Leste» Cau», Acad, de Méd. de New-York
SCROFULE
Le meilleur traitement consisterait donc à pourvoir l’enfant d’une bonne nourrice. A son défaut, on écartera de l’alimentation de l'enfant tous les aliments indigestes, les légumes, les viandes, les liquides alcooliques (vin, bière, cidre, etc.), sans proscrire le lait stérilisé qui nous rend tant de services, mais en se tenant prêt à en suspendre l’usage si le scorbut survient.
Barlow conseille de donner chaque jour une ou deux cuillerées de jus de viande et de jus de fruits frais (oranges, raisins). Lester Garr ajoute les lavages de la bouche faits avec le jus d’orange.
On pourrait mêler au lait destiné à l’enfant trois cuillerées à café par jour de la solution suivante :
% Eau bouillie 60 grammes.
Sirop tartrique 20 —
Extrait de ratanhia 2 —
Bains salés quotidiens de cinq à dix minutes de durée.
SCROFULE
La scrofule est une diathèse héréditaire (arthritisme, scrofule, tuberculose des ascendants) qui se caractérise par l’engorgement des ganglions lymphatiques, l’épaississement des lèvres, le coryza chronique, les eczémas tenaces et récidivants du nez, des paupières, des oreilles, les kérato-conjonctivites et otites chroniques, etc. Pour le traitement de ces manifestations diverses, on se reportera aux mots : Adénopathies, Coryza, Blépharites, Kératites, Otites, Eczéma, Pharyngite, Bronchite
CHRONIQUE, etc.
Je ne traiterai ici que de l’étal général, du tempérament morbide qui provoque, favorise ou entretient ces affections locales.
Il y a deux types de scrofuleux : le type gras, floride et le type maigre, cachectique. Le diagnostic différentiel avec la tuberculose se fait par l’examen histologique, bactériologique, expérimental. C’est grâce au microscope, aux cultures, à l’inoculation aux animaux, que Villemin, Koch et leurs émules ont pu démembrer la scrofule et lui enlever les ganglions caséeux, les tumeurs blanches, le lupus, les gommcs, etc.
Certaines lésions syphilitiques tertiaires simulent la scrofule; on les reconnaîtra aux résulats fournis par le traitement spécifique.
TRAITEMENT
Le traitement local est étudié dans divers articles de cet ouvrage. Je n’ai pas à y revenir. Le traitement général s’applique à tous les cas, et son importance est de premier ordre. Il fait appel à deux ordres de moyens : les agents médicamenteux et l’hygiène.
Médicaments. — Parmi les médicaments employés contre la scrofule, il faut placer, avant tous les autres, l’huile de foie de morue, qu’on devra donner à haute dose (1, 2, 3, 4, 5 cuillerées à soupe par jour, suivant l’âge et la tolérance des sujets). Si l'huile n’est pas acceptée pure, on la mêlera à d’autres corps moins répugnants, on en fera des émulsions plus ou moins agréables :
% Huile de foie de morue . .
Eau de chaux
Saccharine
Essence d'amandes amères
40 grammes.
(Mo.nix.)
En Angleterre, on associe l’huile de morue à l’extrait de malt dans la proportion de 30, 40, 50 p. 100.
Eisenschitz corrige le goût de l’huile de morue de la façon suivante : *
% Huile de morue 100 grammes.
Saccharine 0 gr. 40.
Éther acétique 2 grammes.
On peut encore ajouter, à la place de l’éther acélique, deux gouttes d’essence de menthe poivrée, ou de cannelle, on d’éther de fraises.
11 faut préférer l’huile fauve aux autres variétés, malgré ou à cause même de son impureté, car elle contient des alcaloïdes (A. Gautier) dont l’action est favorable.
Pendant l’hiver l’huile de morue est généralement bien acceptée ; en été, elle devient indigeste, et on peut la couper avec des sirops antiscrofuleux, ou la remplacer par ces sirops
SCROFULE
qui sont : le sirop antiscorbutique, le sirop de raifort iodé, le sirop iodo-tannique, le sirop d’iodure de fer.
L’iode, en effet, a toujours joué un grand rôle dans la thérapeutique de la scrofule, soit pur, soit combiné au potassium. La dose de ces sirops sera moindre que celle d’huile de foie de morue (1 à 4 cuillerées à café par jour, suivant l’àge).
