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INDIGESTION

L’indigestion ou dyspepsie aiguë est un trouble fonctionnel extrêmement commun chez les nourrissons, elle ne présente pas un intérêt particulier et se confond avec les accidents que j’ai indiqués à l’article Diarrhée et à l’article Dyspepsie. Cependant, au milieu des troubles dyspeptiques habituels que présente un nourrisson mal nourri, on peut voir éclater des accidents aigus (convulsions) provoqués par un abus alimentaire excessif ou inusité : fruits crus, légumes grossiers, mal cuits, indigestes.

Dans la seconde enfance, l’indigestion résulte de l’introduction d’aliments trop abondants, avariés, insuffisamment mastiqués. Quelquefois l’émotion, un effort, un refroidissement surprenant l’enfant pendant le travail de la digestion, déterminera l’indigestion.

Tantôt l’enfant est pris, après un malaise plus ou moins marqué, de nausées, vomissements, diarrhée. Après d’abondantes évacuations, il s’endort, et tout est fini. Tantôt il accuse de violentes coliques, il ne peut vomir; son visage devient pâle, se couvre de sueurs; le pouls est petit, la syncope est imminente. Tantôt une attaque convulsive suivie de coma est la conséquence d’une simple indigestion. Mis en présence d’un enfant qui vient d’être pris de convulsions, on ne manquera pas de s’enquérir de l’heure de son repas et des aliments qu’il aura ingérés : cela a de l’importance et pour le pronostic et pour le traitement.

TRAITEMENT

Souvent l’indigestion a abouti spontanément et rapidement à la guérison; l’enfant; après des efforts plus ou moins pénibles, vomit, va à la selle, et tout rentre dans l’ordre.

Si ces évacuations n’ont pas lieu, malgré les souffrances du malade, il faut les provoquer. On donnera un vomitif, un ipéca, si le ventre est ballonné, si l’estomac paraît encombré d’aliments (douleurs à l’épigastre, éructations, nausées).

L’ipéca sera d’autant mieux indiqué que l’anxiété sera plus grande, que l’agitation de l’enfant pourra faire craindre les convulsions.

On prescrira :

% Poudre d’ipéca .

Eau sucrée . . .

Pour un enfant de 2 ou 3 ans.

Au-dessus de cet âge, on portera la dose à 1 gramme. On fera boire le mélange en une ou deux fois, et on ajoutera quelques gorgées d’eau tiède. Parfois la simple ingestion d’eau chaude suffira pour obtenir des vomissements.

S’il s’est écoulé un temps assez long après le repas (3 ou 4 heures) pour qu’on puisse croire que les aliments ont quitté l’estomac, on s’abstiendra de vomitifs, on appliquera sur le ventre un cataplasme de farine de lin bien chaud, ou bien on fera des frictions avec l’huile de camomille chaude ; on réchauffera les membres inférieurs, on mettra des bottes d’ouate autour des jambes. On donnera une infusion de thé, de fleurs d’oranger, de camomille. Enfin on prescrira un purgatif, l’huile de ricin par exemple, à la dose de 10 à 20 grammes suivant l’âge.

% Infusion de café 100 grammes.

Jaune d’œuf N° 1.

Huile de ricin 15 grammes.

Pour un enfant de 4 à 7 ans.

On pourra faire prendre l’huile de ricin mêlée au lait ou entre deux couches de jus d'orange, dans une tasse.

Si la fétidité des selles persiste après l’indigestion, on fera, les jours suivants, l’antisepsie avec le bcnzo-naphtol ou le bétol associé au bismuth :

% Bcnzo-naphtol

Sous-nitrate de bismuth

Pour un paquet; cinq par jour, à deux heures d intervalle, dans une cuillerée de lait sucré.

0 gr. 20.

0 gr. 20.

0 gr. 50.

50 grammes.

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