ABCÈS DU FOIE
L’abcès du foie peut être traumatique (8 cas sur 43. Leblond, Thèse de Paris , 1892). La lombricose réclame un certain nombre de cas (8) ; on a trouvé les lombrics dans l’intestin ou dans la collection hépatique. Chez le nouveau-né, l’abcès du foie peut succéder à l’omphalite ( phlébite ombilicale ). Dans quelques cas, la tuberculose est en cause (j’en ai vu un cas chez un nourrisson athrepsique de l’Hôpital des enfants, 1899). L’appendicite (Berthclin, Thèse de Paris, 1895) est assez souvent la cause d’abcês hépatiques par infection de la veine porte (pyléphlébite). Le colibacille joue un rôle dans la plupart de ces cas, seul ou associé au streptocoque. Il en est de même dans la dysenterie et dans la fièvre typhoïde. Dans un cas de James Swain [Brit. med. jour., 15 juillet 1898), à la suite d’une fièvre typhoïde à rechute chez un fille de 5 ans, vers la huitième semaine se montrent des frissons en série avec état grave, tuméfaction épigastrique. L’examen du pus hépatique montra, outre les bacilles d’Eberth, des staphylocoques orangés. L’abcès dans ce cas était unique, comme il l’est dans la dysenterie ou à la suite des traumatismes. Mais il peut être multiple et aréolaire (septicémie, lombricose, appendicite); dans ce dernier cas, les signes physiques sont à peu près nuis. Restent, pour faire le diagnostic, la fièvre, les frissons, le gonflement douloureux de la région hépatique, la douleur hypocondriaque propagée à l’épaule droite. Quand l’abcès est unique, la collection est plus grande, repousse les côtes, proémine à l’épigastre, œdématié la peau, etc. L’abcès peut simuler une pleurésie purulente, un kyste, un abcès sous-phrénique, une fièvre typhoïde, une méningite; il peut se compliquer d’ictère, d’hémorragies. Il peut s'ouvrir spontanément dans laplèvre, le poumon, l’intestin, à l’extérieur.
La mort est fréquente, si l’on n’intervient pas.
TRAITEMENT
Le traitement est exclusivement chirurgical; après avoir posé le diagnostic, on fera une ponction exploratrice. Si elle donne du pus, on fera le plus tôt possible une grande incision couche par couche et on évacuera la collection. Lavages, drainage, pansement aseptique. Parfois on est obligé de réséquer des côtes. Dans l’abcès sous-phrénique, M. Lannelonge, après avoir réséqué une partie des 8e, 9e, 10e côtes, a abordé le foie par sa face supérieure et a pu évacuer l’abcès. Donc pas d’autre conduite à tenir que l’ouverture large et immédiate; dans le cas de James Swain, cité plus haut, cette intervention a été suivie d’un plein succès.