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CHOLÉRA INFANTILE

(Voyez Diarhée cholériforme)

CHORÉE DE SYDENHAM

La chorée vraie (danse de Saint-Guy), dit M. G. Sée, est une névrose constituée essentiellement par des troubles psychiques, sensitifs et moteurs. Cette maladie survient surtout chez les enfants nerveux et lymphatico-nerveux, surtout dans le sexe féminin (1/3 de filles en plus), et à l’âge de 6 à 15 ans principalement.

La chorée électrique, la chorée hystérique se distinguent de la chorée vraie par le caractère rythmique de leurs secousses. Les mouvements choréi formes de l’hémiplégie ne sont pas permanents et rappellent surtout la trépidation spinale. L 'athétose se distingue par la souplesse de ses mouvements, sans parler de sa durée. Les tics convulsifs divers sont permanents et limités à un groupe de muscles ; ils constituent des spasmes isolés.

Le diagnostic de la chorée de Sydenham est donc facile ; il faut se souvenir qu’il y a des chorées molles ou paralytiques, qui peuvent simuler l’hémiplégie ou la paraplégie de cause organique. Mais, outre les mouvements choréiques qui ont précédé ou qui accompagnent ces paralysies, on remarque qu’elles ne sont pas complètes, qu’il y a plutôt parésie que paralysie véritable.

Le tartre stibié, à doses rasoriennes (20, 30, 50 centigrammes), est abandonné aujourd’hui, après avoir été très recom-

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mandé. La strychnine offre les mêmes dangers, car, pour obtenir une modification profonde et durable, il faut aller jusqu’aux doses toxiques.

Les injections sous-cutanées de curare , d ’ésérine sont non moins infidèles et non moins dangereuses.

On a généralement recours aujourd’hui aux narcotiques, aux antispasmodiques, aux stupéfiants, à l’arsenic et aux agents physiques.

L 'opium a été fréquemment prescrit ; il est bon à employer chez les enfants privés de sommeil, mais avec discernement.

On donnera, tous les soirs, une pilule contenant :

Extrait thébaïque 0 gr. 01.

Au-dessus de dix ans, on pourra donner deux ou trois de ces pilules et aller jusqu’à 1 centigramme par année d’âge.

Le chloral, malgré son action déprimante sur le cœur, remplit les mêmes indications. On donnera une cuillerée à soupe de sirop cle chloral le soir.

Joffroy prescrit 1 gramme, 1 gr. 50, 1 gr. 75 de chloral, suivant lage et la force des sujets, à prendre dans la journée, à la fin des trois repas, dans du sirop ou de la gelée de groseilles.

Féré a employé avec succès le chloralose à la dose de 75 centigrammes par jour. Mais ce médicament est dangereux à haute dose: on ne dépassera pas, chez les enfants, 30 à 40 centigrammes.

On peut donner la paraldéhyde ou le sulfonal , à la dose de 1 à 2 grammes par jour.

% Paraldéhyde 1 gramme.

Sirop de limons 30 —

Eau de tilleul 70 —

A prendre en deux fois le soir, avant de se coucher.

% Sulfonal 0 gr. 30.

pour un cachet; prendre trois ou quatre de ces cachets le soir, et avaler une gorgée d’eau sucrée après chaque prise.

Ces médicaments peuvent être donnés en suppositoire :

% Sulfonal ou paraldéhyde 0 gr. 80.

Beurre de cacao • 3 grammes.

L ’exalgme, à la dose de 0 gr. 20 trois fois par jour, a donné des succès à Moncorvo, à Lœwenthal.

L 'antipyrine est très à la mode. On la prescrit à la dose de 2 ou 3 grammes par jour en cachets de 50 centigrammes ou en potion.

% Julep gommeux 60 grammes.

Antipyrine 3 —

Une cuillerée à soupe de deux en deux heures.

J’ai donné l’antipyrine jusqu’à 6 grammes par jour, avec résultat favorable. La dose est de 50 centigrammes par année d’âge.

