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GLAUCOME

Le glaucome est constitué par l’augmentation du volume de l’œil (œil de bœuf, buplrtalmie, hydrophtalmie). L’hypertension intra-oculaire gontle la sclérotique; il y a des symptômes de douleur, d’irritation ciliaire, de cyclite, l’humeur aqueuse se trouble; la sclérotique forme des bosselures en collier autour de la cornée, ou bien tout le segment antérieur est bombé en masse, l’œil paraît énorme; la vision s’amoindrit.

TRAITEMENT

Si le glaucome est consécutif à l’enclavement iricn, on instillera un collyre au sulfate de cuivre (10 centigrammes pour

10 grammes), on donnera du phosphate de chaux à l’intérieur, on fera l’iridectomie au besoin. Si le glaucome est primitif,

11 faut faire la sclérotomie, la ponction fine de la sclérotique pour diminuer la tension intra-oculaire. L’enfant est-il arthritique, on lui donnera du bicarbonate de soude, du salicylate de soude (50 centigrammes par année d’âge), du benzoate de lithine (5 centigrammes).

COURE ET THYROÏDITE.

GOITRE ET THYROÏDITE

Le goitre est constitué par une tumeur de la glande thyroïde; cette tumeur affecte un lobe ou la totalité de la glande. Elle est le plus souvent kystique, parfois vasculaire, pulsatile. Quand elle affecte la totalité de la glande, elle peut en supprimer la fonction, et les enfants sont alors dans les mêmes conditions que ceux dont la glande est absente, atrophiée ou détruite par une intervention chirurgicale ( myxœdème ). Le myxœdème peut aussi survenir à la suite de l’inflammation de la glande (thyroïdite aiguë). Cette thyroïdite a été observée dans la fièvre typhoïde, les oreillons ou autres pyrexies.

TRAITEMENT

On peut attaquer le goitre directement par les injections de teinture cl’iode, suivant le procédé de Luton et Duguet : injection tous les huit ou quinze jours d’un quart ou une demiseringue de teinture d’iode pure. On amène ainsi peu à peu la rétraction de la glande et on prévient la compression de la trachée. On a aussi donné à l’intérieur la teinture d’iode ou l’iodure de potassium. Dans un cas de goitre congénital chez un nourrisson, les Drs Mossé et CaLhala [Acad, de Méd., 12 avril 1898) ont obtenu un succès en faisant le traitement thyroïdien chez la nourrice. Voici le résumé de ce cas curieux :

Dans un hameau des Pyrénées où on leur avait signalé l’existence de quelques cas de crétinisme, les auteurs ont observé une femme de 22 ans, goitreuse, avec débilité intellectuelle, mais physiquement bien développée et indemne de crétinisme. Cette femme donna naissance à un enfant atteint d’un goitre congénital formant de chaque côté de la ligne médiane deux tumeurs saillantes du volume d’une grosse noix; cet enfant se développa mal, resta chétif et malingre; quand ils le virent, il avait l’aspect des athrepsiques, et le pronostic semblait fatal à brève échéance.

Dans l’espoir d’améliorer l’état de la mère, on la soumit à l’ingestion de thyroïdine sèche. On donnait par jour, pendant cinq jours, deux tablettes répondant à l«r,50 de corps thyroïde;

puis on interrompait cinq jours, et on recommençait. Au bout d’un mois et demi de traitement, sans qu’aucun symptôme de thyroïdisme eût été observé chez la mère ou chez l’enfant, il était absolument transformé, son goitre avait disparu, et son état général était devenu florissant; il avait pris l’embonpoint d’un enfant de son âge.

Les auteurs ont revu la mère et l’enfant quatre mois après; une nouvelle période d’alimentation thyroïdienne avait eu lieu dans l’intervalle. La mère avait maigri et pâli; l’enfant s’était très bien développé, et montrait une intelligence égale à celle des enfants de son âge.