Le sirop de raifort composé ou antiscorbutique a pour formule :
% Feuilles fraîches de cochléaria. )
— — de ci’esson . . [ Sa. . . 100 grammes.
Racines fraîches de raifort. . . )
Feuilles sèches de ményanthe 10 —
F.corces d’oranges amères 20 —
Cannelle de Ceylan 5 —
Yin blanc 400 —
Sucre blanc 500 —
Le sirop de raifort iodé s’obtient en ajoutant au précédent 15 grammes d’alcool à 90° et 1 gramme d’iode pour 985 grammes de sirop.
Le sirop iodo-tannique de Guillermond est composé de :
Iode
. 82 grammes.
Extrait de ratanhia
Eau
Sucre
J aa. .
Q. s. pour 1000
Voici d’autres formules :
lodure de potassium
2 grammes.
Teinture d’iode
Tanin
Sirop de quinquina
Julep gommeux
Trois à quatre cuillerées par jour.
(Guibouht.)
Chlorhydrate d’ammoniaque. .
3 grammes.
lodure de potassium
Sirop antiscorbutique
Hydrolat de laitue
Une cuillerée à café matin et soitr
(Guépin.)
lodure de potassium
6 grammes.
Iode
0 gr. 40.
Teinture de cardamome 25 grammes.
Sirop de salsepareille composé 73 —
Une ii deux cuillerées à café.
(Gallois.)
ou bien :
% Iodure de potassium 4 grammes.
Extrait de quinquina 2 —
Infusion de pensées sauvages 80
Sirop antiscorbutique 20 —
Une cuillerée à potage le matin à jeun.
% Iodure d’amidon soluble 1 gramme.
Eau distillée 35
Sucre blanc G4
Deux à quatre cuillerées à café.
(Soubeyran.)
% Iodure de potassium 15 grammes.
Tartrate de fer ammoniacal 18
Sirop de gentiane \
— de quinquina ( ûâ. . . 300 —
— d’écorces d’oranges . . . )
Trois cuillerées par jour dans une tisane.
(Bowet.)
% Iodure de potassium Teinture d’iode . . .
Sirop de gentiane. .
— de quinquina .
j aa. . . 2 grammes.
| ââ. . . 125 —
Une à deux cuillerées à café par jour.
(Verneuil.)
On a donné l’ioclure de potassium en pilules :
% Iodure de potassium
Extrait de feuilles de noyer . .
Poudre de feuilles de noyer. .
5 grammes.
Pour 10 pilules; trois par jour.
Il y a plus d’un siècle que le chlorure de baryum a été prescrit dans la scrofule; il est presque abandonné :
% Chlorure de baryum
Sulfate ferreux
Hydrolat de cannelle
Sirop d’écorces d’oranges . . .
5 à 10 grammes dans un julep.
(IlUFELAND.)
0 gr. 50.
0 gr. 50.
Pour 100 pilules; quatre par jour.
% Chlorure de baryum.
Extrait de gentiane .
Poudre de quinquina
j aa. . . 2 grammes.
| ââ. . . 50 —
SCROFULE
On donne encore le sirop de noyer et les composés suivants :
% Sirop de raifort composé 30 grammes.
Eau de menthe 100 —
Alcoolat de cochléaria 10 —
Acide citrique 1 —
Trois cuillerées à dessert par jour.
% Sirop de gentiane |
— de quinquina. ....,> Sa. . . 300 grammes.
— d’écorces d’oranges. . . )
Trois cuillerées par jour.
% Sirop de quinquina 100 grammes.
— de rhubarbe 30 —
Teinture de gentiane 6 —
Deux cuillerées à café par jour.
(Debreyne.)
Sommerbrodt a prescrit la créosote à dose relativement élevée : au-dessus de 7 ans 1 gramme par jour, en capsules, dans du lait ou du vin; au-dessous de 6 ans on commence par une goutte dans le lait ou le vin, pour arriver à 50 ou 75 centigrammes. Ces remèdes, dont il ne faudra pas abuser, et qu’il faudra supprimer en cas d’intolérance, seront souvent moins efficaces que les bains de mer ou le simple séjour au bord de la mer. Les scrofuleux torpides se trouvent admirablement bien du traitement maritime et guérissent dans une grande proportion à Berck-sur-Mer, Margate, Scheveningue, Arcachon, Banyuls, Pen-Bron, Giens, et dans tous les sanatoria maritimes de France ou de l’étranger.