Le chlorhydrate de phénocole , à la dose de 1 à 3 grammes, a donné des succès.

Le bromure de potassium jouit également d’une faveur marquée et déjà ancienne; à la dose de 2, 3, i grammes par jour, suivant l’âge et l’intensité des cas, il atténue la violence des mouvements choréiques.

% Bromure de potassium. . 3 à 4 grammes.

Eau de tilleul 40 grammes.

Sirop d’écorces d’oranges amères .... 40 —

Une cuillerée à soupe, toutes les trois heures.

M. Bourneville a obtenu des succès avec les capsules de bromure de camphre (1 à 8 par jour, suivant l’àgeet la gravité). Ces capsules contiennent chacune 0 gr. 20 de médicament.

En même temps, on peut faire prendre aux malades la tisane de chénopode vantée par Rilliet et Barthez ;

% Chenopodium ambrosioides 1 4 grammes.

Faire infuser dans eau bouillante .... 500 —

Ajoutez : Sirop de fleurs d’oranger. ... 50 —

West donne le sulfate de zinc à . la dose de 15 à 50 centigrammes par jour.

A. Voisin associe l’oxyde de zinc (20 centigrammes) à l’extrait de valériane et au bromure de potassium.

Descroizilles conseille :

% Yalérianate de zinc \

Extrait de jusquiame ( Sa. . . 5 grammes.

Sous-nitrate de bismuth. . . . ]

Pour 30 pilules ; 3 à 6 par jour.

1. Cette plante, dite encore lhe du Mexique, exhale une odeur de camphre.

CHOREE DE SYDENHAM.

On peut encore donner :

% Extrait de jusquiame 2 grammes.

Valérianate de fer 4 —

Pour 40 pilules; 3 par jour.

ou bien une cuillerée à café matin et soir de valérianate d’ammoniaque, dans une tasse de lait ou d’eau sucrée; ou bien :

% Assa fœtida 1 o grammes.

Extrait de valériane. . . 5 —

Oxyde de zinc 1 —

Castoréum 3 —

Extrait de belladone 0 gr. 40.

Pour 80 pilules ; une matin et soir.

'% Poudre de racines de belladone 0 gr. 12.

— de castoréum 0 gr. 24.

Armoise pulvérisée 3 grammes.

Poudre de racines de valériane 3 —

Sucre en poudre 6

Pour 20 prises ; 4 par jour.

Frerichs conseille :

% Extrait de chanvre indien. . . \

Lupulin | Sa. . . 3 grammes.

Sucre )

Pour dix doses ; une matin et soir.

Dans les chorées incoercibles, M. Magnan fait des injections sous-cutanées de chlorhydrate cl’hyoscine (1/2 à 1 milligramme par seringue de Pravaz). M. Ferrand recommande le bromhydrate de cicutine (1 à 10 milligrammes par jour).

L’arsenic est un des médicaments les plus efficaces : il faut le prescrire à haute dose si l’on veut abréger la durée de la maladie. On prescrira, dans une potion gommeuse, 10 grammes de liqueur de Boudin, et on augmentera tous les jours de 5 grammes jusqu’à 30, 33 grammes, ce qui fait environ 30, 35 milligrammes d’acide arsénieux par jour, si l’enfanta dépassé dix ans. Aux premiers signes d’intoxication (gastralgie, diarrhée, vomissements) on s’arrêtera.

Si l’on préfère d’autres préparations arsenicales, on peut avoir recours à la liqueur de Pearson (A) ou à la liqueur de Fowler (A), qui sont plus fortes que la liqueur de Boudin (jA).

1. Cette drogue fétide est difficilement acceptée par les enfants, et l’on est obligé le plus souvent de la donner en lavement.

Quelques médecins (Widerhofer, Fruehwald) ont employé avec succès la liqueur de Fowler en injections sous-cutanées. On étend cette liqueur d’une quantité égale d’eau distillée, ce qui abaisse son titre à (2-L) ; on injecte le premier jour une division seulement de la seringue de Pravaz, et l’on augmente chaque jour d’une division jusqu’à 8 ou 10 ; puis on redescend graduellement à une division.

