‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 41 sur 367 · BÉGAIEMENT · texte numérisé non relu

BÉGAIEMENT

Le bégaiement est un trouble de la parole qui semble dû à une difficulté périphérique, mais qui, en réalité, est d’origine cérébrale. Il doit se distinguer du zézaiement caractérisé par l’impossibilité d’articuler, de prononcer certains mots ou certaines lettres (trouble moteur localisé). Dans le bégaiement il y a des contractions spasmodiques et convulsives des muscles de la parole qui troublent la prononciation des mots et interrompent le cours de la parole. C’est souvent un stigmate héréditaire de dégénérescence. Mais il peut être acquis, quelquefois par imitation. Quand l’enfant est ému, quand il se sent observé, le désordre augmente, la respiration est entravée, saccadée ; il peut y avoir en même temps des tics. Ce défaut de prononciation a un pronostic variable suivant son ancienneté et son degré. Pris de bonne heure, le bégaiement est curable.

TRAITEMENT

Il faut s’attacher à redresser l’enfant avec soin quand il commence à parler; on lui fera prononcer les mots lentement,

hautement, distinctement. On lui évitera le commerce des bègues (camarades ou maîtres d’école). On apprendra en môme temps à l’enfant à respirer correctement, en s’aidant des ressources de la gymnastique suédoise et de la mécanothérapie. Il existe des écoles spéciales pour le redressement de la parole chez les bègues, et les résultats obtenus sont généralement bons.

BLÉPHARITES

La blépharite, ou inflammation des paupières, est extrêmement commune dans le jeune âge. Aiguë, elle accompagne les différentes variétés de conjonctivite (voyez ce mot) et participe à leur traitement. Chronique, elle peut évoluer pour son propre compte et se présente chez les sujets scrofuleux ou arthritiques. Les bords palpébraux se tuméfient, se recouvrent de croùtelles ; les cils tombent (blépharite glandulo-ciliaire). Parfois la blépharite coïncide avec un eczéma de la face, dont elle n’est qu’une localisation. Enfin elle a pu dépendre de la présence de poux du pubis.

TRAITEMENT

Le traitement général s’impose dans la plupart des cas; on est en présence d’enfants anémiques et scrofuleux, qu’il faut purifier et remonter par l’huile de foie de morue, une bonne nourriture, le séjour à la campagne, etc. Le séjour au bord de la mer ne convient pas aux scrofuleux qui ont des ophtalmies.

Localement, on agira surtout par les pommades :

% Axonge fraîche 4 grammes.

Précipité jaune 0 gr. 40.

Teinture de benjoin VII gouttes.

Appliquer matin et soir avec un pinceau sur le bord ciliaire.

(Vidal.)

% Vaseline 10 grammes.

Précipité jaune 0 gr. 20.

% Précipité rouge 0 gr. 10.

Acétate de plomb cristallisé 0 gr. 005.

Axonge benzoïnée 5 grammes.

Huile de noisettes V gouttes

(Galezowski.)

BOTULISME.

% Axonge fraîche . .

Carbonate de plom'> Calomel

% Vaseline

Précipité blanc

Oxyde de zinc

Huile de bouleau. . . .

15 grammes.

0 gr. 30.

0 gr. 10.

(Güépin.)

10 grammes.

0 gr. 10.

XII gouttes.

Le Dr Despagnet vante la glycérine au sublimé à 1 p. 100. La pommade à l’aristol (1 p. 10) peut aussi être employée.

Pour ma part, je n’employais à mon dispensaire que la pommade au précipité jaune à 1 p. 50. Le traitement est souvent très long et les rechutes sont fréquentes.

Quand la blépharite est chronique et eczémateuse, il faut conseiller la Bourboule, Uriage, Challes.

BOTHRIOCÉPIIALE (Voyez Ténia) BOTULISME

On entend par botulisme les intoxications alimentaires d’un certain ordre : viandes gâtées ou avariées, chair à saucisse, viande de porc, charcuteries diverses, etc.

Après l’ingestion des aliments suspects, il s’écoule un certain temps, plusieurs heures, avant l’explosion des accidents, il y a une sorte d’incuhation qui montre que, outre les accidents d’intoxication, il peut y avoir infection, fermentation se continuant dans l’estomac et l’intestin après ingestion de microbes ou ferments contenus dans les aliments incriminés.

On note de la diarrhée profuse, des vomissements, un état saburral de la langue, des lipothymies et menaces de syncope, avec traits tirés, yeux excavés, face pâle, extrémités froides, algidité, état cholériforme. Il y a parfois abaissement de la température. Dans d’autres cas, il y a de la fièvre avec un état typhoïde qui peut se prolonger. Avec la diarrhée, qui est fétide, existent des coliques et douleurs abdominales, une soif vive, des sueurs profuses. Les malades se sentent courbaturés, brisés, anéantis. Juhel-Rénoy a signalé des manifestations cutanées, des éruptions roséoliques, ortiécs, scarlatiniformes, polymorphes. On a noté la diminution des urines, l’allmmi-

nurie. Il peut y avoir des complications du côté des séreuses et la mort peut s’ensuivre. Mais la guérison est la règle. Suivant la quantité plus ou moins grande de poison ingéré, les phénomènes ont une intensité variable. Tantôt la guérison survient après deux ou trois jours, tantôt elle se fait attendre huit, dix, quinze jours, et les malades semblent atteints de typhus ou de fièvre typhoïde. Le diagnostic se fera d’après l’anamnèse et la présence simultanée de cas analogues dans le môme milieu.

