A. Lutaud, Journal de médecine de Paris, 18 oct
ONANISME
Ou des onctions avec :
% Chlorhydrate de cocaïne 2 grammes.
Vaseline blanche 20 —
Essence de rose I goutte.
Les douches froides sont très recommandables, ainsi qu’une cure à Néris ou à Royal. Enfin Lutaud conseille le mariage, interdit l’isolement, la lecture des ouvrages licencieux, les théâtres. Les malades doivent' voyager en compagnie, vivre à la campagne, aller aux bains de mer, etc.
Dans les cas graves, il a vu la clitoridectomie ou la nymphotomie (excision des petites lèvres trop grandes) donner de bons résultats.
La prophylaxie s’inspire des mêmes principes que le traitement, c’est à l’hygiène physique et morale qu’il faut s’adresser avant tout.
Pour les tout petits enfants, une propreté minutieuse et quotidienne des régions anales, périnéales et génitales sera le meilleur préservatif. La toilette des organes génitaux externes, tant chez les filles que chez les garçons, ne devra jamais être négligée, afin de les soustraire à toute cause d’excitation locale.
Plus tard, quand les enfants sont grands, quand leur sens génital commence à s’éveiller, on devra leur épargner les spectacles, les lectures, les conversations de nature à favoriser prématurément la mise en œuvre et la perversion de ce sens. La lecture des romans contemporains, presque tous remplis de descriptions lubriques et de scènes profondément immorales, devra être absolument interdite.
Dans les collèges d’internes, c’est surtout par le livre que la corruption s’introduit. Tel conte licencieux de Boccace, de La Fontaine, de Balzac, de Voltaire, pour ne citer que les anciens, a conduit bien des collégiens à la pratique de l’onanisme. Les images lascives ne sont pas moins pernicieuses à ce point de vue.
Le théâtre contemporain est funeste aux jeunes gens. Tous les hommes qui s’occupent de pédagogie le savent bien, et la plupart font leur possible pour préserver les enfants qui leur
sont confiés de toutes ces influences démoralisantes. Le danger n’est pas seulement dans le livre, dans le journal, au théâtre; il est encore dans les rues de nos grandes villes, qui outragent impunément la pudeur des femmes et des enfants par l’affiche murale, par le journal illustré, par les provocations de toute sorte.
Les moralistes de notre époque n'ont pas manqué de réclamer des mesures législatives ou policières pour mettre un terme à l’immoralité de la voie publique. Ils n’ont pas obtenu tout ce qu’ils demandaient. Le médecin, avec son autorité particulière, doit concourir à leur propagande. Car, plus que d’autres, il est à même de mesurer les conséquences physiologiques des abus dont on se plaint.