‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 10 sur 367 · ABCÈS MULTIPLES DES NOURRISSONS · texte numérisé non relu

ABCÈS MULTIPLES DES NOURRISSONS

Il se produit quelquefois, chez les enfants mal nourris, maigres, athrepsiés ou malpropres, de petits abcès du tissu cellulaire sous-cutané. Ils siègent surtout dans les régions où la peau est mince, où le tissu graisseux est peu abondant: cuir chevelu, coudes, talons, abdomen, région anale. Ils se distinguent des furoncles par l’absence de bourbillon. Les microbes

ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIEN.

rencontrés dans ces foyers inflammatoires sont des staphylocoques qui ont sans doute pénétré dans la peau, les glandes sudoripares ou sébacées, par quelque érosion due aux frottements, pressions, traumatismes divers. Les abcès des nourrissons peuvent aussi résulter d’une galactophorite de la nourrice. L’origine endogène de ces abcès est plus rare que l’origine exogène. L’infection se fait dans la peau et par la peau (Hulot.)

TRAITEMENT

On incisera les collections avec la pointe du bistouri, et après avoir vidé l’abcès, on pansera à la gaze iodoformée ou salolée. Si l’abcès est volumineux, on pourra le laver avec une solution d’acide salicylique à 1 p. 500, ou d’aoide borique à 4 p. 100. Un bon moyen de traiter et surtout de prévenir les abcès multiples des nourrissons, c’est d’assurer la propreté absolue de la peau à l’aide des bains antiseptiques (1 gramme de sublimé et de chlorure de sodium pour dix litres dans une baignoire en bois).

ABCÈS BÉTRO-PIIARYNGIEN

L’abcès rétro-pharyngien est une maladie du premier âge, tantôt symptomatique d’une lésion vertébrale, tantôt spontanée, chez des enfants cachectiques, athrepsiés, mal nourris. Il se traduit par un gonflement médian du fond de la gorge, avec dysphagie, dyspnée, cornage môme dans quelques cas. L’abcès est quelquefois latéral ; il peut être supérieur, moyen, inférieur. La vue et le toucher font aisément reconnaître l’abcès; il n’est pas toujours facile de savoir quelle en est la cause. C’est d’ailleurs une maladie rare.

TRAITEMENT

Il n’y a pas deux indications, il n’y en a qu’une : ouvrir l’abcès au plus tôt. Pour cela, on abaisse la langue de l’enfant, on le place en face d’un bon éclairage, et, avec un bistouri dont la base a été préalablement entourée de diachylon, on plonge hardiment au milieu de la tumeur. Puis on incline vivement la tête de l’enfant pour que le pus ne pénètre pas dans les voies aériennes.

On peut ensuite faire une irrigation boriquée (3 p. 100) de la gorge ou des attouchements au pinceau avec :

% Acide salicylicjue 0 gr. 50

Alcool à 90° 10 grammes.

Glycérine 30 —

On a parfois remplacé le bistouri par le trocart.

Quelques chirurgiens, pour faciliter l’antisepsie du foyer, ont fait l’incision derrière le sterno-mastoïdien, puis, s’aidant de la sonde cannelée, ont pu évacuer le foyer par la voie cutanée, irriguer l’abcès, le drainer, etc. Le Dr Reverdin a ouvert avec succès par ce procédé, dit de Burckhardt, les abcès tuberculeux rétro-pharyngiens du mal de Pott cervical. Phocas [Semaine médicale, 1892) préfère la voie cutanée à la voie buccale, car elle permet la chloroformisation, assure l’antisepsie et l’hémostase, et met à l’abri des dangers (hémorragie, pénétration du pus dans la trachée, dans l’estomac) inhérents à la méthode buccale.

Dans quelques cas (abcès saillant à l’extérieur), l’ouverture par la peau s’impose ; mais la voie buccale doit rester la méthode de choix, dans les abcès chauds, comme l’a parfaitement montré le D1' E. Rochard ( Médecine infantile , 15 janvier 1894).

