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PESTE

La peste bubonique, qui depuis quelques années règne en extrême Orient, dans l’Inde, en Arabie, menace l’Europe. C’est une maladie infectieuse et contagieuse dont le bacille a été découvert en 1894 par Yersin dans le sang des malades et les bubons.

Elle se caractérise par un gonflement des ganglions de l’aine, puis de l’aisselle ; ces bubons traduisent une effraction cutanée qui a pu passer inaperçue et par laquelle le bacille est entré. Les ganglions peuvent suppurer. De ces ganglions, où les bacilles s’accumulent, peut partir la généralisation et l’infection du sang, trop souvent suivie de mort.

A côté de cette forme bubonique , aisément reconnaissable, se place une forme pulmonaire annoncée par la fièvre, des points de côté, une expectoration hémorragique ; les crachats sont remplis de bacilles, de même les poumons ; la mort est fatale et rapide. Cette forme est très contagieuse à cause de l’ expectoration.

Parmi les animaux, ce sont les rats qui sont le plus atteints ; ils sont très sensibles au bacille de la peste et servent à disséminer la maladie dans les villes où ils pullulent. Par leurs cadavres et leurs excréments répandus sur la terre, ils inoculent la maladie aux hommes, aux indigènes surtout qui marchent les pieds nus.

TRAITEMENT

La prophylaxie impose un isolement rigoureux et absolu de tous les cas avérés ou suspects ; la contagion se fait surtout directement, d’individu malade à individu sain, mais aussi par les objets ou par les tiers ; il faut donc éviter les contacts directs. On détruira les rats et les souris. On 11e négligera pas la désinfection des locaux et des objets souillés.

Nous ne dirons rien du traitement symptomatique et des palliatifs, recommandés faute de mieux dans les épidémies do peste. On est en droit d’espérer mieux; l’injection de cultures

PHARYNGITE GRANULEUSE.

de bacilles pesteux stérilisés peut servir à l'immunisation des enfants exposés à la contagion.

Quant au sérum antipesteux préparé à l’institut Pasteur, il parait jouir d’une réelle efficacité; Calmette et Salimbéni l’ont éprouvé à Porto. On injectera, aux enfants, 10 à 20 centimètres cubes suivant l’âge. Il peut servir à immuniser l’entourage; l’immunité est peu durable (20 à 25 jours).

PHARYNGITE CATARRHALE

L’inflammation subaiguë et chronique de la muqueuse pharyngée n’est pas rare chez les enfants lymphatiques; elle accompagne souvent l’hypertrophie amygdalienne, les granulations, les végétations adénoïdes. Elle entraîne une sécrétion muco-purulente qui tombe sur la paroi postérieure du pharynx et menace l’entrée du larynx, d’où la toux réflexe habituelle.

Ce catarrhe de la gorge est lié souvent à un coryza postérieur, et mérite le nom de catarrhe naso-pharyngien.

TRAITEMENT

Outre le traitement général par l’huile de foie de morue, le sirop iodo-tannique, les cures minérales sulfureuses ou arsenicales, on fera des pulvérisations quotidiennes avec l’eau d’Enghien ou de Challes, et on badigeonnera le pharynx avec un écouvillon d’ouate trempé dans :

% Iode pur 0 gr. 25.

lodure de potassium 2 grammes.

Glycérine 20 —

Essence de menthe . IV gouttes.

(Vladimir de Holstein.)

Dans les cas rebelles, on conseillera une cure à Challes, Saint-Honoré, Bagnères-de-Bigorre, Luchon, Marlioz, Cauterets, etc.

PHARYNGITE GRANULEUSE

Sous ce nom, je décrirai les granulations de la gorge, c’està-dire l’hypertrophie des follicules clos du pharynx. Le fond

de Ja gorge est pour ainsi dire tapissé de tissu adénoïde, et l’entant est naturellement prédisposé aux maladies de ce tissu : hypertrophie des amygdales, angine glanduleuse, tumeurs adénoïdes rétro-nasales.

L’angine glanduleuse se traduit objectivement par la saillie de nombreux follicules qui apparaissent au fond de la gorge comme des grains de chènevis ou des pois enchâssés dans la muqueuse. Celle-ci est rouge, violacée, couverte de mucosités purulentes. L’enfant tousse, surtout le matin, par quintes avortées, et rend des crachats épais et abondants. L’état, général laisse à désirer; les enfants sont pâles, anémiques, amaigris. Ils offrent les traits du tempérament lymphatique. L’abaissement de la langue, avec un bon éclairage, assure aisément le diagnostic.

TRAITEMENT

Le traitement doit être général et local.

Général, il vise la faiblesse constitutionnelle, l’anémie, le lymphatisme. On donnera l’huile de foie de morue à haute dose, le sirop d’iodure de fer, iodo-tannique, antiscorbutique. On prescrira une alimentation réparatrice, le séjour au grand air, à la campagne, les cures aux eaux sulfureuses d’Lnghien, Saint-Honoré, Challes, Cauterets, Luchon, Eaux-Bonnes, ou arsenicales de la Bourboule, du Mont-Dore.

Localement, on conseillera les pulvérisations et les gargarismes à domicile avec ces mêmes eaux; mais surtout on attaquera directement les granulations. J’ai porté, à l’aide d'un pinceau taillé court ou d’un écouvillon, les liquides suivants dans le fond de la gorge :

% Teinture d’iode S grammes.

Glycérine 10 —

% Acide lactique 10 grammes.

Glycérine 10 —

J’ai quelquefois aussi touché les granulations avec la teinture d’iode et l’acide lactique purs.

On peut aussi se servir d’une solution de nitrate d’argent à i p. 50, ou du crayon mitigé.

Mandl a conseillé des badigeonnages quotidiens, avec la mixture suivante :

% Glycérine

Iodure de potassium Acide phénique. . .

Iode métallique. . .

Mais ces procédés échouent bien souvent, et il faut avoir recours au thermocautère ou mieux au galvanocautère, qui permet de détruire toutes les granulations, ou du moins celles qui sont le plus apparentes et le plus volumineuses.

On fera suivre la cautérisation ignée de lavages et d’irrigations antiseptiques : acide salicylique à 1 p. 1000.

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