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PALUDISME

Sous le nom de paludisme, fièvres palustres, fièvres intermittentes, malaria, on décrit les troubles morbides produits par l’introduction et la pullulation dans l’organisme des microzoaires découverts par Laveran (corps en croissant ou en rosace, llagella).

La maladie se transmet par l’air atmosphérique, du sol, où se forment les germes, aux enfants exposés à ses émanations; mais elle n’est pas contagieuse directement d’enfant à enfant.

Certains enfants, dans les pays marécageux, naissent avec un gros ventre (gros foie, grosse rate), et les signes de la cachexie palustre.

Plus tard, la maladie se traduit par des accès quotidiens, tierces ou quartes ; cependant, chez les jeunes enfants, la fièvre est moins souvent réglée que chez les adultes, et les accès sont

moins complets. La lièvre peut être larvée (convulsions, vomissements, délire, épistaxis, diarrhées, céphalée, broncho-pneumonie, mélæna, torticolis). Il peut y avoir des accès pernicieux (coma, algidité).

La cachexie palustre se traduit par l’amaigrissement, la pâleur terreuse, le gonllement du ventre, l’hypertrophie de la rate, l’anorexie, la diarrhée, l’anasarque.

Le diagnostic du paludisme est surtout difficile dans les pays généralement indemnes : la maladie est alors inattendue, et la méprise est toute naturelle. Le paludisme simule parfois la méningite, la fièvre typhoïde. Dans les cas douteux, il faut donner la quinine, et chercher dans le sang le parasite de Laveran. Outre le paludisme, les enfants peuvent contracter des accès fébriles quand ils sont exposés à des émanations fétides (fosses, égouts). Cette infection pseudo-malarienne sei’a traitée comme la vraie.

TRAITEMENT

Au moindre soupçon de paludisme, il faut prescrire le sulfate de quinine, ou un autre sel de quinine, à dose suffisante. Si l’enfant est assez grand pour avaler sans lutte les. médicaments, on prescrira en une fois 40 à 50 centigrammes de sulfate de quinine ou de bromhydrate dans un peu de miel, de confiture ou en cachet. Le café sucré, le jus et l’extrait de réglisse, masquent bien le goût de la quinine.

Si l’enfant est trop jeune et trop indocile, on administrera la quinine en lavement ou en suppositoire:

2U Chlorhydrate de quinine 0 gr. 50.

Beurre de cacao 3 grammes.

Pour un suppositoire.

% Chlorhydro-sulfate de quinine 0 gr. 50.

Antipyrine 0 gr. 50.

Laudanum de Sydenham I goutte.

Eau tiède 100 grammes.

Pour un lavement.

Dans les cas urgents, il faut faire des injections sous-cutanées :

% Bichlorhydrate de quinine 5 grammes.

Eau distillée Q. s. pour 10 cc.

Injecter une seringue de Pravaz de cette solution.

% Lactate de quinine 2 grammes.

Eau distillée Q. s. pour 10 ce.

Une à deux seringues de Pravaz.

% Chlorhydro-sulfate de quinine 5 grammes.

Eau distillée Q. s. pour 10 ce.

Une seringue de Pravaz.

Les frictions sont moins efficaces, cependant elles peuvent servir d’adjuvant ; on fera des frictions sous les aisselles, sur le ventre, avec la pommade suivante:

% Axonge fraîche ‘ 40 grammes.

Valérianate de quinine 4 —

Chlorure d’ammonium 2 —

L’usage de la quinine doit être continué longtemps après la disparition des accès ; le médicament, en cas d’urgence, sera administré le plus tôt possible; dans les autres cas, on le donnera longtemps avant l’accès futur (trois ou quatre heures), et jamais à dose fractionnée, toujours à dose unique (20 centigrammes à 1 an, 40 centigrammes à 2 ans, 50 centigrammes à partir de 3 ans). L’enfant devra quitter le pays où il aura contracté la maladie : le déplacement, le changement d’air sont d’ailleurs favorables à la cure.

Pour combattre l’anémie et la cachexie qui succèdent parfois au paludisme, on prescrira les douches froides, le quinquina, le fer, l’arsenic :

% Sirop de quinquina 300 grammes.

Arséniate de soude 0 gr. 15.

Une à trois cuillerées à café par jour suivant l’âge.

On conseillera le régime lacté.

Si la maladie résiste, on enverra l’enfant aux bains de mer, à la Bourboule, à Plombières ou à Boyat.

La prophylaxie de l’infection malarienne et pseudo-malaricnne consiste dans la suppression du foyer morbide ou l’éloignement de l’enfant.

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