CATARRHE SUFFOCANT
(Voyez Bronchite capillaire) CÉPHALALGIE
(Voyez Migraine, Croissance, Dyspepsie)
CÉPHALHÉMATOME
Le céphalhématome est une hémorrhagie sous-périostée du crâne ou sus-dure-mérienne. Cette dernière variété (céphalhématome interne) se confond, pour la symptomatologie et le traitement, avec les hémorrhagies méningées (voyez ce mot). Le céphalhématome externe est une hémorrhagie sans gravité et toujours accessible à l'intervention directe; elle résulte d'un traumatisme qui a déterminé la formation d'une poche sanguine, fluctuante, limitée à sa périphérie par un bourrelet osseux. L'indolence, la forme arrondie, les limites de cette collection en rendent le diagnqstic facile.
TRAITEMENT
Il convient le plus souvent de respecter cette bosse et d'en attendre la résorption spontanée. Pour la favoriser, on applique une couche d'ouate et un bandage légèrement compressif.
S'il y a tension excessive de la poche, on fait une ponction aspiratrice, avec la propreté désirable. S'il y avait suppuration, on ouvrirait largement, et on panserait avec la gaze iodoformée.
La chlorose [morhus virgineus) est l'anémie de la puberté; elle est l'apanage du sexe féminin. C'est une maladie d'évolution, de croissance, qui se distingue des autres anémies par l'âge et le sexe des sujets (puberté, filles), par la coloration jaune verdâtre du visage, par
les souffles vasculaires et cardiaques, par les phénomènes nerveux et dyspeptiques qui lui sont si souvent associés (anesthésie, bizarreries d'humeur, anorexie, pica et malacia, etc.). C'est la chloro-névrose qu'il faut bien distinguer de la chloro-tuberculose ou fausse chlorose ; l'examen très attentif des sommets pulmonaires s'impose pour arriver au diagnostic. Virchow a incriminé l'étroitesse congénitale de l'aorte (aorte chlorotique). Duclos (de Tours) et Andrew Clarke (de Londres) veulent que la chlorose soit d'origine intestinale (constipation, rétention des matières fécales). En réalité, nous ne savons pas ce qu'est la chlorose dans son essence, et son traitement est empirique.
TRAITEMENT
Le fer a été et est encore considéré par la plupart des médecins comme le remède spécifique de la chlorose. On l'a donné dans tous les cas et sous toutes les formes, en poudre, en solution, en sirop, en pilules, en injections sous-cutanées :
% Sous-carbonate de fer. \
Poudre de cannelle. [ aa. . . . 10 grammes. — de rhubarbe. )
Une pincée avant chaque repas.
9^ Lactate de fer. j
Poudre de rhubarbe. | na 5 grammes.
Sucre en poudre. /
Une pincée avant chaque repas.
% Lactate de fer 0 gr. 50.
Sucrate de fer 2 grammes.
Oléo-saccharure de cannelle. ... 2 — Faire six doses; deux par jour.
% Protoxalate de fer 0 gr. 10.
Poudre de Colombo 0 gr. 10.
Excipient et glycérine q. s.
Pour une pilule; deux à trois par jour.
% Chlorure de fer ammoniacal, j ^^^^ 3 ^^^^^
Galbanum. )
Assa fœtida 6 —
Castoréum 1 —
Extrait de gentiane q. s.
Pour 100 pilules; trois par jour.
% Iode 4 gr. 2o.
Limaille de fer 2 grammes.
Eau distillée 10 —
Sirop de gomme 783 —
Sirop de fleurs d'oranger 200 —
2 à 4 cuillerées à café par jour de ce sirop d'iodurc de fer.
On peut associer le sirop d'iodure de fer à la strychnine pour combattre l'atonie intestinale.
% Sirop d'iodurc de fer 200 grammes.
Sirop de sulfate de strychnine. . . 20 — 2 à 4 cuillerées à café par jour.
% Elixir de garus 500 grammes.
Citrate de fer ammoniacal 5 —
Un verre à liqueur après le repas.
(AUDHOUI.)
