‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 260 sur 367 · PELADE · texte numérisé non relu

PELADE

% Baume de Fioravanti Alcool camphré. . .

Ammoniaque ....

aa. . . 100 grammes.

M. Quinquaud conseille d’appliquer tous les six jours la pommade suivante :

% Acide chrysophanique. . . .

— salicylique

— borique

Vaseline

. | aa. .

. 2 grammes.

Hardy employait :

% Camphre

Turbith minéral

Axonge

1 gramme.

Busquet fait tous les jours un coton avec :

badigeonnage au pinceau

% Essence de cannelle de Chine

Éther sulfurique faiblement alcoolisé .

10 grammes.

M. Hallopeau a essayé l’essence de Wintergreen.

M. Duncan-Bulkley, avec un petit écouvillon d’ouate hydrophile trempé dans l’acide phénique à 95 p. 100, frictionne la plaque peladique une ou plusieurs fois à quinze jours d’intervalle.

M. Châtelain a recommandé les applications de collodion iodé faites toutes les semaines.

% Iode 1 gramme.

Collodion 30 —

M. P. Raymond recommande de laver la tète deux fois par semaine avec du savon phénique, et défaire tous les matins une friction avec :

% Bichlorure de mercure 0 gr. 50.

Teinture de cantharides 25 grammes.

Baume de Fioravanti 50

Eau de Cologne 150

Le soir, les plaques sont frottées avec :

% Acide salicylique 2 grammes.

Naphtol [1 10 —

Acide acétique cristallisable 15 —

Huile de ricin 100 —

Balzer a employé les frictions avec un tampon de coton imbibé d’acide lactique à 1/3 :

% Acide lactique 15 grammes.

Eau ou alcool à 60° 30 —

Jacquet s’est servi du simple brossage avec une brosse dure. En un mot, toutes les irritations locales réussissent avec le temps.

Le traitement général, pour être moins important que le traitement local, ne sera pas négligé. On donnera l’huile de foie de morue, le sirop d’iodure de fer; on conseillera le changement d’air, la campagne, les bains de mer, les eaux chlorurées sodiques (Salins, Salies), les eaux sulfureuses (Luchon, Barèges). Si l’enfant ne peut se déplacer, on donnera à domicile des bains salés ou sulfureux, des douches froides.

La prophylaxie repose sur l’isolement des enfants malades (exclusion de l’école), sur la propreté (cheveux ras, tète savonnée tous les jours, toujours couverte), sur la désinfection de tous les objets de toilette, et l’usage exclusif à l’enfant des oreillers, literie, etc.

La pelade se transmet souvent par les ustensiles de coiffeurs (tondeuse, ciseaux). Ces instruments devraient être stérilisés après chaque coupe.

PEMPHIGU S

Les enfants peuvent être atteints de plusieurs variétés de pemphigus :

1° Pemphigus aigu des nouveau-nés ou des enfants plus âgés, maladie infectieuse et parfois épidémique dans les maternités et les asiles d’enfants trouvés, s’annonçant par la présence de bulles arrondies, larges, occupant différents points du corps : le cou, le dos, les membres, respectant la plante des pieds et la paume des mains, s’accompagnant souvent de fièvre, d’adynamie, et pouvant entraîner la mort;

2° Pemphigus syphilitique , presque toujours congénital, affectant spécialement les régions respectées par le précédent (paume des mains et plante des pieds), présentant des bulles

PÉRICARDITE 593

moins claires, plus troubles, coïncidant avec d’autres manifestations syphilitiques;

3° Pemphigus à rechute , pemphigus chronique ou invétéré , dermatose spéciale dont la nature intime est mal déterminée.

TRAITEMENT

Le pemphigus épidémique des nouveau-nés sera traité localement, comme une brûlure (onctions avec la vaseline salolée ou boriquée à 1 p. 10, enveloppement avec le coton stérilisé ou avec des compresses imbibées de solution saturée d’acide picrique). Comme traitement général, on essaiera la quinine ■en suppositoires :

% Beurre de cacao 2 grammes.

Bromhydrate de quinine 0 gr. 10.

Pour un suppositoire, qu’on introduira matin et soir.

Si les enfants sont atteints de débilité congénitale, on les mettra dans une couveuse et on leur fera respirer de l’oxygène.

L’alimentation par une bonne nourrice ou, à son défaut, par le lait stérilisé, est de rigueur. On veillera à la propreté de l’enfant, et pour cela on prescrira des bains quotidiens au sublimé (1 gramme par bain). On peut encore essayer les bains tièdes additionnés de 50 grammes de borax. On isolera complètement les enfants atteints de pemphigus aigu.

Le traitement du pemphigus syphilitique ne diffère pas de celui de la syphilis héréditaire en général (voyez ce mot).

Quant au pemphigus chronique, outre le traitement local antiseptique par les pommades ou les poudres, on conseillera la cure de la Bourboule, et, si elle ne réussit pas, ltoyat, Challes, Uriage.

PÉRICARDITE

La péricardite est très fréquente et très dangereuse chez les enfants; elle dépend du rhumatisme le plus souvent, de la chorée, de la scarlatine, du mal de Bright, de la tuberculose, de la pneumonie, de la pleurésie, de l’ostéomyélite. C’est dire que les agents pathogènes de l’inflammation séreuse ou puru-

lente du péricarde sont variables : streptocoque, staphylocoque, pneumocoque, bacille de Koch.

La péricardite est sèche ou avec .épanchement. La première se traduit par des frottements à l’auscultation ; la seconde, par une matité précordiale à base inférieure avec assourdissement des bruits du cœur. Elle peut être confondue avec la pleurésie médiastine ou enkystée. Le liquide épanché est tantôt clair, tantôt purulent ou hémorragique. On soupçonnera la purulence à l’intensité de la fièvre, à la gravité de l’état général, à la faiblesse du pouls. Mais la ponction exploratrice sera nécessaire pour F affirmer.

La péricardite est souvent méconnue, et l’auscultation systématique du cœur s’impose chez tous les enfants atteints d’une maladie aiguë.

TRAITEMENT

Si la péricardite est sèche ou à faible épanchement, on l’attaquera par les révulsifs : ventouses scarifiées, vésicatoires volants sur la région précordiale.

En même temps on donnera les purgatifs et les diurétiques, qu’on pourra associer dans la formule suivante :

% Poudre de digitale j

— de scille ; 5a. . . 0 gr. 05.

— de scammonée . . . . '

Excipient et glycérine Q. s.

Pour une pilule; en prendre 2 à 3 par jour (enfant de 6 à 15 ans).

Si le rhumatisme est en cause, on s’adressera au salicylate de soude.

Si le cœur s’affaiblit, si le pouls devient insensible, si la syncope est imminente, on fera des injections d’éther et de caféine.

L’épanchement est-il très abondant, il faut faire la paracentèse du péricarde ; on se servira de l’appareil Potain et d’une aiguille assez fine, préalablement stérilisée par la chaleur ou l’acide phénique à 1 p. 20. On lave la peau au sublimé à 1 p. 1000, ainsi que les mains de l’opérateur, et on ponctionne au niveau du 4° ou du 5° espace intercostal, à 6 ou 8 centimètres à gauche du sternum. On se guidera d ailleurs sur la matité et les battements du cœur.

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