ACARE (Voyez Gale)

ACHONDROPLASIE

L’achondroplasie est une maladie osseuse du fœtus qui a été confondue avec le rachitisme. Son étude a été faite par Parrot, Porak, Maygrier, etc. Le rachitisme, la syphilis expliquent les fractures intra-utérines qu’on attribue trop facilement au traumatisme. L’achondroplasie se caractérise par des déformations du squelette fœtal portant sur les os longs des membres. Ces os sont raccourcis, durs et compacts, épais, toujours incurvés dans le môme sens. H y a souvent épaississement de la peau, hydrocéphalie, etc. La lésion débute dès les premiers mois et accomplit son évolution dans la première moitié de la grossesse; à la naissance, on se trouve en face de lésions guéries. Le rachitisme fœtal n’est pas symétrique, il atteint les

ACHONDROPLASIE.

côtes, les os sont médullisés; il prédispose aux fractures, il se développe dans la seconde moitié de la grossesse.

Parrot a bien marqué la place de l’achondroplasie, il a montré que le cartilage primordial était altéré, perdait sa propriété ostéogénique ; les os restent courts tout en s’accroissant à la périphérie grâce au périoste. Les os, à la formation desquels le cartilage n’a aucune part, les côtes, la clavicule ont leur longueur normale. L’achondroplasie est donc une maladie du cartilage ; Müller a dit qu’il contenait plus de mucus, il présente une disposition lacunaire, les cellules sont agrandies, serrées les unes contre les autres, l’ossification du cartilage épiphyâaire est réduite à son minimum, l’ossification par le périoste persistant. Les fœtus achondroplasiques (Porak) sont remarquables par le développement normal du tronc, de la tète, qui tranche avec la brièveté des membres et par le développement exagéré de la peau qui fait des plis en divers endroits. Et Porak a retrouvé ces lésions chez l’enfant et chez l’adulte.

Sans doute ces achondroplasiques naissent habituellement avant terme et ont peu de chance de survie. Mais quelquesuns s’échappent, les lésions étant peu accusées. Parrot avait déjà vu une fillette de 7 ans et demi achondroplasique, naine, avec membres très courts et très volumineux, mains et pieds larges, tissu adipeux abondant, ensellure lombaire, etc.

Porak a vu une femme de 27 ans possédant le tronc et la tête de son âge, avec des membres remarquablement courts (taille lm,15). Cette femme a donné le jour à une fillette pesant 3 6o0 grammes, achondroplasique comme elle. L’hérédité est donc possible. Cas analogue observé par Charpentier.

Quand les achondroplasiques vivent, ce sont des nains à membres courts, à tronc et tète bien développés, avec ensellure lombaire résultant sans doute du poids exagéré du tronc. Ces malades ont marché de bonne heure, n’ont pas de déformations thoraciques, ne sont pas rachitiques ( nains micromèles ).

TRAITEMENT

On ne connaît pas le traitement de l’achondroplasie; il y a là une anomalie d’ostéogénèse qui échappe à nos moyens d’action. Cependant, chez l’enfant achondroplasique, on pourrait essayer le traitement thyroïdien, le. massage, l’électro-thérapie, la

balnéation chlorurée sodique, les bains denier. L’iodure de potassium est à conseiller.

ACNÉ

Sous le nom d’acné, on décrit une inflammation des glandes sébacées ou des follicules pileux; il en existe un très grand nombre de variétés, rares d’ailleurs chez les enfants, et necommençant à se développer que dans la seconde enfance, aux approches de la puberté. Les filles paraissent prédisposées à l’acné ponctuée et à l’acné rosée, soit qu’elles aient le tempérament scrofuleux, soit qu’elles souffrent de dyspepsie, dilatation de l’estomac, etc.