Le D'1 Herman [Arch. de méd. exp., Juillet 1899) a observé à Sirault (Hainaut), au mois d’août 1898, à la suite d’ingestion de viande de porc (saucisses, boudin, lard, tète pressée, etc.), des accidents cholériformes sur une centaine de personnes (3 morts). Tous ceux qui avaient mangé la viande suspecte ont été malades, les autres sont restés indemnes. On a noté dans cette épidémie, outre les accidents gastro-intestinaux survenant après douze ou vingt-quatre heures d’incubation, des éruptions urlicariennes ou herpétiques dans plusieurs cas. Parmi les malades, on comptait plusieurs enfants (1 fille de 3 ans, 2 filles de G ans, 1 de 14, 2 garçons de 8 et 11 ans, etc.).

D’après les recherches bactériologiques et expérimentales de l’auteur, la maladie serait due à un microbe identique au bacille trouvé à Moorseele (1893) par Van Ermengem, à Rôhsdorf (1890) par Gaffky et Paak, le bacillus botulinus. On devrait donc incriminer plutôt l’infection que l’intoxication par les ptomaïnes.

TRAITEMENT

L’indication est de vider, de nettoyer le tube digestif; le calomel se recommande ici comme purgatif et antiseptique intestinal. On le donnera’à doses fractionnées : 5 centigrammes toutes les deux heures. On pourra donner ensuite le salicylate de bismuth et le benzonaphtol : paquets de 20 à 30 centigrammes répétés 4 à 3 fois par jour. Boissons abondantes pour provoquer la diurèse. On ne manquera pas de faire le lavage de l’estomac si l’on est appelé au début.

Bcpos absolu au lit, régime lacté, bains chauds suivis de frictions stimulantes, inhalations d’oxygène dans les cas graves. On pourra aussi faire des injections sous-cutanées de caféine, •O éther, de sérum artificiel. Bottes d’ouate sinapisées aux jambes.

BRADYCARDIE.

BOUCHON DE CÉRUMEN

La sécrétion des glandes cérumineuses détermine parfois l’obstruction du conduit auditif; il en résultera des bourdonnements, la diminution de l’acuité auditive, la surdité. En examinant le conduit, on voit un bouchon jaune ou brun, suivant que l’enfant est blond ou brun (Moure).

On s’efforcera de ramollir la masse pour l’évacuer plus facilement. On y parviendra en instillant, pendant vingtquatre ou quarante-huit heures, de la glycérine boratée :

Glycérine 10 grammes.

Borax 0 gr. 15.

Après avoir introduit XY à XX gouttes de ce liquide, on met un tampon d’ouate. Puis on fait une irrigation d’eau bouillie ou d’eau boriquée tiède. Si la manœuvre ne réussit pas du premier coup, on recommence. Quand le spéculum auri aura montré qu’il n’y a plus rien, on s’arrête.

BRADYCARDIE

Les enfants ont le pouls d’autant plus fréquent qu’ils sont plus jeunes; quand le pouls est lent (bradycardie), cela indique un état morbide ou la fin d’un état morbide, la convalescence. Le ralentissement dn pouls a souvent la valeur d’un phénomène critique et de bon augure. Onle rencontre dans la convalescence de la fièvre typhoïde, de la pneumonie, de la grippe, etc. Parfois, dans ces cas, le pouls tombe, de 120 à 60, à 50, à 44, à 42. En même temps, il devient irrégulier, arythmique. Ce pouls lent et arythmique se rencontre à la seconde période de la méningite et alors il a une signilication fâcheuse, mais il est entouré par d’autres symptômes inquiétants. Le ralentissement du pouls s’observe encore dans la convalescence de la diphtérie ; il peut être l’indice d’une myocardite et j’ai vu un

enfant succomber tout |à coup par syncope après avoir présenté un ralentissement considérable du pouls.

TRAITEMENT

Le pouls ralenti des défervescences n’a pas de signification fâcheuse et n’indique aucun traitement. Au contraire, si l’ensemble des symptômes fait craindre une myocardite (voyez ce mot), on fera des frictions stimulantes, des injections de sérum artificiel, d’éther, de caféine, d’huile camphrée, de strychnine ; on donnera de l’alcool, des inhalations d’oxygène, etc.

BRONCHITE AIGUË

La bronchite est extrêmement commune chez les enfants du premier âge ; elle reconnaît habituellement pour cause un refroidissement, et débute d’ordinaire par un coryza à marche rapidement descendante. Elle peut être aussi secondaire (coqueluche, rougeole, grippe, fièvre typhoïde, etc.). On la reconnaît à la toux d’abord sèche, puis grasse, pénible, quinteuse sans reprise ; à l’existence de râles ronflants, sibilants, souscrépitants dans la poitrine. La présence de ces râles la distingue du rhume simple ou trachéite (voyez ce mot). L’absence de souffle, de matité en un point, l’éloigne de la bronchopneumonie. Cependant la bronchite peut se compliquer de poussées congestives qui pourraient momentanément donner le change. La coqueluche débute souvent par une bronchite ordinaire, le diagnostic reste suspendu jusqu’à l’apparition des quintes. On a dit que la bronchite simple était infectieuse, on a trouvé des streptocoques dans les crachats ; cela est possible, sinon absolument démontré *.

Peut-être la bronchite est-elle aussi contagieuse et convientil de prendre quelques mesures d’isolement.

TRAITEMENT

Les indications sont : calmer la toux et la dyspnée, prévenir les complications pulmonaires et le passage à l’état chronique.

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