ONGLE INCARNÉ
L’ongle incarné est une petite difformité de la seconde enfance qui consiste dans le renversement en dedans et la pénétration dans les chairs de l’ongle du gros orteil. Il en résulte des douleurs, un suintement séro-purulenl ou sanguinolent, de la difficulté ou de l’impossibilité de la marche.
TRAITEMENT
Outre le repos, les soins de toilette (section des ongles, bains de pieds), les chaussures larges et à semelles épaisses, qui peuvent prévenir le mal ou en atténuer les manifestations, on est souvent obligé d’agir médicalement ou chirurgicalement.
On essaiera d’abord de cautériser les plaies, d’en faciliter la cicatrisation, en introduisant tous les jours entre l’ongle et la chair un petit bourdonnet de coton hydrophile trempé dans le perchlorure de fer liquide.
Si le mal s’aggrave, on aura recours à la destruction partielle ou totale de l’onglo avec sa matrice à l’aide du bistouri.
ONYCHOPHAGIE
L’onychophagic ou onychomanie est une habitude vicieuse, observée dans la seconde enfance, qui consiste dans l’acte de se ronger, de se manger incessamment les ongles.
ONYCHOPHAGlE.
Outre la malpropreté de cette habitude et les conséquences qui en peuvent résulter pour la propagation des maladies infectieuses, les ongles étant chez les enfants souillés par les poussières et les saletés qui traînent partout, les phalanges des doigts peuvent être excoriées, irritées, parfois hypertrophiées en masse, de sorte que les doigts sont renflés en spatule ou en baguette de tambour1.
Quand l’onychophagie est invétérée et excessive, il est rare qu’elle soit isolée. Elle se rencontre chez des enfants nerveux, mal équilibrés, instables, cérébraux, dégénérés.
J'ai vu l’onychophagie coïncider avec l’incontinence nocturne d’urine, la chorée, l’excitation cérébrale. Les neuropatbologistes en font un stigmate bénin de dégénérescence qu’ils rapprochent du strabisme, des tics, de la trichomanie ou trichophagie.
TRAITEMENT
Pour faire cesser cette habitude contre laquelle ne prévalent ni réprimandes ni appel à l’amour-propre, il faut, indépendamment des occupations cérébrales et des diversions physiques (gymnastique, exercices, jeux de plein air, hydrothérapie), badigeonner les extrémités digitales avec une substance amère et désagréable, une solution de quinine par exemple.
Derecq a obtenu des succès avec la pratique suivante : sur les parties rongées des ongles et sur le bourrelet qui les dépasse, on fait un badigeonnage léger avec un pinceau trempé dans une solution de nitrate d’argent à 1/20. Il se produit une coloration brune des tissus mous et des ongles. Le lendemain et les jours suivants, si l’enfant s’est rongé, on voit les traces de ses dents sur les parties noires. On renouvelle alors le badigeonnage. L’enfant alors cache ses doigts qu’il a de la répugnance à montrer et à sucer. S’il continue, on renouvelle les badigeonnages qui, à la longue, sur les parties mordues, deviendront douloureux. Au bout de huit, quinze jours, un mois, l’enfant renoncera à la lutte.
1. Le Dr Derecq ( la Tuberculose infantile, 15 février 1899) a vu un enfant onychophage qui s’était probablement inoculé la tuberculose en rongeant ses ongles.
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