Cette observation montre la possibilité de réaliser chez le nourrisson l’opothérapie thyroïdienne par l’intermédiaire de la nourrice, et les bons résultats qu’on peut obtenir de ce traitement.

Dans un cas de myxœdème consécutif à la thyroïdite, le Dr Ed. Shields (N. Y. mèd. Journ., 1er oct. 1898) a obtenu un succès par le traitement thyroïdien.

Une fillette appartenant à une famille de quatre enfants bien développés, de parentsjsains, vient au monde dans des conditions normales et présente une croissance régulière jusqu’à l’âge de 10 mois. A ce moment survient une attaque de thyroïdite aiguë qui dure une semaine. On a noté de la fièvre, un gonflement de la glande thyroïde, des symptômes de compression de la trachée. Gorge intacte. Pas d’abcès. La fièvre et la tuméfaction disparaissent, laissant à leur suite une atrophie complète du corps thyroïde. Dès ce moment le développement de l’enfant s’arrête, et tous les traits du myxœdème se dessinent nettement. La lillette a maintenant 7 ans, elle n’a que 83 pouces de haut, 33 livres de poids. Intelligence obtuse et retardée, parole réduite à quelques mots simples. Depuis seize mois, l’auteur a traité la malade par l’extrait thyroïdien, avec un succès marqué. La peau et les cheveux ont repris leur aspect normal, la langue sort moins de la bouche, l’enfant paraît plus forte. Voilà un cas intéressant qui montre bien une des causes du myxœdème acquis dans le premier âge.

GOITRE EXOPHTALMIQUE.

GOITRE EXOPHTALMIQUE

Le goitre exophtalmique, connu encore sous le nom de maladie de Graves, maladie de Basedow, est une maladie générale, de la famille neuropathologique, qui se caractérise principalement par trois grands symptômes : gonflement du corps thyroïde, tachycardie, exophtalmie. Accessoirement on peut observer du tremblement, des sueurs, des crises diarrhéiques, de la chute des cheveux, de la desquamation, etc. La maladie est rare chez les enfants et ne se voit guère que dans la seconde enfance, à partir de 10 ans. On la rencontre chez les filles bien plus souvent que chez les garçons (5 filles pour

I garçon en moyenne). Chez les enfants, le goitre exophtalmique est souvent incomplet, fruste ; le gonflement du corps thyroïde, les pulsations de la glande, la fréquence du pouls, la dyspnée d’effort ne manquent presque jamais; mais l’exophtalmie est rare. On peut voir plusieurs enfants de la même famille pris de goitre exophtalmique. Le D1' Lockhart Gillespie ( Brit. med. Journ., 8 oct. 1898) qui a vu 6 cas de goitre exophtalmique au Donaldson’s Hospital (école de sourds-muets), en a observé 4 chez quatre sœurs qui étaient en même temps sourdes et muettes.

II a relevé le nervosisme chez les parents, mais non la syphilis héréditaire. Holmes ( Philad . med. Journ., 11 juil. 1898) a vu aussi 4 enfants de la même famille être pris de goitre exophtalmique (1 garçon et 3 filles), entre 4 et 12 ans. Ils présentaient l’hypertrophie thyroïdienne, la tachycardie, l’exophtalmie.

TRAITEMENT

Le traitement sera dans l’enfance ce qu’il est chez l’adulte. On conseillera une bonne hygiène, l’isolement dans une maison de santé, comme s’il s’agissait de l’hystérie. En même temps on prescrira les douches froides ou les douches écossaises, le massage, les frictions sèches, etc. A. Jacobi conseille les courants galvaniques, l’arsenic, l’atropine, l’extrait d’ergot de seigle. D’autres ont préconisé le sulfate de quinine (40 à 50 centigrammes le soir en deux fois, à 20 minutes d’intervalle). Le Dr Lockhart Gillespie a employé avec un succès notable l’io-

dure cl le bromure de strontium. II fait prendre de 25 à 50 centigrammes trois fois par jour de chacun de ces médicaments pendant un mois, puis il arrête, pour reprendre en cas de rechute. On pourra prescrire ainsi :

% Bromure de strontium 3 gr. 75.