% Perchlorure de fer desséché. ... 1 gramme. Liqueur d'Hoffmann 1 —
C'est la teinture de Bestuchef, dont on donne V à X gouttes matin et soir.
Le fer s'associe souvent à l'arsenic :
% Liqueur de Fowler. J ~ , „
rr . ^ 4^ • . • 1 aa. . 10 grammes.
Tartrate ferrico-potassique. ) '='
X gouttes avant le repas.
Parmi les préparations ferrugineuses bien acceptées par les enfants, il faut citer le fer granulé, le peptonate de fer.
Pour les injections hypodermiques, on a proposé la solution suivante :
^ Citrate de fer 1 gramme.
Eau de laurier-cerise 10 —
Les injections sont douloureuses et d'une efficacité incertaine; elles sont peu usitées.
Les eaux minérales naturelles ferrugineuses, dont le nombre est très grand , peuvent servir d'adjuvant à la cure par le fer, mais elles ne sauraient suffire , à cause de la faible quantité de fer qu'elles contiennent. Voici les principales : la Baucbe, en Savoie (14 centigrammes de carbonate de fer par litre) ; Orezza, en Corse (12 centigrammes); Renlaigue, en Auvergne (8 centigrammes); Schwalbach, en Allemagne (8 centigrammes) ; Pyrmont, en Allemagne (7 centigrammes); Spa, en Belgique (19 centigrammes); Forges-les-Eaux , en Normandie (un peu moins de 7 centigrammes); Bussang,.dans les Vosges (3 centigrammes). Toutes ces eaux sont ferrugineuses carbonatées. Parmi les ferrugineuses sulfatées, il faut citer Auteuil-Paris, qui contient 71 centigrammes de sel par litre.
D'après M. Hayem, la cure aux eaux ferrugineuses ne guérit pas la chlorose, parce que ces eaux sont d'une digestion difficile, surtout pour des malades dyspeptiques (les chlorotiques le sont presque toutes), parce qu'elles ne contiennent pas assez de fer, parce que les malades , qui auraient besoin de repos , ne peuvent en prendre, et enfin parce que le régime des hôtels n'est pas celui qui convient aux chlorotiques. La chlorose guérirait mieux à domicile, et voici à ce sujet les conseils donnés par M. Hayem :
TRAITEMENT DE LA CHLOROSE (Haykm)
Étant donnée une chlorose bien accentuée, la première chose à faire est le repos absolu, au lit, pendant 2 à 3 semaines , surtout si l'anémie et la neurasthénie sont très prononcées.
Comme régime alimentaire , le lait et la viande crue
conviennent à la plupart des cas. C'est le régime de l'état hyperpeptique habituel de la chlorose : un verre de lait toutes les heures, 100 grammes de viande crue et râpée à midi et à 5 heures.
Au bout de huit jours, on commence l'usage du fer : protoxalate de fer, 20 centigrammes en deux pilules au moment des repas. S'il y a constipation, on donne des lavements de graines de lin, des semences de psyllium.
Au bout de quinze jours à un mois, la malade peut se lever; puis elle fait des promenades et des exercices proportionnés à ses forces.
S'il y a hypopepsie, on donnera, dans un demi-verre
d'eau sucrée après le repas, une cuillerée à potage de
la solution suivante :
% Eau 100 grammes.
Acide chlorhydrique 1 —
On ne donnera ni alcool, ni vin, ni café, ni bière, ni thé.
Le fer n'est pas le seul médicament qui convienne à la chlorose : une foule d'autres remèdes ont été employés avec des succès divers.
L'arsenic est un des bons médicaments à essayer dans les cas où le fer a échoué. On peut prescrire des granules d'arséniate de fer (1 milligramme) à doses croissantes, jusqu'à un ou deux centigrammes par jour.
On donne encore la liqueur de Fowler (V, X, XX gouttes par jour), ou une solution d'arséniate de soude :
% Sirop de quinquina 300 grammes.
Arséniate de soude 0 gr. 10.
Une cuillerée à dessert matin et soir.
