‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 330 sur 367 · TORTICOLIS · texte numérisé non relu

TORTICOLIS

Lé torticolis est une affection qui a généralement pour siège le muscle sterno-mastoïdien, et qui produit une contraction ou une rétraction de ce muscle. Il en résulte que la tète est inclinée du côté malade et la face tournée obliquement du côté sain. On a vu le torticolis en relation avec une gomme ou un hématome du muscle sterno-mastoïdien. Il peut aussi provenir d’un refroidissement.

On cherchera du côté de la colonne vertébrale et du pharynx (mal de Pott, abcès rétro-pharyngien), avant d’admettre un torticolis simple et curable.

Il existe un torticolis rhumatismal (arthrite cervicale) et un torticolis rachitique (Phocas).

TRAITEMENT

Souvent il suffit de quelques séances d’électrisation faradique pour triompher d’un torticolis. S’il y a une tumeur dans le muscle, on prescrira les frictions mercurielles et l’iodure de potassium. En cas d’insuccès et de persistance de la déformation, on aura recours aux massages et aux frictions :

% Chloroforme

Laudanum de Sydenham . . .

aa. . . 5 grammes.

Pour frictions matin et soir sur le muscle contracturé.

On fera de la révulsion avec la teinture d’iode, le vésicatoire.

Si le rhumatisme est soupçonné, on donnera le salicylate de soude :

% Salicylate de soude ti grammes.

Cognac 10 —

Sirop simple 20 —

Eau distillée 100 —

Par cuillerées à soupe de deux en deux heures.

TRACHEITE.

Le Dr A. Robin, qui croit à l’origine articulaire et rhumatismale du torticolis, conseille le salicylate de soude pendant deux jours; s’il ne réussit pas, on donne 50 centigrammes à 1 gramme de sulfate de quinine, et enfin le jaborandi :

% Feuilles de jaborandi 2 grammes.

Faire macérer 12 heures dans eau-de-vie. 10 —

Infuser 20 minutes dans eau bouillante. . 130 —

Passez et faites prendre à jeun.

L’antipyrine (2 à 3 grammes par jour) sera également essayée.

En dernier ressort, on fera la ténotomie (Dupuytren, Dieffenbach), et on fera porter au malade le collier dit Minerve. La résection et l’élongation du nerf spinal ont donné quelques succès.

TRACHÉITE

La trachéite, ou rhume simple, succède le plus souvent au coryza aigu, a frigore.

Elle résulte d’un refroidissement après un bain, ou une sortie par un temps froid, pluvieux, avec des vêtements insuffisants.

Elle se traduit par une toux pénible, avec sensation de déchirure ou de brûlure derrière le sternum; il n’y a généralement pas de fièvre, l’appétit est conservé.

TRAITEMENT

Quand il s’agit d’un jeune enfant, il faut prescrire le séjour à la chambre, sinon au lit, les boissons chaudes (lait coupé d’infusion de violettes).

On ajoutera quelques badigeonnages de teinture d’iode sur la poitrine, et, pour abattre la toux, un vomitif (0Kr, SO d’ipéca).

Si la maladie ne cède pas, on fera prendre par cuillerées à café, d’heure en heure, la potion suivante :

% Eau distillée de menthe 60 grammes.

Sirop de polygala 40 —

Eau de laurier-cerise 2 —

Alcoolature d’aconit X gouttes.

Teinture de belladone X —

Si l’inflammation se propage aux bronches, on traitera l’enfant comme dans la bronchite aiguë (voyez ce mot).

TRACHÉOCÈLE

Sous le nom de trachéocèle, bronchocèle , aérocèle, etc., on décrit une tumeur gazeuse cervicale déterminée par le passage et l’enkystement dans le tissu cellulaire sous-cutané de l’air venant du larynx, de la trachée ou des bronches. Ce n’est pas ' de l’emphysème, car il n’y a pas la crépitation gazeuse, l’état lacunaire, la propagation de cette infiltration gazeuse. C’est une véritable tumeur qui rappelle à première vue les kystes congénitaux ou les grenouillettes sus-hyoïdiennes.

La trachéocèle est molle, arrondie, parfois bi ou trilobée; elle siège sur les côtés du cou, depuis la clavicule jusqu’à la mâchoire inférieure. Son volume est tantôt médiocre, tantôt considérable. Indolence à la pression. Augmentation de volume sous l'influence des cris, des efforts, de l’expiration. Réductibilité partielle sous l’influence de la pression, des grandes inspirations, etc.

La tumeur n’a rien de malin dans son évolution. Le pronostic est relativement favorable.

Le diagnostic se fait avec un peu d’attention ; on distinguera aisément le goitre, les adénopathies cervicales, les kystes congénitaux, la grenouillette, l’emphysème sous-culané.

TRAITEMENT

En cas de gêne notable, d’entrave à la respiration déterminée par le volume de la tumeur, on devra songer à l’extirpation, opération qui ne laisse pas d’être délicate à cause de la région et des prolongements intra-thoraciques que la tumeur possède parfois. Il n’y a pas de traitement médical de la trachéocèle. Quand la tumeur est bien tolérée, il ne faut pas y toucher.

Page 1