grattages), ou de cause interne (intoxication alimentaire ou médicamenteuse, hydatides, dyspepsie). L'urticaire est, pour moi, dans la plupart des cas, une ioxidermie et résulte d'une auto-intoxication (dilatation de l'estomac, trouhles digestifs, ahus alimentaires). L'urticaire peut être aiguë et passagère (indigestion), subaiguë, chronique ou persistante. L'urticaire aiguë est tantôt éphémère (quelques heures, une journée), tantôt plus durable et accompagnée de fièvre [fièvre ortiée). Les récidives sont très communes. Certains enfants, certains tempéraments (arthritiques, nerveux), sont prédisposés à l'urticaire. Le diagnostic de l'urticaire est très facile; la coexistence des éruptions et du prurit suffit. Cependant, dans quelques cas, on voit le visage se tuméfier en masse, les paupières se gonfler, et on pense soit à l'érysipèle, soit à une fièvre éruptive. D'autres fois l'urticaire est surmontée de vésicules ou de h\x\\Q^ [urticaire vésicideiise ou bulleuse) qui rappellent la varicelle. Quand l'urticaire est géante, elle ressemble à l'érythème noueux ou aux nodosités rhumatismales. Elle s'en distingue par le prurit et la rapidité d'évolution. L'urticaire chronique et à répétition des enfants à la mamelle peut se transformer à la longue en prurigo de Hébra.

TRAITEMENT

L'urticaire aiguë guérit toute seule; si elle dépend d'une indigestion (moules, coquillages, poissons do

mer), on se contentera de prescrire un purgatif ou un vomitif, la diète lactée (lait coupé d'eau de Vichy).

Si les démangeaisons sont très vives, on les atténuera par des lotions avec le vinaigre coupé d'eau, l'eau phéniquée à 1 p. 100, la poudre d'amidon, les préparations suivantes :

% Hydrate de chloral. \

Gomme pulvérisée. > aa 4 grammes.

Camphre pulvérisé. )

Cérat 30 —

Pour faire des onctions sur les parties malades le soir.

Le matin on badigeonne avec :

% Acide pliénique 0 gr. 45

Glycerolé d'amidon 30 grammes.

(BULKLEY.)

% Lait d'amandes 250 grammes.

Sublimé. ) ^^ Q g^ 25

Chlorhydrate d'ammoniaque.

(Hard .)

Dans les formes intermittentes, on donne la quinine (20 à 30 centigrammes).

Quinquaud conseille les lotions avec :

% Eau de laurier-cerise 50 grammes.

Chloral 5 —

OU bien avec :

% Éther 30 grammes.

Eau tiède 60 —

On peut poudrer aussi avec :

% Amidon 40 grammes.

Acide salicyJique 4 —

Menthol i —

Si les éruptions persistent ou se répètent, on pourra les combattre par l'enveloppement ouaté (Jacquet), par les bains vinaigrés, par l'antisepsie intestinale :

% Bétol 0 gr. 25

Bicarbonate de soude 0 gr. 20

Pour un paquet; six par jour dans un peu de lait sucré.

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% Benzo naphtol 0 gr. 25

Magnésie 0 gr. 20

Même mode d'administration.

On essaiera les onctions avec les xiommades acides qui parfois calment bien le prurit :

% Vaseline 40 grammes.

Acide tartrique 1 —

Essence de menthe V gouttes.

Les onctions avec un liniment mentholé sontbonnes :

% Menthol 5 grammes.

Huile d'amandes 50 —

Si l'urticaire devient chronique , on insistera sur les moyens précédents , et on aura recours aux frictions d'huile de foie de morue, et à l'usage interne de ce médicament. On peut encore employer les emplâtres à l'huile de foie de morue.

C'est dans les formes chroniques que la cure minérale est indiquée : la Bourboule, Royat, Néris, Plombières, Yichy, Saint-Gervais, Uriage.

HYGIÈNE THÉRAPEUTIQUE

L'hygiène alimentaire a une grande importance dans le traitement et ^a prophylaxie de l'urticaire. On interdira l'usage des aliments épicés, des viandes faisandées, de la charcuterie, de la salade, des fromages avancés, des coquillages et poissons de mer, des choux ;, du vin, du café, du thé, des liqueurs. La quantité des boissons (lait ou bière diluée) sera réduite au minimum (un verre à chaque repas) ; l'enfant ne boira pas en dehors des repas.