Mais si les enfants sont nerveux, excitables, s’ils ont des bronchites, des ophtalmies, on les enverra dans les stations minérales chlorurées sodiques : Salies- de-Béarn, Salins, Balaruc, Bourbonne, Bourbon-Lancy, B, ourbon-1’ Archambault. Quelques-uns se trouveront mieux des eaux sulfureuses : Uriage, Ludion, Cauterets, Bagnèrcs-de-Bigorre, Allevard, Challes, Saint-Honoré, Eaux-Bonnes, Enghien.
D’autres seront grandement améliorés et remontés par la Bourboule, qui est à la fois chlorurée sodique et arsenicale. Ceux qui ont des eczémas suintants pourront être dirigés sur Sail-lcs-Bains.
Hygiène. — L’enfant scrofuleux sera, autant que possible,
éloigné des villes et habitera la campagne ; il prendra de l’exercice, sortira le plus possible, se livrera aux jeux de plein air, à la gymnastique. On le soumettra aux frictions sèches ou stimulantes, aux bains salés, aux douches froides; on agira par des stimulations incessantes sur sa peau.
En même temps on veillera sur sa nourriture, qui devra être abondante, riche en azote, en graisses, en phosphate.
Aux plus jeunes sujets on donnera le lait phosphaté naturel, le lait iodé, qui leur servira à la fois d’aliment et de médicament reconstituant.
Les enfants menacés de scrofule de par l’hérédité seront soumis aux mêmes prescriptions hygiéniques. Les enfants issus d’une mère tuberculeuse ou scrofuleuse seront confiés à une nourrice saine, qui les sèvrera le plus tard possible; ils vivront lê plus possible à la campagne. Si l’on pouvait empêcher les unions entre scrofuleux et tuberculeux, on ferait une bonne prophylaxie de la scrofule.
SÉBORRHÉE
Sous le nom de séborrhée, flux sébacé, on comprend les lésions de la peau déterminées par l’hypersécrétion des glandes de la peau, et en particulier des glandes sébacées. Chez l’adulte et dans la seconde enfance, la séborrhée affecte surtout le cuir chevelu ( pityriasis capitis ). Dans la première enfance, la séborrhée est plus humide et forme des dépôts crasseux ou coûteux sur le cuir chevelu et la face (croûtes de lait, croûtes sèches, etc.).
Chez les nourrissons malpropres, il est commun de voir le crâne recouvert de croûtes sales, noirâtres, imbriquées comme des écailles de poisson, et formant une véritable calotte. Sous ces croûtes, la peau est humide, rouge, mais non ulcérée ni enflammée. Cependant, l’inflammation peut survenir à la longue et l’eczéma vient compliquer la séborrhée.
TRAITEMENT
Contre la séborrhée humide, croûteuse, l’hygiène sutfil : on recommandera la propreté, c’est-à-dire les lavages fré-
SÉBORRHÉE. 697
quents, quotidiens de la tète, les onctions avec une pommade inerte :
3 c Vaseline pure .
Oxyde de zinc .
30 grammes.
On interdira l’usage des bonnets qui provoquent la transpiration et entretiennent la saleté. S’il y a des erreurs de régime, on les rectifiera, on supprimera les aliments donnés prématurément, les légumes, viandes, liqueurs fermentées, et on reviendra à l’allaitement exclusif.
Contre la séborrhée sèche ou pityriasis du cuir chevelu avec alopécie, on prescrira les frictions quotidiennes avec :
% Glycérine Alcool .
Eau . .
Borax. . .
30 grammes
ou bien :
% Résorcine 1 gramme.
Eau de Cologne 30 —
Glycérine 10 —
Alcool 10 —
Teinture de cantharides 1
Eau distillée 50 —
ou encore :
% Résorcine . .
Huile de ricin
Alcool . . .
aa. . . 2 grammes.
ou encore :
% Hydrate de chloral 30 grammes.
Liqueur de Van Sxvieten 100 —
Eau 500 —
On peut encore se servir des lotions à la quinine ou au tanin :
% Sulfate de quinine 1 gramme.
Eau de Cologne ) ~ ,n
Alcool . . aa’ ’ ’ 40
% Tanin 2 grammes.
Alcool 20 —
Huile d’amandes douces 40 —
Faire tous les soirs une friction; le lendemain savonner la tête.
L’enfant aura toujours les cheveux coupés ras.
Contre la séborrhée chronique, on essaiera les eaux de Luchon.