Kôsteh. Deul. me cl. Woc/i
2. W. F. Martin. A case of enuresis in a child past puberty and its treatment. Archives of Pecliatrics, octobre 1896, p. 765.
INCONTINENCE NOCTURNE D’URINE
examiné le pénis, le rectum, l’urine, qui ne présentaient rien d'anormal, le médecin conseilla la diète sèche, la miction quelques heures après le coucher (cloche d’alarme au besoin), l’ergotine et l’atropine.
Le résultat fut médiocre. En octobre 1890, le malade ayant pu se rapprocher de son médecin, celui-ci mesura la capacité de la vessie et ne la trouva pas supérieure à 4 onces (120 grammes ou centimètres cubes environ). A l’aide d’injections, il porta cette capacité à 5 onces, puis à 7 onces (23 octobre), à 8 onces (24 octobre), à 9 onces (27 octobre). À ce degré le malade pouvait retenir ses urines et ne se levait qu’une fois la nuit.
Le 29 octobre, la vessie pouvait recevoir 10 onces (300 centimètres cubes) de liquide ; le 10 novembre, 17 onces, et le 15 novembre, une pinte (plus d’un demi-litre). En même temps, faradisation du col de la vessie, ergotine, atropine, etc.
Le 20 novembre, le malade a dormi de 8 heures du soir à 7 heures du matin sans mouiller ses draps. Le 22, il est obligé de regagner son domicile, et cesse le traitement chirurgical.
Il est à peu près guéri, mais des nouvelles reçues le 27 août 1895 montrent que la vessie n’a pas conservé la capacité que les injections d’eau lui avaient donnée, et que la distension progressive pourrait être réitérée avec avantage.
Quoi qu’il en soit, ce traitement, si heureux dans le cas particulier, est des plus- rationnels dans les incontinences d’urine à contractilité vésicale exagérée.
Les médecins hypnologistes ont annoncé que la suggestion leur avait donné de brillants succès.
Déjà Liébeault1 avait obtenu les résultats suivants, par la suggestion hypnotique, chez 77 enfants de plus de 3 ans, et chez quelques adultes : 23 furent guéris en une ou deux séances et sans récidive; 23 après plusieurs séances ; 10 après un grand nombre de séances, mais ils n’ontpas été suivis ; 9 n’ont été qu’améliorés; 4 n’ont été traités qu’une fois et la guérison est incertaine; 8 n’ont pu être guéris. D’après lui, 84 p. 100 des incontinences d’urine guériraient par la suggestion.
Cullerre, médecin de l’asile de la Roche-sur-Yon2, sur
1. Liébeault. Association pour l’Av. des sciences, Nancy, 1886.
2. Cullehhe. Médecine moderne, 22 août 1895, d’après les Archives de Neurologie.
24 cas traités par la suggestion, a obtenu 20 guérisons complètes, 2 améliorations, 2 insuccès. Le sujet est commodément installé dans un fauteuil ; on le rassure par quelques paroles bienveillantes et on l’encourage en faisant miroiter à ses yeux l’espoir d’une guérison prochaine. Après quoi on l’endort par la fixation du regard aidée de la suggestion.
Quand on dit « on l’endort», c’est pour employer une expression consacrée, car le degré d’hypnose où se trouve le sujet a paru de peu d’importance. La plupart, d’ailleurs, conservent le souvenir des suggestions qu’on leur donne, et M. Cullerre en a vu ne fermer les yeux que par obéissance et qui ne guérissaient pas moins bien que les autres. Alors intervient la suggestion curative dont la formule doit varier selon les cas : ne pas pisser au lit, sentir le besoin et se réveiller aussitôt; s’éveiller à une heure déterminée pour uriner ; penser en s’endormant qu’il ne faut pas uriner au lit. Au besoin, comme le conseille M. Bérillon, on peut provoquer par suggestion une insomnie destinée à habituer le cerveau à percevoir le besoin d’uriner. Bientôt l’insomnie disparaît d’elle-même et le sujet, habitué à surveiller sa vessie, continue à le faire tout en dormant.
Tantôt la guérison est immédiate ou tout au moins prompte ; tantôt elle se fait attendre quelques semaines. Quelquefois la guérison survient d’elle-même après la suppression du traitement qui n’a paru donner aucun résultat. Il faut aussi compter de temps en temps avec les rechutes. Tous les âges sont justiciables de la méthode suggestive; le plus jeune des malades de M. Cullerre avait 6 ans et le plus âgé 23 ans. Dès l’àge de 3 ans elle est applicable.
Une chose que Ton ne saurait trop répéter, c’est que ce traitement est à la portée de tous les praticiens. Il ne demande ni préparation, ni éducation, ni surtout initiation spéciale. On peut, en l’employant, on doit même, peut-on dire, réussir du premier coup. Sans doute un homme versé dans l’hypnologie pratique et habitué de longue main à manier la suggestion obtiendra peut-être des résultats plus brillants et plus nombreux tout d’abord; mais l’apprentissage se fait vite et il suffît d’un peu de tact et de pratique pour y passer maître.
