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APPENDICITE

Ce qu’on décrivait autrefois sous le nom de typhlile et pérityphlite doit être rapporté à l’infection de l’appendice vermicu laire, à l’appendicite. Décrite pour la première fois par Mélier, en 1827, l’appendicite est restée méconnue pendant soixante ans. 11 y a seize ans, les chirurgiens américains (Reginald Fitz, Mc Burney, etc.), s’étant mis à’ opérer la pérityphlite, mirent en évidence l’appendicite, aujourd’hui acceptée par tout le monde. L’appendice est un organe rempli de follicules clos, comparable à l’amygdale, et par suite, prédisposé à l’inflammation. Cette inflammation est d’autant plus dangereuse que l’organe est fragile, entouré de tous côtés par le péritoine, et que ses perforations si fréquentes menacent constamment cette séreuse. L’appendicite est très commune chez les enfants et particulièrement grave chez eux. On trouve souvent des calculs dans la cavité de l’appendice et ces calculs sont autochtones; ce sont des concrétions formées sur place, ne venant pas du dehors. L’appendicite est rarement simple, elle se complique presque toujours de péritonite localisée ou généralisée. L’infection peut aller plus loin : pyléphlébite et abcès du foie, pleurésie, abcès du poumon, phlébites, parotidites. On décrit, outre les appendicites aiguës, des appendicites chroniques et à répétition, une appendicite tuberculeuse, une appendicite actinomycosique.

Le diagnostic repose sur la présence d’une douleur localisée à droite entre l’ombilic et l’épine iliaque (point de Mc Burney), sur la résistance à la palpation, sur la formation d’une masse dure, d’un gâteau profond, sur la fièvre et les phénomènes de réaction péritonéale (coliques, vomissements, etc.). L’erreur est

possible : il faut éliminer les coliques hépatiques etnéphrétiques, l’indigestion, l’entérite muco-membraneusc, la fièvre typhoïde, l’invagination, la péritonite tuberculeuse, l’ostéomyélite, la psoïtc, la coxalgie, etc.

TRAITEMENT

Quand il y a péritonite généralisée ou abcès circonscrit, tout le monde est d’accord pour opérer sur-le-champ. Quand il y a eu plusieurs crises (appendicite à rechutes), il faut opérer à froid et réséquer l’appendice. S’il y a un foyer purulent, on se contente de l’ouvrir, n’enlevant l’appendice que s’il s’offre au chirurgien, sans faire courir au malade les chances d’une recherche laborieuse. Parmi les chirurgiens, les uns opèrent d’emblée tous les cas qui se présentent, les autres distinguent entre les cas urgents et les cas susceptibles de temporisation. En attendant le moment favorable, le malade est condamné au repos absolu, à la diète absolue (quelques cuillerées à café de boissons froides), à la glace maintenue en permanence sur le ventre, à l’opium (1 centigramme par jour et par année d’âge). Pas de lavements ni de purgatifs. Si le traitement médical n’est pas suivi d’amélioration dans les vingt-quatre heures, on doit opérer. Dans les cas de péritonite généralisée d’emblée, il faut opérer immédiatement; perdre quelques heures, c’est diminuer les chances déjà bien petites des malades.

Dans les abcès circonscrits, on fait l’incision de Roux audessus de l’arcade de Fallope; dans la péritonite diffuse, on fera la laparotomie médiane ou le long du bord externe du muscle droit. On fera un grand lavage à l’eau stérilisée tiède, quoique certains chirurgiens s’en abstiennent ; en même temps, on fera sous la peau une injection d’eau salée à 7 p. 1 000 (1/2 litre, 1 litre si possible). On placera de gros drains. On ne fait de suture que dans les cas d’appendicectomie à froid. Dans les autres cas, on laisse la plaie béante, ce qui expose à l’éventration. Pour la prévenir, on fera porter à l’enfant une ceinture à pelote pendant plusieurs années.

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