Il se couchera de bonne heure, ne veillera pas, ne sera pas excité parles soirées, spectacles, concerts, etc. On lui épargnera les émotions. On le sortira au grand air. On veillera à la liberté du ventre (laxatifs, lavements).

Si l'enfant est à la mamelle, on réglera les tettées (6 à 8 par jour, à intervalles réguliers). Si la nourrice a un régime défectueux, on le rectifiera (pas de vin pur ni de liqueurs, pas d'aliments épicés). Si l'allaitement est mixte ou artificiel, on conseillera le lait stérilisé, coupé au besoin avec une petite quantité d'eau de Vichy ou de Vais, pour en faciliter la digestion. Au moment du sevrage, on procédera progressivement, en remplaçant peu à peu les tettées par un régime qui s'en rapproche (lait, crèmes, panades).

URTICAIRE PIGMENTÉE

L'urticaire pigmentée, maladie spéciale à l'enfance, et très rare , est caractérisée par la présence de taches cutanées, saillantes, colorées en jaune, café au lait, en brun, et persistant indéfiniment. L'état général reste bon. On ne connaît pas bien la nature de la maladie, mais elle n'a de commun que le nom avec l'urticaire véritable.

TRAITEMENT

L'affection a semblé jusqu'à ce jour incurable ; toutefois , d'après P. Raymond, les poussées congestives seraient amendées par l'usage interne de la belladone, de la valériane, du bromhydrate de quinine. On prescrira donc en pareil cas :

% Teinture de belladone 2 grammes.

Teinture de valériane 2 —

X gouttes matin et soir dans un peu de lait sucré.

Bromhydrate de quinine 0 gr. 25

Pour un cachet (un à deux par jour suivant l'âge).

Contre les démangeaisons , on fera des lotions avec l'eau chloroformée, l'eau de vie camphrée, l'eau phé-

niquée, ou des onctions avec la pommade suivante :

% Axonge benzoïnéc 30 grammes.

Hydrate de chloral 4 —

On essaiera les eaux de la Bourboule, Néris, Luchon, Saint-Gervais.

La vaccine (horse-pox, cow-pox) est une maladie infectieuse et inoculable, qui préserve de la variole (Jenner, Benjamin Jesty). La vaccine ne s'observe pas spontanément chez l'homme , ce n'est pas une maladie humaine; elle a une origine bovine ou équine. Porté sur l'homme, le virus de la vaccine ou vaccin donne des pustules spéciales aux points d'inoculation; ces pustules peuvent servir à inoculer d'autres sujets (vaccin humanisé).

Aujourd'hui on a reconnu que ce vaccin, porté de bras à bras, pouvait communiquer des maladies (syphilis vaccinale), on y a renoncé généralement, et on ne se sert plus que de la vaccination de génisse à bras , ou du vaccin recueilli sur la génisse et conservé dans des tubes, sous forme de lymphe ou de pulpe glycérinée.

Après une période d'incubation de 3 ou 4 jours, la vaccine inoculée s'annonce par de petites papules qui sont surmontées de vésicules vers le sixième jour; le septième jour la vésicule s"est troublée et ombiliquée, et le huitième jour c'est une pustule franche entourée d'un cercle rouge érythémateux, et reposant sur une base dure et tuméfiée; en même temps, il y a de la fièvre, de l'anorexie, un état général plus ou moins se-

rieux; il peut y avoir aussi un rash morbilleux (roséole A'accinale). Vers le onzième ou douzième jour, la pustule se flétrit, la lymphe est remplacée par des croûtes qui finissent par se détacher au bout de 3 ou i semaines, en laissant une cicatrice déprimée, arrondie, indélébile.

Parfois la vaccine inoculée avorte (fausse vaccine), la papulation survient dès le second jour, la vésiculation et la jpustulation se font les jours suivants, et la dessiccation s'affirme dès le cinquième jour. Cette sorte de vaccinoïde préserve cependant de la variole, dans une certaine mesure.

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