SPINA VENTOSA
Le spina ventosa est la tuberculose des os longs des extrémités (métacarpiens, métatarsiens, phalanges).
L’os atteint se boursoulle peu à peu, se ramollit, se vide partiellement par des abcès et des fistules. Cependant, au bout d’un temps très long, après suppuration et élimination de séquestres, la guérison s’obtient, non sans cicatrices, déformation, raccourcissement.
La forme boursouflée du spina ventosa rend le diagnostic facile; les engelures dans certains cas, la syphilis héréditaire dans d’autres, pourraient donner le change.
TRAITEMENT
Au début, on fera la révulsion à l’aide de la teinture d’iode, des pointes de feu ; on fera des pansements compressifs ou protecteurs avec l’emplâtre de Vigo. S’il y a suppuration, on incisera aseptiquement, et on pansera avec l’iodoforme. Parfois on
pourra essayer la méthode sclérogène de M. Lannelongue (injections de chlorure de zinc à 1 p. 20).
L’évidement, la résection, l’extraction des esquilles sont indiqués rarement. On peut obtenir la guérison, lente il est vrai, par les moyens médicaux, au premier rang desquels figurent l’huile de foie de morue, les sirop iodés, les bains salés, les bains de mer.
SPLÉNOPNEUMONIE
La spléno-pneumonie est une congestion particulière du poumon, une sorte de pneumonie subaiguë qui simule une pleurésie avec épanchement (Grancher). Le poumon gauche est plus souvent pris que le droit.
La grippe, la tuberculose, l’albuminurie, le rhumatisme, peuvent être incriminés. Il y a, au début de la fièvre, un point de côté, de la toux, une expectoration gommeuse avec les signes d’un épanchement modéré. Mais la ponction exploratrice ne donne pas de liquide. La radiographie montre une ombre qui indique la condensation du poumon. Les signes physiques persistent quelquefois plusieurs semaines.
TRAITEMENT
On a fait dans quelques cas une série de ponctions blanches, on a été même jusqu’à la pleurotomie, la résection costale, croyant avoir affaire à une collection purulente profonde, à un abcès enkysté que le trocart n’avait pu déceler.
Dans les cas de moyenne intensité, on se contentera des badigeonnages iodés, des ventouses, des vésicatoires. En même temps on mettra les enfants dans de bonnes conditions hygiéniques : cure d'air, etc.
STÉNOSE 1)U PYLORE
Chez l’adulte la sténose pylorique est due presque toujours à un cancer du pylore, quelquefois elle est cicatricielle (ulcère de l’estomac). Chez l’enfant, la sténose cancéreuse est inconnue, la sténose cicatricielle se rencontre quelquefois.
STÉNOSE DU PYLORE.
Le D1’ Krassnobaeff (Soc. de Pécl. de Moscou, avril 1897) a vu trois fillettes de 12, 9 et 7 ans entrer à l’hôpital pour des vomissements qui se répétaient sans cesse depuis plus ou moins longtemps, avec dilatation de l’estomac, séjour des aliments pendant de longues heures et même plusieurs jours, constipation, amaigrissement, etc. La première malade, morte cachectique après quinze mois de séjour à l’hôpital et quatre ans de maladie, présenta à l’autopsie un pylore rétréci par un tissu cicatriciel, suite d’ulcère rond peut-être, avec dilatation considérable de l’estomac. Dans les deux autres cas, il n’y a pas eu mort, donc pas de vérification anatomique. L’auteur se prononce pour l’intervention chirurgicale.
A côté de ces sténoses pyloriques acquises, il y aurait lieu de décrire, d’après les observations de Meltzer (Medical Record, 20 août 1898), de Ed. Cautley (B rit. med. jour., nov. 1898), de Still (Pat h. Soc. of London, 17 fév. 1899), un rétrécissement congénital du pylore, contesté d’ailleurs par Pfaundler (Wien. Klin. Woch., 1898) qui n’y voit qu’une contracture fréquente au début de la vie.
Des enfants, bien portants à la naissance, ne tardent pas à vomir sans raison, d’une façon presque incessante, quel que soit le mode d’alimentation auquel ils sont soumis; les matières vomies ne contiennent pas de bile. En même temps que les vomissements, on note la constipation, les cris, l’agitation, l’insomnie. Bientôt se montre un amaigrissement qui fait de rapides progrès et qui, en quelques semaines, deux ou trois mois au plus, aboutit au dernier degré de l’athrepsie.
Quand on examine le ventre, on ne le trouve pas distendu et ballonné dans sa totalité, comme dans les cas d’occlusion intestinale, de dilatation congénitale du côlon, etc. Tout au plus voit-on la région épigastrique bombée et tympanique, ou bien peut-on sentir l’estomac formant une tumeur globuleuse sous la main.
La palpation attentive de la région pyloriquc fait sentir une petite masse arrondie et dure, une tumeur qui met sur la voie du diagnostic.
En l’absence de ce signe, il est permis d’hésiter et d’invoquer tour à tour une mauvaise .alimentation, une mauvaise nourrice, une gastro-entérite, un catarrhe de l’estomac, etc.
Le pronostic esl des plus sombres, et la survie, 'dans la plupart des cas, ne saurait être longue, elle se chiffre par quelques semaines, quelques mois au plus. Dans quelques cas cependant, on a noté une durée plus longue et on a pu parler de guérison.
L’anatomie pathologique montre, outre la dilatation de l’estomac et de l’œsophage en amont de l’obstacle, l’intégrité de l’intestin et en général de la muqueuse du tube digestif tout entier. Les parois stomacales distendues sont amincies au niveau de la grosse tubérosité; elles sont de plus en plus épaisses à mesure qu’on se rapproche du pylore. Ce dernier présente un anneau épais et dur, de 2 ou 3 centimètres de long, se terminant nettement à ses extrémités stomacale et duodénale. La cavité est généralement rétrécie et ne laisse passer qu’une sonde d’un tout petit calibre. Parfois cependant elle est assez grande et même normale, d’après quelques observations. La muqueuse est froncée, revenue sur elle-même, mais non altérée.
Au-dessous d’elle, le tissu conjonctif est normal, mais les fibres musculaires qui forment une sorte de sphincter autour du pylore sont notablement épaissies, hypertrophiées,- sans trace de processus inflammatoire ou néoplasique.
Dans la seconde enfance, les lésions ne sont plus les mêmes et on peut trouver une rétraction cicatricielle, consécutive à un ulcère ou a une lésion inflammatoire quelconque.
TRAITEMENT
Le traitement est des plus ingrats; le lavage de l’estomac, le massage, l’électrisation, les bains, n’ont donné que des améliorations momentanées.
La laparotomie, pratiquée dans quelques cas, n’a pas abouti, peut-être à cause du jeune âge et de la faiblesse des sujets. Dans la seconde enfance, elle s’imposera, et, même chez les nourrissons, on ne peut pas dire que la gastro-entérostomie, faite en temps opportun, soit fatalement vouée à un échec.