Iodure de strontium 7 gr. 50.

Sirop d’écorces d’oranges • • • 30 grammes.

Une cuillerée à dessert 3 fois par jour (enfant de 10 à 15 ans).

GOMMES SCROFUJLO-TUBERCULEUSES

Les gommes scrofulo-tuberculeuses de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané sont très communes dans l’enfance et surtout dans la première enfance, où l’on est très étonné parfois de les rencontrer sur des sujets vigoureux et de belle apparence. C’est une tuberculose locale qu’il faut détruire pour prévenir la généralisation viscérale (méningite, phtisie). Au début, on constate la présence de petits pois ou de petites noisettes enchâssés dans le derme ou sous la peau ; puis la tumeur grossit en se ramollissant, la peau devient rouge, violacée, mince, et la fluctuation apparaît. Il n’est pas rare de constater la présence simultanée d’autres lésions tuberculeuses (spina ventosa, ostéites, tumeurs blanches, tuberculose verruqueuse).

TRAITEMENT

Outre le traitement général, toujours le même dans les tuberculoses locales (huile de morue, bains salés, etc.), on cherchera à détruire le foyer tuberculeux par l’extirpation, le raclage avec destruction de la poche (Lannelongüe), par les injections interstitielles si le foyer est très étendu ou placé dans une région dangereuse. On injectera dans le foyer le mélange suivant, après évacuation du pus :

% Glycérine, lodoforme

20 grammes.

GOURME

GOURME

Le mot gourme est encore très usité, sinon dans le langage des médecins, du moins dans celui des profanes, des mères de famille, des personnes étrangères à la médecine.

L’idée qu’on se fait de la gourme ou des gourmes , dans le grand public et même dans certains milieux médicaux un peu attardés, est peu précise ou fausse, et conduit souvent à une thérapeutique fâcheuse.

Il faut s’entendre une fois pour toutes sur la valeur de ce mot suranné qui doit disparaître, car il prête à la confusion et à l’équivoque.

Le docteur E. Besnier reconnaît que le mot et la doctrine sont officiellement abandonnés aujourd’hui par les pathologistes, mais qu’ils restent conservés, plus ou moins pieusement, par les familles et même par certains médecins. « En médecine humaine, dit-il, le mot de gourme a été particulièrement appliqué à des éruptions de la peau et des muqueuses exposées, du genre de l’eczéma et de l’impétigo, propres à l’enfance surtout, mais non exclusivement, ayant pour siège le plus habituel le cuir chevelu et le visage, très prurigineuses, abondamment sécrétantes et croûteuses; représentant non pas une lésion locale, ni de cause externe, ni banale, mais bien le résultat de la projection au dehors de principes nuisibles accumulés dans le sang ou dans les humeurs, soit sous l’influence d’une constitution innée ou héréditaire (lymphatisme, scrofule, etc.), soit sous l’action des ingesta (mauvais lait, lait trop chargé, alimentation grossière, prématurée), soit enfin en raison des phénomènes de dentition, et, dans tous ces cas, constituent une maladie éliminatoire, dépurative, une chose solennelle et salutaire par conséquent, à laquelle le médecin ne devait pas faire obstacle. »

C’est en effet comme cela que les médecins d’abord, les familles ensuite, ont apprécié la gourme.

Un enfant est présenté par sa mcrc comme atteint de gourme quand il a : soi L des poux avec impétigo granulala, soit des placards d 'impétigo contagiosa sur la face, soit des crasses du cuir chevelu, soit de l’eczéma, soit de la séborrhée, soit un

écoulement d’oreilles, soit une ophtalmie, soit une rhinite, soit des adénopathies cervicales, sous-maxillaires, etc. Bien souvent, avant d’avoir consulté le médecin, on a appliqué sur l’un ou l’autre bras, quelquefois sur les deux, un vésicatoire permanent, dont la suppuration est soigneusement entretenue avec un papier spécial, une feuille de lierre, une feuille de chou !

