‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 335 sur 367 · TUBERCULOSE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE PULMONAIRE

TRAITEMENT

Le traitement de la tuberculose repose sur l’emploi combiné des agents hygiéniques el pharmaceutiques.

Hygiène. — Tout le monde est d’accord pour préconiser la cure d'air : les enfants seront soustraits aux dangers de l’air confiné, dont la toxicité a été démontrée par d’Arsonval. Pas de réunions, pas de classes, pas d’internat. Aération permanente des lieux habités; la nuit, fenêtres entr’ouvertes, même l’hiver, en combattant le refroidissement par des couvertures, des gilets de laine et un bon feu de cheminée.

En hiver, on peut habiter les bords de la Méditerranée ou les altitudes (Davos, Leysin, le Canigou). Mais le séjour à la campagne peut suffire, et les hôpitaux fondés en dehors de Paris, à Villepinte, Ormesson, Villiers-sur-Marne , pour les enfants tuberculeux, sont très utiles, à condition que ces enfants' ne restent pas confinés dans les dortoirs, mais jouent le plus longtemps possible en plein air.

On fera tous les jours des frictions sèches et stimulantes (alcool, térébenthine, baume de Fioravanti).

La nourriture sera à la fois riche et facilement assimilable (purées de viandes et de légumes, poudre de viande, œufs, lait, crèmes, soupes, poissons, peptoncs, koumys, képhir).

Le traitement hygiénique, pour être efficace, doit être prolongé pendant des années. L’air de la mer, bon pour les phtisiques dans le Midi, serait funeste dans le Nord, et Berck-sur- Mer, si favorable pour les tuberculoses chirui’gicales, ne vaut rien pour la tuberculose pulmonaire.

« Les résidences favorables aux phtisiques, dit Daremberg, doivent être baignées de soleil l’hiver et protégées du soleil en été. » L’air ensoleillé est l’agent microbicide le plus puissant, el surtout c’est un merveilleux excitant de la nutrition (Menton, Cannes, Arcachon, Hyères, Alger, Biskra, le Caire, Pau, Cambo, etc.). L’été, on enverra les enfants aux Eaux-Bonnes, au Mont-Dore, à la Bourboule.

Thérapeutique. — Le seul agent qui puisse être considéré comme spécifique (et encore!), la créosote, sera donné aux enfants par la voie stomacale, par le rectum ou par la voie endermique.

La créosote peut se donner en pilules :

% Créosote 0 gr. 10.

Savon séché au four Q. s.

Pour une pilule; en prendre trois ou quatre par jour.

En potion :

% Créosote 2 grammes.

Cognac 30 —

Sirop de tolu 60 —

Eau 100 —

Deux à trois cuillerées à soupe par jour.

Ou mêlée à l’huile, à la glycérine, au vin :

% Huile de l'oie de morue 1 000 grammes.

Créosote 20 —

Une à trois cuillerées à soupe par jour.

Si l’estomac se refuse à l’absorption de la créosote, on la donnera en lavements :

% Créosote 0 gr. 50.

Jaune d’œuf n° 1.

Huile d’olive 100 grammes.

Pour un lavement que l’enfant devra garder, après avoir reçu un lavement

évacuateur.

On fait encore des suppositoires creux contenant 50 centigrammes de créosote : deux par jour.

Les injections sous-cutanées se feront avec l’huile créosotée stérilisée (1 gramme de créosote pour 15 grammes d’huile), ou avec le gaïacol iodoformé, suivant la formule de M. Picot :

% Huile d’olive stérilisée 100 cent, cubes.

Gaïacol 5 grammes.

Iodoformé 1 —

Injecter tous les jours sous la clavicule ou dans la fosse sus-épineuse une demi1seringue de Pravaz ou une seringue enlière suivant l’àge.

On peut encore faire des pulvérisations de créosote dans la chambre des malades ou les faire respirer dans une atmosphère comprimée de vapeurs créosolées (Tapret) :

% Créosote Alcool . .

Glycérine Eau . . .

10 grammes.

Pour pulvérisations.

(Tapret.)

Page 1