ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE
L’anémie pernicieuse progressive, ou maladie de Biermer, rare chez les enfants, se caractérise par trois ordres de symptômes : des hémorragies, des troubles gastro-intestinaux, de l’œdème aux membres inférieurs. C’est peut-être une maladie infectieuse, ou une auto-intoxication d’origine gastro-intestinale. Elle peut être causée dans quelques cas par l’ankylostome duodénal ou le bothriocéphale.
TRAITEMENT
Si l’on soupçonne l’existence de ces parasites, on commencera le traitement par une bonne dose d’extrait éthéré de fougère mâle (4 à 6 grammes) suivie d’un purgatif.
Dans le cas contraire, on insistera sur l’usage de l’arsenic et du fer :
% Liqueur de Fowler j
Tartrate ferrico-potassique. . . j aa' ‘ * X gouttes avant chaque repas.
10 grammes.
Pour aller plus vite, on peut injecter V à X gouttes de liqueur de Fowler sous la peau, en remplaçant l’alcoolat de mélisse par l’eau distillée de laurier-cerise.
On peut aussi prescrire l’eau de la Bourboule, par quarts de verre et progressivement.
On a encore prescrit le phosphore :
% Huile d’olive 100 grammes.
Phosphore 1 centigramme.
1 à 2 cuillerées à café par jour.
Et la moelle osseuse de veau à la dose de S, 10, 15 grammes par jour dans du lait,
En même temps, on insiste sur les inhalations d’oxygène, su r
les frictions sèches ou stimulantes (alcoolat de lavande, baume de Fioravanti).
Comme nourriture, on prescrit le lait stérilisé ou le lait diastasé (képhir), et si les vomissements sont incoercibles, on a recours à la potion de Rivière ou au champagne glacé.
Aussitôt que les troubles digestifs sont améliorés ou guéris, on insiste sur l’alimentation (viandes crues, purées de viandes et de légumes, crèmes, vins généreux). En un mot, on essaie de remonter au plus vite l’organisme et de réparer les pertes excessives subies par l’enfant (on a vu le chiffre des globules tomber à 1 million, 800 000 et au-dessous).
ANÉMIE PSEUDO-LEUCÉMIQUE MALADIE DE HODGKIN ANÉMIE SPLÉNIQUE
L’anémie splénique, surtout étudiée en Angleterre par Carr, Colcott Fox, est une maladie assez mal définie, qui s’annonce par la pâleur des téguments, Y hypertrophie de la rate , parfois aussi du foie et des ganglions lymphatiques. Les globules rouges sont pâles et moins nombreux qu’à l’état physiologique. Quant aux globules blancs, ils ne sont pas notablement modifiés, ce qui distingue l’anémie splénique de la leucocythémie. C’est une maladie de la première enfance (6 mois à 2 ans et demi).
TRAITEMENT
Quoiqu’on ait attribué l’anémie splénique à la malaria et à la syphilis congénitale, la quinine, le mercure, l’iodure de potassium ne sont que bien rarement efficaces. Le rachitisme coïncide souvent avec l’anémie splénique, et c’est par l’huile de foie de morue, les phosphates, les bains salés, qu’il convient d’attaquer la maladie. En même lemps on donnera l’arsenic et le fer.
% Teinture de Mars tartariséc 10 grammes.
Liqueur de Fowler 5 —
V gouttes matin et soir dans un peu de lait.
ANÉVRYSMES DE L’AORTE.
L’hygiène alimentaire a une grande importance : allaitement naturel ou, à son défaut, lait stérilisé, sevrage tardif, etc. Le Dr Combe (de Lausanne) a traité avec succès 2 cas de pseudoleucémie par la moelle osseuse de veau : une cuillerée à soupe par jour, triturée avec 3 cuillerées d’eau filtrée, et mêlée au lait.
ANÉVRYSMES RE L’AORTE
L’anévrysme de l’aorte est très rare chez les enfants, car l’artério-sclérose, l’athérome, les lésions dégénératives des artères, causes habituelles de l’ectasie, sont elles-mêmes très rares dans l’enfance. Cependant l’enfant, par exception, peut être athéromateux, à la suite de quelque infection (syphilis, paludisme, rhumatisme, etc.) ou de quelque intoxication (alcool, etc.) ; et l’on a cité des cas authentiques d’anévrysmes dans la seconde enfance. Parmi les plus récents je citerai un cas d’anévrysme de l’aorte abdominale chez un garçon de 9 ans (Dr Aitken, Brit. med. Journal , 25 juin 1898), rhumatisant et cardiaque : à l’autopsie, petites plaques athéromateuses sur la crosse de l’aorte, anévrysme assez volumineux à la bifurcation, ayant pour origine une embolie. Dans un autre cas, rapporté par Berry [Brit. med. Journal, 1 0 déc. 1898), il s’agissait d’un garçon de 15 ans, qui tomba sans connaissance en jouant au cricket. A l’autopsie, thymus énorme (75 grammes), sang et caillot dans le péricarde provenant d’une déchirure de l’aorte au-dessous de la crosse sur un gros anévrysme fusiforme ; quelques plaques athéromateuses dans l’aorte descendante. A. Jacobi a vu un cas chez une fille de 1 an, Sanné en rapporte 4 autres cas (fœtus, 2 ans, 10 ans, 13 ans).
J’ai vu moi-même, à l’autopsie de deux nourrissons, une dilatation fusiforme de la crosse aortique, qui n’avait donné aucun symptôme pendant la vie.
TRAITEMENT
Si la maladie est reconnue, ce qui est rare, on prescrit le repos, le régime lacté, l’iodurc de potassium longtemps continué (1 gramme, l«r,50, 2 grammes par jour). Les injections de sérum gélatineux conseillées par Lancereaux ne sont pas sans danger.
ANGINE DIPHTÉROÏDE
Le microbe de Lœffler n’est pas le seul qui puisse couvrir la gorge de fausses membranes; il en est d’autres, le streptocoque, le pneumocoque, le staphylocoque, qui jouissent de cette propriété. On voit des enfants être pris bruyamment, à la suite d’un coup de froid, de fièvre, de dysphagie, de mal de tête. Quand on examine leur gorge, on voit les amygdales recouvertes d’un exsudât diphtéroïde , c’est-à-dire de fausses membranes, il est vrai plus sales, plus humides, plus œdématiées que dans la diphtérie vraie. Quelquefois les fausses membranes sont minces et transparentes. Mais ce ne sont là que des nuances, et la bactériologie seule, en montrant l’absence de microbes de Lœffler, peut dissiper les doutes.
TRAITEMENT
On débutera par un vomitif ou un purgatif, puis on badigeonnera trois fois par jour avec :
% Salol ou naphtol 10 grammes.
Camphre 20 —
Glycérine 30 —
On fera des irrigations après chaque badigeonnage avec :
% Acide salicylique 2 grammes.
Alcool à 90° 10 —
Eau distillée 1 000 —
En cas de doute, l’isolement des enfants suspects s’impose