Il y a quatre ans, j’ai vu à l’hôpital Trousseau un bébé de h mois qui, pour un simple eczéma impétigineux de la face, portait depuis un mois un vésicatoire à chaque bras, d’après l’ordonnance d’un médecin attardé. La mère a bien voulu consentir à faire sécher ce double exutoire.

Vous parviendrez difficilement à faire comprendre aux parents que cette pratique est déplorable, car ils sont persuadés que leur enfant a les humeurs en mouvement , qu’il faut faire sortir la gourme, que l’exutoire du bras est de nature à remplir ce but, etc.

Voyons quelles sont les différentes manifestations attribuées à la gourme par les familles et quelle est leur signification clinique exacte.

Neuf fois sur dix, je me hâte de le dire, les enfants présentés dans les policliniques (dispensaires, consultations des hôpitaux) comme atteints de gourme, sont en réalité des pouilleux.

Le plus souvent ce sont des écoliers ou des écolières qui ont trouvé en classe, quand ils n’existent pas à domicile, les germes de la phtiriase, qu’ils ont cultivés avec succès grâce à des cheveux trop longs et mal peignés. L’incurie, la malpropreté, une hygiène défectueuse de la tête, la contagion scolaire ou familiale, voilà les causes de celte pseudo-gourme .

Sans doute le tempérament des enfants joue un rôle dans les effets secondaires de la phtiriase, il commande jusqu’à un certain point les manifestations; tel enfant aura des poux et des lentes innombrables sans éruption cutanée ; la piqûre du parasite ne se traduira que par des démangeaisons sans eczéma, sans impétigo, sans prurigo appréciables ; tel autre, plus mou, plus lymphatique, aura des croûtes d’impétigo disséminé par les grattages, les cheveux seront collés entre eux, des granulations croûleuses seront appendues aux cheveux qui tombent sur la

GOURME

nuque ( impétigo gramilata), le cou, le dos, la région interscapulaire seront semés de lésions, de grattages, de croûtelles sanguines, parfois de furoncles et d’abcès. Le siège seul de ces manifestations prurigineuses révélera leur origine. Quelques enfants n’auront que des ganglions durs et peu dolents sous forme de double chapelet cervical rappelant la micropolyadénopathie de Legroux. Cependant les mères chercheront à détourner l’attention médicale, à la lancer sur une mauvaise piste en parlant de gourmes, d’humeurs internes qu’il faut combattre par des dépuratifs, des purgatifs, des exutoires, etc.

En réalité, le traitement doit être purement et exclusivement local ; c’est un nettoyage complet qu’il faut, et pas autre chose. A côté de cette gourme parasitaire, pédiculaire, qui prend souvent la forme de Y impétigo contagiosa, la piqûre des poux servant de porte d’entrée au staphylocoque, il y a Y impétigo contagiosa sans poux, qui se présente alors le plus souvent à la face, sur les joues, le menton, le front, les lèvres, qui, par les grattages, peut être disséminé sur le cuir chevelu, le cou, les mains, les doigts, les yeux, les oreilles, le nez, etc. Aux vésico-pustules primitives succèdent rapidement des croûtes plus ou moins épaisses analogues à du miel ; sous l’inlluence des irritations accidentelles, des grattages, des inoculations de proche en proche, les croûtes peuvent former des placards énormes, des masques hideux qui défigurent les enfants. Les doigts sont le siège de tournioles ; les yeux présentent des vésicules conjonctivales ou cornéennes, etc. Secondairement, les ganglions sous-maxillaires, sous-mentonniers, cervicaux, peuvent s’enflammer et suppurer. On reconnaîtra aisément le point de départ de tous ces désordres en considérant les éléments primitifs et isolés dont on trouvera toujours un ou plusieurs échantillons. Est-il besoin de dire que pour ce cas, comme pour le précédent, le traitement local est tout et que le traitement général dépuratif, antiscorbutique, est sans objet?

