‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 309 sur 367 · STE R CO ROME · texte numérisé non relu

STE R CO ROME

STERCOROME

La constipation opiniâtre de certains enfants peut aboutir à la production de véritables tumeurs abdominales qui donnent le change pour des néoplasmes. C’est la tumeur stercorale ou stercorome infantile , affection parfois grave, pouvant entraîner la mort. (Voyez Arc h. de Médecine des Enfants, 1899, p. 102.) On sent, en palpant l’abdomen, quand il n’est pas trop tendu,, une ou plusieurs masses dures, irrégulières ou arrondies, mobiles, indolores, qui simulent le carreau. Si l’on fait une grande irrigation intestinale, on obtient une débâcle qui fait évanouir ces fausses tumeurs.

Mais le stercorome peut être plus tenace (cas de Démons, Congr. de Chir., 1896) : un enfant de 8 ans présente une tumeur allant de l’appendice xyphoïde- au pubis; on pense à un néoplasme; mais les doigts marquent leur empreinte sur celte masse, le toucher rectal fait sentir un bloc qui se continue avec la tumeur abdominale. Le traitement mécanique, les grandes irrigations la firent disparaître.

Chez un garçon de 15 ans (D1' Dubourg, Soc. de Méd. et Chir. de Bordeaux, 20 mai 1898), constipé depuis dix-huit mois, on trouve une tumeur sous-ombilicale grosse comme les deux poings. Le toucher rectal n’indique rien. On pense à une tumeur du mésentère et on fait la laparotomie; le côlon descendant rempli par une masse stercorale est incisé, la masse est retirée, on suture; guérison. La tumeur, contenant à son centre des pépins de raisin, pesait 720 grammes.

TRAITEMENT

Au point de vue du traitement on doit distinguer deux phases :

1° Période médicale, marquée par de la constipation simple qui peut durer depuis longtemps, quarante-cinq jours dans le cas de Charon et Gevaert. On fera -de grandes irrigations tièdes avec une sonde à double courant ou une sonde de Nélaton (n° 20 à 24) enfoncée profondément; le malade de Charon et Gevaert, âgé de 7 ans, reçut pendant trois jours de suite une

irrigation de 3 litres d’eau boriquée. Puis on fit des massages abdominaux et on donna de la strychnine.

On peut prescrire les paquets suivants :

2' Scammonée ......

Magnésie calcinée . . .

Rhubarbe

Poudi’e de noix vomique

ü gr. 10.

0 gr. 2o.

0 gr. 02.

Pour un paquet; trois par jour dans une cuillerée d’eau sucrée (enfant de 6 ans).

2° Période chirurgicale , caractérisée par la présence d’une ou plusieurs tumeurs; on essaiera le traitement précédent, et s'il échoue on fera le curettage, l’excitation électrique (un pôle dans le rectum, l’autre sur l’abdomen). Ce traitement ayant échoué et l’obstruction intestinale ne pouvant être écartée, on fera la laparotomie.

STOMATITE APHTEUSE (Voyez Aphtes)

STOMATITE ÉRYTHÉMATEUSE

L’inflammation simple de la muqueuse buccale, sous l'influence de la dentition, de l’allaitement artificiel, de brûlures légères, se traduit par un gonllement avec rougeur de la muqueuse, salivation, et quelquefois par le dépôt sur les gencives d’exsudats épithéliaux plus ou moins abondants ( stomatite pultacée).

La stomatite érythémateuse et pultacée est souvent le prélude ou l’accompagnement de stomatites plus sérieuses, d’ulcérations, etc.

TRAITEMENT

On aura pour but de veiller à l’asepsie de la bouche à l’aide de lavages au chlorate de potasse; la salive étant souvent acide, on emploiera concurremment les alcalins :

% Chlorate de potasse 5 grammes.

bicarbonate de soude 5 —

Eau bouillie 150 —

Faire matin et soir un lavage de la bouche avec un tampon d’ouate hydrophile

trempé dans cette solution.

Si la maladie résiste, si la gencive se décolle autour du

collet des dents, laissant suinter du sang, du muco-pus, on touchera ces points avec un pinceau trempé dans le collutoire suivant :

3? Teinture d’iode , 10 grammes.

Glycérine 20 —

Si la bouche est douloureuse, on touchera légèrement avec :

% Chlorate de potasse en poudre 10 grammes.

Sirop de mûres 30 —

Teinture d’opium 0 gr. 10.

On prescrira en même temps une hygiène alimentaire convenable, le régime lacté (lait bouilli ou stérilisé).

