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ENTÉRITE MUCO-MEMBRANEUSE

formées surtout de mucine; quelques auteurs cependant disent avoir rencontré de la fibrine. Outre la trame mucineuse ou fibrineuse, on trouve du pus, des globules blancs, des globules rouges, des bactéries, et notamment le coli-bacille qui semble être l’agent le plus virulent dans cette variété d'entérite.

Après une série de paroxysmes aigus plus ou moins graves revenant à intervalles assez éloignés, l’entérite muco-membraneuse guérit ou passe à l’état chronique. On la retrouve alors dans la seconde enfance et à l’âge adulte où elle est particulièrement fréquente dans le sexe féminin. Elle est commune chez les femmes nerveuses, chez celles qui souffrent de l’utérus ou des annexes, chez les constipées. La constipation est habituelle dans l’entérite muco-membraneuse.

Parmi les complications de l’entérite muco-membraneuse, il faut signaler le rein mobile (Mathieu), l’appendicite; dans plusieurs cas, Dieulafoy a vu l’entérite muco-membraneuse associée à la lithiase intestinale ; d’ailleurs l’arthritisme (goutte, gravelle, hémorroïdes) se retrouve assez souvent chez les malades, chez leurs ascendants, chez leurs collatéraux.

Outre l’influence diathésique, indéniable dans beaucoup de cas, il faut incriminer les causes suivantes : excès alimentaires, abus des liquides, suralimentation, refroidissements.

On n’a pas trouvé de microbes spécifiques dans l'entérite muco-membraneuse; les diplocoques décrits par Finkelstein1 ne sont probablement que des modalités morphologiques du bactérium coli qui se retrouve dans toute les entérites et qui, malgré sa banalité, explique suffisamment le caractère infectieux des paroxysmes de la maladie. Le streptocoque a pu être incriminé dans plusieurs cas.

On doit distinguer, tant au point de vue clinique qu’au point de vue thérapeutique, deux formes principales :

1° Entérite muco-membraneuse des j eunes enfants, h paroxysmes aigus fébriles, à allures nettement infectieuses, répondant au type entérite folliculaire des Allemands. Cette forme est très grave, tant par le jeune âge des sujets atteints que par la fièvre vive, l’adynamie, l’état typhoïde, l’amaigrissement, la cachexie qui la signalent trop souvent;

1. Finkelstein. — Soc. de méd. inl. de Berlin, 13 juillet 1896.

2° Entérite mu co-membraneuse des adultes, le plus souvent apyrétique, torpide, peu douloureuse, touchant peu l’état général. Cependant, même dans cette forme à allures chroniques, on peut observer des poussées aiguës fébriles assez inquiétantes.

Dans tous les cas, la maladie a une durée très longue, et il est impossible d’en prévoir le terme. C’est par années que se chiffre son évolution. Chez les enfants, elle s’annonce d’abord par des manifestations aiguës, puis elle passe peu à peu à la chronicité pour se confondre avec la forme des adultes.

Avant d’instituer le traitement de l’entérite muco-membraneuse, il faut être assuré de son diagnostic. Quand le malade a eu plusieurs crises séparées par des intervalles de santé parfaite, l’hésitation disparaît; mais, à la première atteinte, le doute est permis, et l’on a vu l’entérite muco-membraneuse, particulièrement chez les enfants, confondue avec la dysenterie, la fièvre typhoïde, Y appendicite, Y occlusion intestinale , Y helminthiase , etc.

Dans la dysenterie , nous avons des efforts incessants, douloureux, suivis de l’expulsion de matières en minime quantité; ces matières ne sont pas membraneuses, mais sanglantes et puriformes; on trouve des amas de débris analogues à delà viande hachée, à do la raclure de boyau; l’hémorragie est abondante ; enfin il est rare que la dysenterie se présente à l’état sporadique, d’autres cas auront été observés dans l’entourage du malade, dans la ville qu’il habite, etc.

Malgré Y état typhoïde qui accompagne certaines formes d’entérite muco-membraneuse, on éloignera l’idée d’une dothiénentérie d’après le caractère des selles; la fièvre typhoïde, en effet, s’annonce par une diarrhée ocreuse, sans mélæna, sans débris membraneux, ou bien par de la constipation simple (cas fréquent dans le jeune âge).

Dans quelques cas, il y a de telles douleurs le long du côlon, au niveau du cæcum, le début a été si brutal, la constipation est telle, l’intolérance de l’estomac est si ardente, qu’on ne peut se défendre de penser à Y appendicite ; Hutinel a même vu un enfant qui allait être opéré par un chirurgien cependant très instruit et très prudent, tellement les symptômes de l’entérite muco-membraneuse simulaient ceux de l’appendicite. Mais une analyse soigneuse des accidents permit d’éviter la laparotomie.

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