Le traitement général s’adresse au tempérament morbide de l’enfant ou à la dyspepsie : on se trouve généralement bien de l’usage de l’huile de foie de morue, des alcalins, de l’arsenic. Si la scrofule est en cause, laBourboule, Uriage, Challes, Saint- Honoré, conviennent aux enfants acnéiques. Si l’arthritisme prédomine, on conseillera Vichy ou Royat. Le régime sera sévère : pas d’alcool, de vin, de thé ni de café, pas de charcuterie, pas de graisses, pas d’aliments épicés, viandes faisandées, poissons de mer et coquillages, choux, choux-fleurs, salades, fromage. Antisepsie intestinale, à l’aide du naphtol, du salol ou du benzo-naphtol :

Pour un paquet, à prendre de 2 en 2 heures (6 par jour).

Restreindre l’usage des boissons, ne rien prendre en dehors des repas. Purger fréquemment.

Le traitement local a plus d'importance encore que le traitement général.

Après avoir savonné la face, on appliquera le soir la mixture suivante :

% Benzo-naphtol. . . .

Bicarbonate de soude

0 gr. 25 0 gr. 25

% Soufre précipité et lavé.

Glycérine pure

Carbonate de potasse .

Eau de laurier-cerise. .

Alcool

10 grammes.

ACNÉ.

Le lendemain, on enlève ce mélange et on le remplace par de la glycérine (Kaposi.)

On peut encore savonner à l’eau chaude et faire une lotion

avec :

% Soufre 1 gramme.

Alcool camphré 5 —

Eau calcaire 80 —

Ou appliquer la pommade :

% Soufre 1 gramme.

Axonge 30 —

Acide phénique X gouttes.

Carbonate de potasse 1 gramme.

Ou enduire au pinceau avec :

% Soufre précipité. 13 grammes.

Glycérine. 13 —

Alcoolé de camphre 30 —

Eau 100 —

Unna applique la pâte suivante :

% Soufre précipité

Carbonate de chaux. . . ) ~

Oxyde de zinc | aa<

Riz pulvérisé

Glycérine

Eau

40 grammes.

Besnier fait appliquer le soir et enlever le matin avec un peu d’ouate huilée :

% Résorcine . 3 grammes.

Poudre d’amidon . ... i ~ „

Oxyde de zinc J aa. . .

Vaseline 15 —

Contre l’acné ponctuée et les comédons, il conseille de mettre tous les soirs, pendant huit jours :

% Acide salicylique 2 grammes.

Soufre précipité 1 ~ r;n

Savon mou de potasse. . j ' * *

Lassar emploie les topiques suivants :

% Naphtol 10 grammes.

Soufre précipité 50 —

Savon mou. . 20 —

Vaseline. 20 —

Faire une onction avec cet onguent qu’on gardera une demi-heure ; puis lavage à l’eau chaude. Renouveler les jours suivants jusqu’à desquamation de la peau.

% Résorcine

5 grammes

Oxyde de zinc. . . .

Amidon

Vaseline ......

Même emploi.

Le remède le plus simple est le savon 'noir; on fait une onction le soir, pendant cinq jours consécutifs; on lave le matin à l'eau chaude. Il se produit une dermite qu’on traite ensuite par les émollients.

S’il y a de la couperose , on fait des lotions soufrées le soir :

% Eau 230 grammes.

Alcool 30 —

Soufre 10 —

Ou des onctions avec la pommade :

% Vaseline. 40 grammes.

Soufre 3 —

On peut se servir encore du mélange suivant :

% Soufre précipité \

Glycérine purifiée . ... I

Craie préparée > SE. . . 8 grammes.

Eau de laurier-cerise. . . \

Alcool rectifié. , .... I

On lave le soir à l’eau de son, on frictionne avec cette mixture et on recouvre. d’un, masque de gutta-percha laminée (Leroy).

On peut encore faire matin et soir des lotions avec :

% Émulsion d’amandes amères. . .

Glycérine . . "i ~

Bichlorure de .mercure . , I

Ou bien :

200 grammes.

