ANÉMIE
L’anémie, très fréquente à toutes les périodes de l’enfance, surtout dans les villes où s’associent, pour la produire, la mauvaise nourriture, les mauvais logements, l’encombrement, la privation d’air et de soleil, la misère sous toutes ses formes, se caractérise par les signes suivants : un teint pâle, avec amaigrissement, faiblesse, langueur, mauvaises digestions, anorexie, des palpitations, de l’essoufflement, quelquefois un souffle à la base du cœur et au niveau des vaisseaux du cou. L’anémie accompagne le lymphatisme et la scrofule, le rachitisme quelquefois, souvent la chorée, la syphilis héréditaire, la tuberculose, la diarrhée, la dyspepsie; elle est commune chez les enfants qui souffrent de la croissance, chez les convalescents de maladies graves, de bronchite, de bronchopneumonie, de fièvre typhoïde, de diphtérie, de coqueluche, de rougeole, etc. On pourrait distinguer en clinique une anémie lymphatique, une anémie rachitique, une anémie syphilitique, une anémie de croissance, une anémie de convalescence, et bien d’autres variétés. Je ne parle pas de la chlorose qui sera traitée à part.
TRAITEMENT
L’anémie simple, non chlorotique, non pernicieuse, a une tendance naturelle vers la réparation et la guérison. L’hygiène joue un grand rôle dans le traitement; quand on le pourra, on conseillera le séjour à la campagne, la vie au grand air, une bonne nourriture : lait, œufs, purées de légumes secs, en particulier les lentilles qui contiennent beaucoup de fer (la farine
de lentille maltée sert de base à la Revalescière). Les huîtres sont également riches en fer et en phosphore (Chatiin).
Les enfants ne seront pas poussés à la fatigue, on les laissera vivre à leur guise, on leur accordera un sommeil prolongé.
Les montagnes, les altitudes jouent un rôle favorable dans la cure de l’anémie ; Regnard a donné l’explication de ce fait vérifié par la clinique : il fait vivre un cobaye sous une cloche où l’air a été raréfié, et il constate que le sang absorbe 21 p. 100 d’oxygène, tandis qu’un cobaye témoin laissé à l’air libre n’absorbe que 14 p. 100. Voilà pourquoi les stations élevées de l’Auvergne, des Pyrénées, des Alpes conviennent aux anémiques.
Si le lymphatisme ou la scrofule coïncident avec l’anémie, on enverra les enfants à la mer, s’ils sont peu excitables; ou dans les stations chlorurées sodiques de Salins, Salies-de-Réarn, Salins-Moutiers, Salies-du-Salat, ou dans les stations chlorurées et arsenicales de la Rourboule, Royat. Cette dernière station convient surtoutaux enfants arthritiques ou légèrement lymphatiques, mous, peu irritables. Si l’anémie est compliquée de douleurs articulaires, de rhumatismes, elle sera traitée à Luxeuil ou à Rourbon-Lancy. Aux anémiques francs et capables de supporter le fer, on prescrira les eaux de la Bauche, Orezza, Spa, Forges-les-Eaux, Renlaigue, Bussang, Marcols, etc. Ces eaux, prises à la source ou à domicile, peuvent être remplacées par les préparations ferrugineuses diverses. (Voyez Chlorose.)
S’il y a de la constipation, on associe le fer à la rhubarbe :
% Tartrate de fer et de potasse 15 grammes.
Rhubarbe 5 —
Sirpp de gomme q. s.
Pour 100 pilules, une à deux par jour.
(Legroux.)
A défaut du fer et dans les cas où la scrofule, le rachitisme sont en cause, on donnera l’huile de foie de morue, les sirops anliscorbutique et iodo-tannique.
Le D' Maragliano prescrit :
% Phosphate de chaux 6 grammes.
Hémoglobine 0 gr. 60.
Pour 20 cachets ; en prendre 4 par jour.
Le D1' Ilare a beaucoup vanté l’arsénite de cuivre qu'on peut