L'eau de laBourboule, qui contient 28 milligrammes d'arséniate de soude par litre, sera donnée à domicile par quarts de verre (1 verre par jour). La cure à la Bourboule réussit très bien dans quelques cas, et par
l'arsenic qu'elle contient et par son altitude (830 mùtres). La médication arsenicale doit être suspendue de temps à autre (tous les 8 ou 15 jours) pour éviter l'accumulation et l'intolérance.
Le manganèse, métal qui se rapproche du fer, a été conseillé dans les cas rebelles à son congénère :
% Carbonate de manganèse 10 grammes.
Extrait de gentiane q. s.
Pom' 100 pilules; 2 ou 3 par jour avant les repas.
% Sulfate de man2:anèse. ) ~ ...
, . , , ^ • aa 10 grammes.
lodure de potassium. \
Miel q. s.
Même mode d'emploi.
-y; Huile essentielle de thvra. ) ~ « a-
^ „ , ,. . , • aa. . . 0 gr. Oo.
Savon médicinal. \ '^
Poudre de guimauve q. s.
Pour une pilule; en prendre trois par jour.
Ces pilules auraient pour effet de faciliter la digestion ; on donne le fer en même temps.
Le sang défibriné a été prescrit par la bouche et en lavement.
Trente et un malades du service duD"" Botkine (Saint- Pétersbourg) absorbèrent deux fois par jour 60 à 100 centimètres cubes de sang de veau débarrassé de sa fibrine par le battage; sous l'influence de ce traitement, on a noté l'augmentation de poids, d'appétit, d'hémoglobine et de globules rouges, la disparition de la dyspnée, de la céphalalgie, etc.
A Lyon, M. Teissier a donné le sang de bœuf défibriné en lavements (1^25 grammes matin et soir). On donne les lavements pendant huit jours, on suspend pendant huit jours, et ainsi de suite.
On note l'augmentation de poids, de forces, d'appétit, la disparition de la pâleur, le retour des globules rouges à l'état normal.
M. Jaccoud recommande les inhalations d'oxygène,
qui sont toujours bien tolérées et répondent à une indication précise. D'après lui, les arsenicaux associés aux inhalations d'oxygène guérissent beaucoup de chlorotiques réfractaires aux ferrugineux. Neusser commence par 50 litres d'oxygène par jour, et arrive à 100 et 200 litres.
Pour les partisans de l'origine intestinale de la chlorose, le traitement par les purgatifs doit être mis au premier plan; on y ajoutera l'antisepsie intestinale.
Pour beaucoup, l'hydrothérapie (douches froides, douches écossaises, drap mouillé, bains salés, bains sulfureux) rend de grands services aux chlorotiques. On peut ajouter à ces pratiques le massage, les frictions, même la faradisation. Quelques auteurs ont conseillé les bains chauds, les bains de vapeur : cette sudation provoquée ne me paraît pas favorable à la généralité des cas. J'en dirai autant des saignées petites répétées qu'on a essayé de faire revivre ; ce sont des traitements paradoxaux qui ne méritent pas de nous arrêter.
M. Peter, outre les douches progressivement refroidies, les bains de mer, conseille la gymnastique, le jardinage, l'équitation. On pourrait, au même titre, recommander le vélocipède I
Pour combattre le ballonnement après le repas, il prescrit un des cachets suivants, à prendre avant chaque repas :
% Craie lavée. ]
Poudre de café torréfié. > âa. ... 0 gr. 20.
Poudre de rhubarbe. )
Limaille de fer 0 gr. 05.
S'il y a de la douleur, il ajoute un centigramme d'opium brut, et un centigramme de poudre de noix vomique si le ballonnement est trop marqué.
Au point de vue du régime alimentaire, il veut qu'on laisse les chlorotiques manger à leur fantaisie la salade, le vinaigre, les cornichons, le jambon et tout ce qui leur plaira.
Pour remplacer le vinaigre, dont quelques-unes sont friandes, il donne une cuillerée à la fin du repas de la potion :
% Acide chlorhydrique officinal. . . VI gouttes.
Eau filtrée 120 grammes.