0 gr. 10

(Goulard.)

2' Eau de roses. .

Glycérine . . . , Sulfate de soude

120 grammes.

• (Pietha-Santa.)

ACNÉ VARIOLIFORME. — ACROMÉGALIE.

Restent enfin les scarifications pour les cas rebelles ; elles doivent être fines et superficielles.

ACNÉ VARIOLIFORME

L’acné varioliforme ou molluscum contagiosum n’est pas rare chez les enfants; elle siège surtout à la face, simulant au début de petites verrues planes, puis s’accroissant, et s’ombiliquant. Quand l’acné est ombiliquée, elle simule, à s’y méprendre, des pustules dé variole ; mais il n’y a pas d’inflammation périphérique. La maladie s’inocule de proche en proche et guérit de même. Elle est parasitaire (sporozoaires) et contagieuse.

TRAITEMENT

Au début, il suffit de toucher les petites tumeurs avec la teinture d’iode pour les détruire; plus tard, la tumeur peut être enlevée au ciseau et cautérisée, soit à la teinture d’iode, soit au thermo-cautère ou au galvano-cautère. Les cautérisations au nitrate d’argent ou à l’acide chromique sont également efficaces.

ACROMÉGALIE

L’acromégalie, décrite par P. Marie, est rare chez l’enfant ; elle se manifeste par l’hypertrophie des extrémités, des mains, des pieds, de la tête. Le Dr Valdès ( Presse médicale , 22 septembre 1897) en a observé un beau cas chez un nègre de 14 ans; auparavant, Beaven Rake en avait vu un cas chez un nègre de 10 ans, Virchow un autre chez une fille de 11 ans. L’enfant voit scs pieds augmenter de volume, il est obligé de changer de chaussures avant qu’elles ne soient usées. Les mains augmentent parallèlement de volume. L’hypertrophie des extrémités contraste avec la gracilité relative du tronc. Les quatre membres s’allongent, les clavicules augmentent, la mâchoire inférieure s’hypertrophie ; cependant pas do déformation, pas d’mdème. Cyphose cervico-dorsale. On note souvent de l’apathie, de la torpeur intellectuelle, de l’asthénie musculaire.

TRAITEMENT

L’acromégalie est une maladie essentiellement chronique et progressive qui, jusqu’à présent, a échappé à toute intervention thérapeutique. On pourra essayer l’iodure de potassium, le traitement thyroïdien, la balnéation chlorurée sodique. Enfin, on a voulu faire intervenir l’opothérapie, en prescrivant l’ingestion de glande pinéale.

ACTINOMYCOSE

L’actinomycose est une maladie parasitaire due à un champignon du genre Streptothrix et nommé actinomyces. Commune chez les bovidés, cette maladie peut se rencontrer chez l’homme et dans l’enfance, sous forme d’abcès, de tumeurs puriformes siégeant aux mâchoires, ou ailleurs (plèvres, etc.). Ce qui caractérise l’actinomycose, c’est la présence dans le pus de petits grains jaunes à la limite des objets visibles à l’œil nu, d’aspect uniforme au microscope. Chaque grain est composé d’une masse centrale d’où irradient des bâtonnets renflés en massue. C’est dans les plantes, les graminées surtout, qu’il faut chercher l’origine de cette maladie des herbivores. Soltmann a vu l’actinomycose chez un enfant qui, mangeant des mures, avait avalé une barbe d’orge sauvage ; ce fragment végétal fut trouvé au centre du foyer actinomycosique. D’autres auteurs ont trouvé des fragments d’épi d’orge dans le pus. La plupart des cas s’observent à la fin de l’été, en automne, au moment du battage des céréales. L’infection débute souvent autour d’une dent cariée.

Les foyers actinomycosiques s’observent d’abord au niveau des mâchoires, puis dans les bronches et poumons, les intestins, etc. On décrit des formes cervico-faciale, thoracique, abdominale, cérébrale, cutanée, pyohémique.