Bérillon, s’inspirant des conseils formulés par Liébeault, a appliqué le traitement suggestif à un grand nombre d’enfants
INCONTINENCE NOCTURNE D’URINE
des deux sexes atteints d’incontinence nocturne et diurne. Les guérisons obtenues ont été la règle, les insuccès, l’exception : la proportion des guérisons s’est élevée à 70 p. 100. Ringier (Suisse), par contre, n’aurait eu que 47 p. 100 de succès. « Cette différence dans les résultats obtenus, dit Bérillon, nous paraît devoir résulter de différences dans l’application du procédé. En effet, il ne faut pas croire qu’il suffise, après avoir plongé l’enfant dans un variable de l’hypnose, de lui faire simplement la suggestion de ne pas uriner au lit. C’est évidemment par là qu’il faut commencer ; mais si, au bout de quatre à cinq séances, le résultat favorable n’est pas obtenu, il faut recourir à divers artifices qu’enseigne la pratique. Tout d’abord, il faut, avec une certaine insistance, suggérer à l’enfant qu’il s’endormira le soir avec la préoccupation de ne pas uriner au lit ; qu’il ressentira vivement le besoin d’uriner dès que la vessie sera pleine; que le besoin d’uriner le réveillera complètement et qu’il se hâtera de se lever pour satisfaire ce besoin.
« Si cette suggestion ne suffit pas, il faut alors supposer que l’enfant dort très profondément et que son sommeil est tellement profond qu’il détermine une anesthésie du col vésical.
« La sensation vésicale est donc insuffisante pour le réveiller; dans ce cas, il faut suggérer à l’enfant une véritable insomnie. Je m’exprime habituellement dans les termes suivants : « Vous aurez tellement le désir de ne plus uriner au lit que « celte préoccupation vous empêchera de vous endormir le « soir. Vous serez agité dans votre lit, ne dormant pas, ne « pensant qu’à vous lever pour uriner dès que le besoin se fera « sentir. »
« Beaucoup d’enfants, et surtout de jeunes gens, éprouvent cette insomnie et vous disent : « Je n’ai pas uriné au lit, mais « cela tient à ce que je n’ai pas pu m’endormir. »
« Au bout de quelques jours, l’insomnie disparaît d’ellernôme et le malade, habitué à veiller sur la fonction urinaire, semble continuer à la surveiller tout en dormant.
« Chez d’autres sujets, la suggestion qui amènera la guérison est différente. On leur suggère qu’à telle heure de la nuit, à minuit par exemple, ils se réveilleront, se lèveront et videront leur vessie.
« Un certain nombre accomplissent ponctuellement la sug-
gestion, le plus souvent d’une façon apparemment inconsciente et automatique. Pour obtenir la réussite de cette suggestion, il est indispensable de placer dans la pièce où se trouve le dormeur une pendule sonnant les heures ou un réveille-matin arrêté à l’heure indiquée pour le réveil.
« Il arrive que plusieurs séances de suggestion ont lieu sans donner un résultat satisfaisant ; le traitement est alors généralement interrompu et l’on est autorisé à douter de son efficacité, lorsque la guérison apparaît inopinément.
« 11 y a là encore la manifestation d’un artifice de suggestion, car l’expérimentateur ne doit pas manquer d’affirmer au sujet endormi que la préoccupation de se retenir d’uriner pendant son sommeil persistera toujours dans son esprit, même après la cessation du traitement, et que la guérison arrivera nécessairement à bref délai.
« Un fait d’observation courante des plus intéressants, c’est que lorsque l’enfant urine au lit toutes les nuits, on peut presque sûrement compter sur une guérison définitive et rapide par la suggestion hypnotique. Il n’en est pas toujours ainsi lorsque l’incontinence d’urine n’a lieu que de temps en temps. Il est probable que l’incontinence d’urine intermittente est liée à des causes différentes. Elle doit faire songer à l’épilepsie nocturne ; elle est, en tout cas, souvent liée à des accidents névropathiques (rêves, terreurs nocturnes, pollakiurie, etc.).
« J’ai appliqué ce traitement à des enfants de tout âge ; le plus jeune était âgé de 3 ans. »
Conclusions. — La multiplicité et la diversité des médications proposées contre l’incontinence nocturne d’urine sont une source d’embarras pour le médecin. Voici la règle de conduite que nous conseillons d’adopter.
Avant tout, on soignera l'hygiène alimentaire de l’enfant, on rationnera les liquides, on tonifiera le système nerveux par les douches, les bains sulfureux, les bains salés. L’hygiène thérapeutique étant satisfaite, on essaiera tour à tour la belladone, la strychnine, X antipyrine, le Rhus aromaticus et les médicaments du même ordre.
Si tout cela échoue, on aura recours à X électrisation directe