Sirop de limon 20 —
En résumé, le fer reste le médicament quasi-spécifique de la chlorose; mais il ne faut pas en user toujours et quand même : l'arsenic peut le remplacer.
A côté des médicaments, il faut faire une large place à l'hydrothérapie, au repos, au régime alimentaire.
Les exercices, les jeux au grand air, les efforts ne conviennent qu'à la période de décroissance de la maladie, et pour parachever la guérison. Les stations d'altitude sont bonnes pour la plupart des chlorotiques.
Le choléra indien ou asiatique se manifeste par des vomissements et des selles profuses, par le collapsus, l'algidité, la disparition du pouls dans les cas graves. Les enfants présentent des marbrures sur les membres; ils accusent des crampes, du refroidissement des extrémités; leur voix s'éteint, et ils succombent avec les mêmes symptômes que dans le choléra nostras (voyez Diarrhée cholériforme). Mais dans le choléra asiatique l'examen bactériologique révèle la présence du bacille vi7'gule déconxeri par Koch.
TRAITEMENT
Dans les formes légères (cholérine), il suffira de mettre l'enfant à la diète, lait coupé d'eau de riz, de donner un peu de bismuth, pour obtenir la guérison. On se comportera comme en présence de la diarrhée (voyez ce mot).
Dans les cas graves, on donnera à l'enfant du calomel, à la dose de 5 centigrammes toutes les deux heures ou bien on formulera une potion à l'acide lactique.
La soif étant très vive, on pourra employer l'acide lactique en tisane :
% Acide lactique 5 grammes.
Sirop de coings 60 —
Essence de menthe X gouttes.
Eau pure 500 grammes.
Une cuillerée à soupe toutes les dix minutes.
Si cette boisson n'est pas tolérée, on donnera la potion de Rivière, ou un sirop mêlé d'eau de Seltz, un peu de Champagne.
Pour réchauffer l'enfant, on fera des frictions avec des flanelles chaudes ou avec le mélange suivant :
% Baume opodeldoch. / Éther. I Éia
Vinaigre. '
On mettra des boules d'eau chaude aux pieds et le long des jambes et on donnera des bains chauds.
Les inhalations d'oxygène, les injections sous-cutanées d'éther, de strychnine, serviront à ranimer l'enfant en proie au collapsus.
% Sulfate de strychnine 0 gi'- 05.
Eau de laurier-cerise 50 grammes.
1/2 seringue de Pravaz matin et soir.
On fera en même temps le lavage de l'estomac avec l'eau bouillie ou l'eau boriquée à 2 ou 3 p. 100. On y
ajoutera des irrigations de l'intestin, avec le lavement modifié de Gantani :
% Eau bouillie 1 litre.
Acide tannique 5 grammes.
Gomme arabique 30 —
Laudanum V gouttes.
On portera ce lavement à la température de 38°.
S'il y a suppression du pouls, on fait la transfusion sous-cutanée ou intra-veineuse de sérum artitîciel.
Pour l'injection sous-cutanée, on se servira de l'appareil de Gimbert, de Burlureaux, du transfuseur Collin, d'un simple vase à tubulure muni d'un long caoutchouc terminé' par une aiguille de l'appareil Potain.
On introduit sous la peau du ventre ou des fesses 100, 1.50, 200 grammes du liquide suivant, à la température de 38°:
% Eau stérilisée 1 litre.
Bicarbonate de soude 3 grammes.
Chlorure de sodium 4 —
(Caxtaxi.)
OU bien :
% Eau stérilisée 1000 grammes.
Chlorure de sodium 5 —
Sulfate de soude 10 —
Hayem.)
On se sert de ce dernier liquide aussi pour la transfusion intra-veineuse. Gaillard choisit la veine saphène interne : on introduit graduellement 500 grammes de liquide (enfants de 5 à 10 ans). On peut répéter la transfusion deux ou trois fois, parfois davantage; elle est réservée aux cas très graves.
Ladésinfecîionprophylactiquedeslocaux, objets, vêtements, vases de nuit, fosses d'aisance qui ont pu être souillés par les cholériques s'impose dans toute sa rigueur.
(Voyez Diarrhée cholériforme)