Dans la première forme, la plus fréquente, on peut songera un néoplasme, à un sarcome , à une lésion syphilitique ; dans la forme thoracique, il faut éliminer la tuberculose, Yempyème vulgaire, la dilatation des bronches , Y adénopathie trachéo-bronchique. L'examen des crachats pourra éclairer le diagnostic (grains d’actinomycose). Dans tous ces cas, la formation d’ul-

ADÉNOME DE L’OMBILIC.

cérations cutanées et de fistules n’est pas rare. La forme abdominale peut simuler Y appendicite chronique (appendicite actinomycosique de Gangolphe), ou la péritonite tuberculeuse ; à la peau, l’actinomycose simule la tuberculose cutanée.

La maladie est grave et aboutit, si elle n’est pas traitée, à la mort par cachexie ; mais sa marche est lente et sa durée longue (deux à trois ans).

TRAITEMENT

L’iodure de potassium donné à doses fortes (20 à 30 centigrammes par jour et par année d’àge) est un bon remède de l’actinomycose ; on ne manquera pas de le prescrire, même s’il y a doute. Dans les foyers locaux, on pourra injecter de l’eau iodée ou iodurée. Poncet, ayant vu échouer l’iodure dans les cas graves, conseille l’extirpation des foyers actinomycosiques. S’ils ne peuvent être traités d’une façon aussi radicale, on pourra les évider, les curelter, les laver avec la teinture d’iode ou l’eau iodée. Mais, avant d’avoir recours au traitement chirurgical, l’enfant aura été saturé d’iodure de potassium à l’intérieur en allant jusqu’aux limites de la tolérance. Au point de vue prophylactique, il faut mettre en garde contre l’habitude de sucer des bouts de paille, fragments d’épi, etc.

ADÉNITE AIGUË FÉBRILE

(Voyez Fièvre ganglionnaire)

ADÉNOME DE L’OMBILIC

A côté des tumeurs ombilicales constituées par de simples bourgeons charnus, il existe de véritables adénomes , des diverticules intestinaux présentant des glandes intestinales, un épithélium caliciforme, etc. Lannelongue et Frémont ( Arch . de méd 1884), Villar ( Thèse de Paris, 1 88(>) , Phocas ( Nord méd., 1898), ont étudié ces productions.

TRAITEMENT

Quand on aura fait le diagnostic de l’adénome, on saura que les cautérisations simples ne suffisent pas ; il faudra procéder

à l’excision, en observant toutes les règles de l’antisepsie; puis on cautérisera soigneusement le pédicule avec le thermo-cautère.

ADÉNOPATHIES SCROFULO- TUBERCULEUSES EXTERNES

Les ganglions accessibles du cou, des aisselles, des aines, sont fréquemment envahis par la tuberculose. Tantôt la maladie évolue sourdement, les ganglions restent engorgés, durs, sans aboutir à la suppuration; tantôt l’adénopathie marche vers la suppuration, et les enfants sont exposés aux cicatrices écrouelleuses les plus désobligeantes. Toute adénopathie cervicale n’est pas fatalement tuberculeuse: une lésion cutanée, oculaire, buccale (carie dentaire), les angines, la phtiriase du cuir chevelu, sont des causes efficaces d’adénites aiguës, subaiguës et chroniques. Le diagnostic différentiel se fera d’après l’examen des différentes parties de la face, de la tète, du cou, des cavités naturelles.

Si l’enquête est négative, on songera alors à la tuberculose ganglionnaire.

Legroux a décrit, sous le nom de micropolyadénopathie, une forme latente de tuberculose des nourrissons qui se caractérise par la présence de petits ganglions multiples au cou, aux aines, dans les aisselles, etc.

TRAITEMENT

Le traitement général s’applique à tous les cas, suppurés ou non :

Les enfants seront condamnés pendant de longues années à l’usage de l’huile de foie de morue, des sirops anti-scorbutiques, iodo-tanniques, etc. On a conseillé Tiodoforme à l’intérieur, 5 à 1 fi centigrammes par jour, suivant l’àge.

