‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 103 sur 367 · Roux. Congrès de Budapest, sept · texte numérisé non relu

Roux. Congrès de Budapest, sept

Depuis celle époque, grâce aux améliorations intérieures apportées à l’hospitalisation des diphtériques, la mortalité s’est abaissée à 15, à 12 et môme à 10 p. 100. Sur les 231 cas de Moizard, la mortalité n’est que de 14,7 pour 100; sur les 242 cas de Lebreton, elle ne dépasse pas 12 p. 100; sur les 150 cas de Sevestre, elle s’abaisse à 10 p. 100.

Les dernières statistiques allemandes donnent des résultats comparables (Baginsky, Heubner, Bokay, etc.). La statistique de Bauchfuss, portant sur des milliers de cas empruntés à toutes les parties de la Russie, est des plus concluantes en faveur de la sérothérapie (. Archives de Médecine des Enfants, 1898).

La cause de la sérothérapie est donc gagnée; elle est d’ailleurs entrée dans la pratique courante et a triomphé de toutes les oppositions.

Cependant, on lui a reproché certains accidents, les uns légers, les autres assez graves.

Il faut remarquer tout d’abord que si la sérothérapie ne provoque pas l’albuminurie ni la paralysie, elle ne prévient généralement pas ces complications. Elle détermine souvent, dans les 8 ou 15 jours qui suivent l’inoculation, une poussée d 'urticaire fébrile ou (Y érythème polymorphe assez bruyante, mais peu grave. Je ne parlerai pas des abcès survenant au siège de la piqûre ; ils doivent être évités par une antisepsie rigoureuse.

On a cité des arthralgies plus ou moins sérieuses, mais n’allant pas jusqu’à l’arthrite. On a parlé d’accidents pseudoméningitiques, de convulsions, pouvant aller jusqu’à la mort; mais ce sont là des faits exceptionnels qui ne sauraient jeter la défaveur sur une méthode qui a si largement fait ses preuves.

Il convient donc de ne pas trop insister sur les inconvénients du sérum, mais de chercher à les éviter par des soins particuliers, par un dosage proportionné à l’âge et à l’intensité des cas, etc., etc.

Dans cette question fort délicate, il faut laisser la parole aux promoteurs de la méthode ; voici les instructions publiées par l’Institut Pasteur.

C. Instructions pour l’emploi du sérum antidiphtérique. — Le sérum antidiphtérique est du sérum de cheval immunisé contre

DIPHTÉRIE

]a diphtérie. Il conserve ses propriétés, si on le maintient dans un endroit dont la température est peu élevée et à l’abri de la lumière, sans sortir le flacon de l’étui qui le renferme; au-dessus de 50° le sérum devient inactif ; on a assuré sa conservation en y ajoutant une très petite quantité de camphre.

1° Action préventive. — Employé à la dose de 5 centimètres cubes, le sérum donne une immunité passagère contre la diphtérie; cette immunité dure 4 à 6 semaines; on peut donc faire des injections préventives aux personnes exposées à la contagion. Le pouvoir préventif du sérum livré par l’Institut Pasteur est au moins de 50 000, c’est-à-dire qu’il suffit d’injecter à un cobaye une quantité de ce sérum égale à 1/50 000 de son poids pour qu’il puisse supporter, sans être malade, une dose de culture virulente ou de toxine capable de faire périr les cobayes témoins en moins de 30 heures. Cette activité correspond environ à celle d’un sérum de 100 à 200 unités immunisantes de Ehrlich.

2° Action thérapeutique . — Injecté en quantité suffisante, le sérum antidiphtérique guérit la maladie déclarée, si toutefois elle n’est pas arrivée à une période trop avancée. La dose à employer varie suivant l’âge du malade : 5 à 10 centimètres cubes suffisent pour les diphtéries bénignes prises au début; 15 à 20 centimètres cubes sont nécessaires si la maladie est sévère ou si elle date de plusieurs jours ; il faut, exceptionnellement, jusqu’à 30 centimètres cubes et même au delà dans les cas très graves, notamment dans ceux où l’on est obligé de pratiquer la trachéotomie. Il est donc impossible de fixer la quantité de sérum qui guérit un cas de diphtérie. Le médecin devra se guider sur la marche de la température et du pouls, ainsi que sur l’état général du malade. Aussi longtemps que la température n’est pas tombée au-dessous de 38°, on ne peut considérer la maladie comme terminée. En général, les fausses membranes se détachent dans les 24 heures qui suivent l’injection du sérum, si la dose injectée est suffisante.

Lorsqu’un enfant présente du tirage, on pourra souvent éviter la trachéotomie en lui injectant une première fois 15 à 20 centimètres cubes de sérum et en pratiquant, douze heures après, une nouvelle injection de 10 à 20 centimètres cubes, si l’amélioration n’est pas suffisante.

Il est préférable d’injecter, dès le début, une dose de sérum un peu forte et capable d’arrêter la maladie, plutôt que de faire, à plusieurs reprises, des injections de doses faibles.

Chez les tout petits enfants au-dessous d’un an, en règle générale, on injectera autant de centimètres cubes de sérum que l’enfant compte de mois. Il n’est pas nécessaire, à moins d’une gravité exceptionnelle de l’atTection, de dépasser 15 à 20 centimètres cubes pour la même injection chez les adultes; car, si leur poids est plus considérable que chez les enfants, ils résistent beaucoup mieux à la maladie et, par suite, n’ont besoin que d’une aide moins puissante. 11 faut injecter aux malades la quantité utile de sérum, mais ne pas réitérer les injections sans nécessité.

3° Injections. — On doit faire les injections dans le tissu cellulaire sous-cutané, au niveau du flanc, en prenant toutes les précautions antiseptiques nécessaires. On lave d’abord la région avec de l’eau phéniquée à 2 p. 100 ou avec un soluté de sublimé à 1 p. 1 000; on doit, au moment même de pratiquer l’injection, stériliser la seringue et la canule, en les plongeant dans l’eau froide, que l’on porte ensuite à l’ébullition pendant un quart d’heure. On recouvrira avec du coton anLiseptique l’endroit où la piqûre a été faite.

L’introduction du sérum sous la peau est très peu douloureuse et le liquide est résorbé en quelques instants.

Avant d'injecter le sérum, il est nécessaire de s’assurer qu’il est resté limpide ; un très léger précipité rassemblé au fond du tlacon n’indique pas une altération.

Le diagnostic bactériologique de la diphtérie devra toujours être fait, puisque c’est le seul moyen de connaître d’une manière certaine si le cas. est justiciable du traitement par le sérum et d’être fixé sur les mesures de désinfection à prescrire; mais, comme le traitement sérothérapique est d’autant plus efficace qu’il est institué plus tôt, il ne faudrait pas, sous prétexte d’attendre le résultat du diagnostic bactériologique, retarder l’injection du sérum, surtout si le cas se présente comme sérieux et avec élévation notable de la température.

On sait, en effet, que le sérum injecté en temps ulile prévient l’empoisonnement diphtérique, mais qu’il est impuissant contre l’empoisonnement accompli, qui se traduit par la para-

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