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ENTÉRITE MU CO -MEMBRANE U SE

Il ne faut pas oublier que l’ invagination intestinale compte au nombre de ses symptômes la douleur abdominale, le mélæna, et parfois l’expulsion de débris analogues aux selles membraniformes. On palpera avec soin l’abdomen pour trouver le boudin invaginé et l’on pratiquera le toucher rectal qui permettra parfois de sentir l’extrémité inférieure de ce boudin.

l'n examen attentif des débris membraniformes, quelles que soient leur longueur, leur largeur, leur structure, fera aisément éliminer les helminthes tels que tænia, bothriocép'nale, lombric, etc.

J'ai vu, avec mon collègue1 et ami Galliard, un enfant qui, au cours d’une entérite muco-membraneuse des plus graves, présenta un érythème morbilliforme presque généralisé. Dans d’autres cas, on a vu des éruptions urticariennes, scarlatiniformes, etc. En présence de ces exanthèmes, quelle que soit l’intensité de la fièvre et des symptômes généraux qui les accompagnent, il faudra se garder de croire à une fièvre éruptive ; ces érythèmes sont des érythèmes infectieux, probablement streptococciques, analogues à ceux qu’on observe dans la diphtérie et les autres maladies infectieuses (Hutinel, Mussy).

Enfin Marfan a vu un cas où l’entérite muco-membraneuse simulait la méningite , et Henoch a observé des états convulsifs qui pourraient mettre dans l’embarras. On se rappellera que l’entérite muco-membraneuse, par les poisons qu’elle jette dans la circulation, peut impressionner le cerveau et déterminer des manifestations pseudo-méningitiques.

TRAITEMENT

Avant d’aborder le traitement de l’entérite muco-membraneuse, je dirai quelques mots de la prophylaxie.

A. Prophylaxie. — Quand on scrute les antécédents des malades, on voit qu’ils sont tous dyspeptiques à un certain degré. Cette dyspepsie est elle-même la suite de nombreuses infractions hygiéniques qu’il faut éviter si l’on veut prévenir les accidents intestinaux.

Pour l’enfant, on recommandera un allaitement régulier, prolongé, sans mélange prématuré d’une alimentation solide.

Quand le bébé est au sein, il risque peu de devenir dyspeptique, et l’entérite chez lui est rare ou sans gravité. S’il est au biberon, la prophylaxie est plus délicate. Il faut éviter, dans ce mode d’allaitement, la surcharge alimentaire qui est habituelle et qui se traduit d’abord par les vomissements, les régurgitations, et plus tard par la dilatation de l’estomac. Avec le lait stérilisé employé suivant la méthode de Soxhlet, on arrive aujourd’hui à élever les enfants mieux qu’on ne le faisait autrefois, et à abaisser notablement la mortalité du premier âge.

C’est au moment du sevrage qu’il faut être particulièrement sévère ; les mères n’ont que trop de tendance à bourrer leurs enfants d’aliments qu’ils ne sauraient digérer, sous une forme et un volume disproportionnés avec leur âge. On trouve que l’enfant ne vient pas assez vite, et, pour hâter sa croissance, on le rend dyspeptique. Il faut faire le sevrage graduellement, sans précipitation, sans brutalité; plus le sevrage sera tardif, moins il sera dangereux. Le lait sera continué longtemps après que l’enfant aura quitté le sein ; il lui servira d’unique boisson ; le vin et les liquides alcooliques seront remis à plus tard; si le bébé avait un dégoût invincible pour le lait d’animal, on lui donnerait de l’eau, mais en tout cas les liquides seront dosés, et non donnés à discrétion comme cela arrive trop souvent. Les viandes, surtout les viandes rouges ou noires (bœuf, gibier), seront réservées pour plus tard; on commencera par les poissons, les viandes blanches, les cervelles, le ris de veau, etc. L'enfant prendra des panades, des potages, des œufs, de la viande une fois par jour seulement. On ne lui donnera pas de crudités, de fruits crus avant trois ans.

En procédant ainsi, on ménagera son estomac, on préviendra les indigestions, les entérites, et la colite muco-membraneuse sera écartée.

S’il s’agit d’un adulte, la prophylaxie s’inspirera des mêmes principes, tout en faisant les concessions compatibles avec l’âge. Veut-on éviter l’entérite muco -membraneuse, on sera sobre, on mangera avec régularité, lenteur, en mastiquant bien les aliments; on s’interdira les excès de table, l’abus des aliments épicés, des boissons fortes, etc. On veillera à la liberté du ventre, car la constipation est souvent le prélude de l’entérite mucomembraneuse.

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