Jeannel fait prendre une cuillerée à café par jour dans du lait, de la solution :

% Eau 100 grammes.

Bromure de sodium 10 —

Chlorure de sodium 10 —

lodurc de sodium 1 à 2 gr.

ADÉNOPATHIES SCROFULO-TU BERCULEUSES.

Poisson donne, matin et soir, dans du malaga, une cuillerée de la solution :

% Iode 1 gramme.

Iodure de potassium 4 —

Eau 250 —

On enverra les enfants à la campagne, à la mer, dans les stations minérales chlorurées sodiques de Salies-de-Béarn, Briscous-Biarritz, La Mouillère-Besançon, Salins, Bourbonne, Bourbon-rArchambault, à la Bourboule, à Sail-les-Bains, à Saint-Nectaire, à Barèges. S’ils ne peuvent se déplacer, on leur donnera des bains salés quotidiens ou des bains d’eauxmères de Salies.

Le Dr Vérité a fait remarquer que la Bourboule est spécialement indiquée lorsque les adénopathies coïncident avec des dermatoses.

Le traitement local varie suivant les cas : si l’adénopathie est médiocre, non suppurée, il suffira de la traiter par les badigeonnages iodés ou la pommade suivante appliquée matin et soir :

% Axonge benzoïnée 30 grammes.

Iodure de potassium 2 —

Extrait de ciguë 2 —

L’emplâtre de Vigo ou l’emplâtre rouge en permanence sont également de bons topiques résolutifs et protecteurs, ainsi que les compresses imbibées d’eaux-mères de Salies ou Salins.

On a conseillé encore les frictions quotidiennes ou biquotidiennes avec les diverses pommades qui suivent :

% Oxyde noir de cuivre 10 grammes.

Vaseline 50 —

% Iodure de baryum .

— de potassium Axonge benzoïnée .

% Iodure de plomb . .

Axonge

% Axonge

Chlorure d’ammonium Camphre

% Axonge benzoïnée. .

Iodure de potassium Extrait de belladone

0 gr. 20.

2 grammes.

3 grammes.

30 grammes.

(N. G. DE Mussy.)

15 grammes.

M. Descroizilles fait appliquer des compresses trempées

dans :

% Eau distillée 150 grammes.

Chlorure de sodium 40 —

Sulfate de magnésie ........ 15 —

Teinture d’iode 1 —

S’il y a menace de suppuration, on fait des onctions avec l’onguent napolitain belladoné.

Quand les ganglions prennent un développement insolite, ou suppurent, le traitement chirurgical entre en scène. Luton (de Reims) a conseillé les injections interstitielles de sels cui-

vriques :

% 1° Phosphate de soude cristallisé . 5 grammes.

Eau glycérinée (parties égales). . . GO —

% 2° Acétate de cuivre 1 —

Eau glycérinée (parties égales) . . 40 —

Mélanger les deux solutions sans filtrer, agiter avant de s’en servir, et injecter avec une seringue de Pravaz dans le ganglion malade tous les quinze jours.

Reboul conseille les injections, tous les jours, de VII à VIII gouttes de naphtol camphré. Si le ganglion est suppuré, on l’ouvre, on évacue le pus et on bourre la cavité avec du coton imbibé de naphtol camphré (Nélaton).

Quelques chirurgiens, plus radicaux, conseillent l’extirpation totale des ganglions malades.

M. Lannelongue instille, dans les ganglions ou leur voisinage, quelques gouttes d’une solution de chlorure de zinc à 1 p. 10 ou 1 p. 20. Cette méthode sclérogène n’exclut pas l’intervention chirurgicale (ouverture, raclage).

Quand les abcès, traités ou non, laissent à leur suite des fistules, clapiers, ulcères, on panse avec la gaze iodoformée ou saloléc, on cautérise les bourgeons charnus, et on veille à la stérilisation du foyer morbide.