Un degré de plus dans l’irritation secondaire, dans la profondeur de la culture, et nous avons Yecthyma disséminé avec croûtes plus ou moins épaisses, avec induration du derme, ou bien Y abcès sous-cutané, le furoncle , l’ adé no-phlegmon , toutes manifestations produites aussi par le staphylocoque, indiquant encore un traitement local, un pansement antiseptique.

Ce microbe banal a une prédilection marquée pour le terrain infantile, il y germe avec une facilité et une exubérance inquiétantes. La moindre irritation spontanée ou traumatique, une plaie légère, une brûlure, une égratignure pourra, chez l’enfant, se couvrir d’impétigo. IJn eczéma sec ou suintant pourra s’impétiginiser et donner lieu à des inoculations secondaires. L’eczéma légitime, ou mieux les eczémas, car il y en a plusieurs espèces, chez les enfants comme chez les adultes, sont aussi considérés comme des gourmes. Quand on a affaire à un enfant scrofuleux, issu de parents phtisiques, goutteux, arthritiques, quand cet enfant porte sur la face, sur le front, sur les joues, autour des orifices naturels, un eczéma rebelle, récidivant, permanent, chronique, on ne peut se défendre d’invoquer le tempérament morbide, ce nescio quid qui, bien que caché dans les profondeurs de l’économie, régit les manifestations les plus superficielles. Là le parasitisme semble manquer, la maladie humorale paraît évidente ; l’eczéma ne serait-il alors qu’un exutoire naturel, servant à l’élimination des humeurs nocives, des toxines accumulées dans le corps de l’enfant? Certains faits donnent une apparence de bien fondé à cette théorie. Mais la clinique seule a parlé, la bactériologie et la chimie devront donner l’explication définitive.

Quoi qu’il en soit, quand on est en présence d’un enfant eczémateux, on ne doit pas se borner au traitement local, il faut instituer un régime et un traitement général convenables.

Chez les nouveau-nés et les nourrissons, la gourme est souvent invoquée à l’occasion de ces crasses de la tête, de ces écailles imbriquées formant calotte ou chapeau, mélange de sueur, d’épiderme, de séborrhée, de poussières atmosphériques, etc.

Ces crasses, qui n’ont rien de commun avec l’impétigo ni avec l’eczéma, ne s’observent que chez les enfants mal tenus, mal lavés, malpropres. Un nettoyage quotidien de la tête avec de l’eau tiède, de l’eau savonneuse, guérit ou prévient cette petite manifestation disgracieuse et désobligeante pour l’amourpropre des mères.

Quand on néglige les crasses de la tête, elles peuvent former des assises épaisses, des croûtes jaunes, inégales, odorantes, qui rappellent un peu le favus, et qui se compliquent sou-

GOURME

vent d’inflammation du cuir chevelu, d’adénites cervicales, etc.

Du côté des yeux, les enfants présentent très souvent des affections mises sur le compte de la gourme : c’est d’abord la conjonctivite simple aiguë, catarrhale, qui est contagieuse, microbienne (Weeks) et se transmet aisément d’un enfant à l’autre ; elle guérit rapidement par des collyres et des pommades antiseptiques. C’est la conjonctivite et la kératite phlycténulaires qui sont produites par le staphylocoque et succèdent souvent à l’impétigo de la face. C’est la hlépharo-conjonctivite et la kératite de la rougeole et des fièvres éruptives, reliquats fâcheux d’infections diverses, pouvant se terminer par des opacités de la cornée. C’est l’ophtalmie purulente, maladie éminemment contagieuse, qui entraîne parfois la perte d’un œil ou des deux yeux. C’est la blépharite chronique, la kératite interstitielle, l’ulcère de la cornée, qui dépendent peut-être d’un état général, d’une maladie héréditaire. L’eczéma des paupières est assez fréquent et provoque souvent la chute des cils. Toutes ces affections n’ont rien de gourmeux et demandent avant tout un traitement local, sans négliger les reconstituants généraux quand ils sont indiqués.