STOMATITE HERPÉTIQUE

(Voyez Herpès)

Le traitement de la stomatite herpétique (herpès buccal avec inflammation de la muqueuse) ne diffère pas du traitement de la stomatite érythémateuse, de la stomatite impétigineuse, de la stomatite aphteuse et de toutes les variétés simples de stomatites. Il est inutile d’insister.

STOMATITE IMPÉTIGINEUSE

L 'impétigo contagiosa des enfants peut, de la face, gagner la muqueuse buccale, et donner lieu cà une stomatite diphtéroïde, dans laquelle MM. Sevestre et Gastou ont trouvé le staphylocoque doré.

Les ulcérations siègent à la face interne des lèvres, des joues, à la langue, aux gencives; elles sont irrégulières de forme, blanc grisâtre d’aspect; elles coïncident généralement avec des croûtes d’impétigo larvalis, avec la tourniole, avec la conjonctivite phlycténulaire.

TRAITEMENT

On fera laver la bouche de l’enfant avec la solution de chlorate de potasse à o p. 100, et on touchera les ulcérations avec le collutoire suivant :

% Borax . .

Miel blanc

10 grammes.

STOMATITE PULTACÉE

(Voyez Stomatite érythémateuse)

STOMATITE ULCÉREUSE ET ULCÉRO-MEMBRANEUSE

11 y a plusieurs variétés de stomatite ulcéreuse :

1° La stomatite itlcéro-membraneuse de J. Bergeron, qui est parasitaire et contagieuse, et se présente sous forme d’ulcérations multiples assez profondes sur les gencives et les joues, avec salivation, fétidité de l’haleine, adénopathie sous-maxillaire.

Un exsudât nécrobiotique recouvre les ulcérations et leur donne un aspect diphtéroïde. Mais cet exsudât n’est pas adhérent, et s’il contient parfois des spirilles, il ne recèle jamais le microbe de Lœffler. Il ne rappelle que de loin le noma (voyez ce mot), dont le siège est profond, dont le processus est nettement gangreneux.

Les ulcérations de l’herpès, de l’impétigo, de la fièvre aphteuse, de la varicelle, ont beaucoup moins d’étendue et de profondeur, et ne s’accompagnent que rarement d’une adénopathie intense.

2° Les ulcérations d’origine dentaire provoquées par l’éruption laborieuse des canines ou des molaires de la première ou de la seconde dentition. Toutes ces stomatites peuvent être confondues en thérapeutique; elles sont justiciables des mêmes agents.

Le chlorate de potasse, in tus et extra , a été donné comme un véritable spécifique de la stomatite ulcéro-membraneuse.

A l’intérieur, on ne dépassera pas la dose de 2 grammes par jour pour un enfant de 5 à 10 ans, à cause de la toxicité probable du médicament :

% Chlorate de potasse 2 grammes.

.lulep gommeux 100 —

Par cuillerées à soupe de 2 en 2 heures.

STOMATITE ULCÉREUSE.

A la rigueur, l’action locale suffit; on fera des attouchements et des lavages fréquents. Pour lavages de la bouche, on prescrira :

% Chlorate de potasse ou borax S grammes.

Mellîte de roses 30 —

Eau bouillie 200 —

Faire rincer la bouche de l’enfant S ou 6 fois par jour.

Pour badigeonnages ou attouchements des ulcérations au pinceau, on formulera ainsi :

% Chlorate de potasse 4 grammes.

Miel rosat 10 —

Glycérine 20 —

Toucher 3 ou 4 fois par jour les parties malades.

% Borax . 10 grammes.

Bicarbonate de soude 5 —

Sirop de mûres 30 —

% Borate de soude 10 grammes.

Miel blanc 20 —

% Acide salicylique 2 grammes.

Glycérine 20 —

(Barté.)

Dans les cas rebelles, on emploiera la teinture d’iode pure ou mitigée par la glycérine :

% Teinture d’iode Glycérine. . .

10 grammes.

Le permanganate de potasse a une action également très efficace :

% Eau distillée 150 grammes.

Permanganate de potasse 1 —

Toucher au pinceau trois fois par jour.

On prescrira en môme temps les pastilles au chlorate de potasse, au nombre de trois ou quatre à sucer dans la journée. L’enfant sera mis à la diète 'lactée, et isolé s’il s’agit de stomatite ulcéro-membrancuse.

S’il y a une dent cariée, on procédera à son extraction.

Si l’adénopaMiic sous-maxillaire suppure, on incisera au bistouri.

MALADIFS DES ENFANTS

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