ADÉNOPATHIES TIIACH ÉO- BRONCHIQUES

Les ganglions lymphatiques qui entourent les bronches, la trachée, les vaisseaux du hile du poumon, peuvent être envahis

ADENOPATHIES TRACHÉO-BRONCHIQUES.

par la tuberculose, s’engorger, s’hypertrophier, se caséifier, et donner lieu à des troubles morbibes par compression des nerfs, vaisseaux, canaux bronchiques, etc. Outre les accès asthmatiformes avec cyanose de la face, les quintes coqueluchoïdes, qui font soupçonner l’adénopathie, il existe des signes physiques d’une appréciation souvent difficile : au niveau de la première pièce du sternum et de l’espace interscapulaire, on trouve une submatité révélatrice. Si l’on constate en même temps des ganglions hypertrophiés au cou, aux aisselles, le diagnostic reçoit sa confirmation.

Existe-t-il, comme le veulent MM. Jules Simon, Joal, une adénopathie bronchique indépendante de la tuberculose?

Cela est probable; mais si cette adénopathie simple existe, elle ne s’accuse pas cliniquement par les mêmes symptômes que l’adénopathie tuberculeuse, et elle est plus curable.

TRAITEMENT

L’adénopathie bronchique est très difficilement curable, car il est impossible de l’attaquer directement comme on le fait pour les adénopathies accessibles.

On fera de la révulsion locale : badigeonnages de teinture d’iode, vésicatoires volants au niveau des points mats et du souffle. On prescrira des frictions avec une pommade résolutive :

% Iodure de potassium 2 grammes.

Extrait de ciguë 2 —

Axonge benzoïnéc 30 —

A l’intérieur, on donnera l’iodure de potassium ou de sodium, le lait iodé, le sirop d’iodurc de fer, l’huile de foie de morue.

% Iodure de sodium. . ' 0 gr. 30.

Sirop de fleurs d'oranger 60 grammes.

A prendre par cuillerées à dessert dans la journée.

Ou bien :

% Iodure de potassium 10 grammes.

Sirop de quinquina 200 —

Une cuillerée à cale matin et soir.

On peut donner encore la teinture d’iode (V à X gouttes par jour dans un peu de café, de malaga, ou d’eau de riz sucrée).

Contre les accès spasmodiques, on donnera la teinture de belladone (V à XX gouttes), la teinture d’aconit (même dose), le bromure de potassium ou de sodium (1 à 2 grammes).

On a conseillé, à titre de résolutif, la teinture de ciguë : I à X gouttes progressivement.

Le lait iodé (10 centigrammes par litre) se recommande surtout aux enfants à la mamelle. De même le lait phosphaté.

Pendant l’hiver, on enverra les enfants sur les bords de la Méditerranée (Cannes, Menton, etc.).

Pendant l’été, ils feront une saison à la Bourboule, dont les eaux chlorurées sodiques et arsenicales sont particulièrement indiquées.

Pendant l’hiver, on donnera l’eau de la Bourboule, dix jours par mois (1/4 à 1/2 verre, suivant l’âge).

S’il y avait, en même temps que l’adénopathie, un catarrhe bronchique très accusé, les petits malades se trouveraient bien d’une cure au Mont-Dore.

Si les eaux arsenicales venaient à échouer, M. Guéneau de Mussy conseille de les remplacer par l’eau de Challes ou les Eaux-Bonnes qui conviennent surtout aux cas accompagnés de bronchite. 11 conseillait aussi les bains d’eaux-mères de Salies ou les bains suivants :

% Sel marin 1 000 grammes.

Carbonate de soude 125 —

lodure de sodium 20 —

Pour un bain.

On cherchera en même temps à relever la nutrition générale des enfants par une bonne hygiène, le grand air, la bonne nourriture, les frictions cutanées, les bains, etc.

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