Du côté des oreilles nous avons les eczémas suintants du sillon rétro-auriculaire, l’impétigo et l’eczéma du conduit auditif pouvant aller jusqu’à la caisse. Mais ce qui est fréquent surtout, c’est l’otorrhée provenant de l’arrière-gorge, c’est l’infection de la caisse par la trompe ; cette otorrhée soi-disant gourmeuse, reliquat de rougeole, de scarlatine, de grippe, de fièvre typhoïde, de pneumonie, estime manifestation infectieuse; dans le pus qui s’écoule, on retrouve, suivant les cas, le pneumocoque, le streptocoque, le staphylocoque, le bacille de la tuberculose. Là encore il ne saurait être question de gourme...

Du côté du nez, nous avons les eczémas de l’entrée des narines, le coryza chronique, les écoulements narinaires plus ou moins irritants, avec épaississement secondaire de la lèvre supérieure ; quand on guérit le coryza par un traitement local, l’épaississement labial diminue et disparaît. Nous ne voyons pas encore la gourme. L’enfant a-t-il des maux de gorge, de l’hypertrophie des amygdales ou du tissu adénoïde pharyngonasal, on ne pourra dire qu’il a la gourme, car cela ne conduirait ni à une conception légitime, ni à un traitement efficace de

la maladie qui est locale, el qui appelle une intervention directe.

Il n’est pas jusqu’à la carie dentaire qui ne puisse donner aux mères prévenues l’apparence et le prétexte de la gourme. On voit parfois la carie d’une molaire se traduire, sans fluxion, sans douleur, par une adénopathie sous-maxillaire qui peut être énorme. Avant de prononcer le mot de gourme, à plus forte raison celui de scrofule ou de tuberculose, on examinera la bouche de l’enfant.

Restent les adénopathies, les engorgements ganglionnaires sans manifestations locales appréciables ; l’enfant a des glandes sous les mâchoires, ou le long des sterno-mastoïdiens. S’il a des glandes sous-maxillaires, examinez ses dents, vous aurez souvent la clef du mystère. Si les ganglions sont angulo-maxillaires, voyez la gorge, les amygdales surtout. Si la chaîne sterno-mastoïdienne est prise, s’il y a un chapelet bilatéral et symétrique, étudiez le cuir chevelu, la nuque. Quelquefois vous ne trouverez rien, et alors vous conclurez ou bien que l’enfant a eu des manifestations cutanées dont il est guéri, ou bien qu’il est scrofuleux, lymphatique, ou bien encore qu'il a cette forme de tuberculose latente dévoilée par Legroux(mycropoly adénopathie) .

Nous avons cherché partout la gourme et nous avons trouvé des affections locales: la phtiriase, l’impétigo, l’ecthyma, la séborrhée, les ophtalmies, les otorrhées, les coryzas, les adénopathies, les angines chroniques ; des tempéraments morbides : l’arthritisme, le lymphatisme ; une maladie infectieuse : la tuberculose.

Donc la gourme n’existe pas. Le traitement ne doit plus s’égarer sur la conception fausse d’une entité morbide vague et légendaire.

TRAITEMENT

Il faut qu’il soit local toujours, parce qu’il y a toujours quelque manifestation locale cutanée ou muqueuse qui attire l’attention, et général quelquefois, quand il y a un tempérament morbide ou un trouble de la santé accompagnant, compliquant ou commandant l’état local : lymphatisme, scrofule, tuberculose, anémie, arthritisme, etc.

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