Pour rendre l’injection moins douloureuse, il est bon de remplacer l’eau de mélisse de la liqueur de Fowler par l’eau de laurier-cerise (Peter). On peut donner la liqueur de Fowler en lavement (X à XX gouttes par 5 centigrammes d’eau). Le cacodylate de sodium donné par la bouche ou par le rectum a été inefficace entre mes mains.

Si les enfants sont anémiques,' on leur donnera du fer (sirop d’iodure de fer); s’ils ont de la fièvre, on prescrira la quinine (25 à 50 centigrammes).

Le salicylate de soude, même quand la chorée est d’origine rhumatismale, n’a aucune action.

Parmi les agents physiques de nature à favoriser l’action des médicaments précités, il faut citer l’hydrothérapie, l’électrothérapie, le massage, la gymnastique.

J’emploie très volontiers, chez les enfants qui n’ont pas d’endocardite, les douches froides très courtes (1/4 de minute) en jet sur la colonne vertébrale, et en pluie sur les épaules. Ballet conseille la douche écossaise. L’immersion rapide dans un bain froid ou dans une piscine est également bonne.

Quand les enfants ne tolèrent pas la douche, je prescris trois bains sulfureux par semaine; dans les cas intenses, on les donnera quotidiens et prolongés (une heure). L’hydrothérapie froide est contre-indiquée par le rhumatisme et les complications cardiaques.

Joffroy est très partisan du drap mouillé. On prend de l’eau très froide (9 à 10°), on y trempe un drap qu’on exprime, et on enveloppe le malade jusqu’au cou en pratiquant par-dessus le drap des frictions énergiques. Quant le patient est bien réchauffé, on l’enroule dans plusieurs couvertures et on le laisse 25 à 30 minutes; pour activer La réaction, on peut mettre des boules d’eau chaude aux pieds. On répète l’opération deux fois par jour.

CHORÉE DE SYDENHAM

Les ventouses sèches à la nuque, les pulvérisations d’éther ou de chlorure de méthyle le long de la colonne veftébrale sont d'un effet moins sûr.

La gymnastique cadencée et rythmée avec chants convient aux cas de moyenne intensité.

La gymnastique suédoise associée au massage est très utile dans la plupart des cas.

L’électricité a été appliquée sous différentes formes : faradisation, galvanisation, franklinisation. G. Gautier a guéri un enfant de treize ans et demi après 26 séances de courants continus (courant ascendant du sacrum à la nuque, pendant 8 minutes, avec 6, 8, 12 milliampères). M. Luys a employé les aimants.

Dans quelques cas spéciaux, la suggestion hypnotique ou à l’état de veille peut être efficace.

M. Deydier, interne de M. Colrat ( Lyon médical , avril 1893), a traité quelques cas de chorée par les injections de suc testiculaire; la médication séquardienne a paru réussir dans un cas assez grave; son action a été douteuse dans trois autres cas.

Un autre a traité la chorée par les injections de cérébrine.

Si l’on soupçonnait la présence de vers intestinaux, on donnerait la santonine et le calomel.

Dans les cas rebelles et chroniques, on enverra les enfants à Néris-les-Bains, Bagnères-de-Bigorre, Bourbon-Lancy, Aix.

HYGIÈNE THÉRAPEUTIQUE

Les enfants choréiques seront isolés autant que possible; on fera autour d’eux le calme le plus complet ; on ne leur demandera aucun travail, on ne leur imposera aucune contrainte.

Ils n’iront pas à l’école, ne liront plus, n’écriront plus. On les sortira au grand air le plus possible; on les emmènera à la campagne.

La nourriture sera légère et d’une digestion facile (lait, laitages, œufs, viandes tendres et bien cuites, purée de légumes). On assurera la liberté du ventre par des purgatifs, si cela est nécessaire. Pas de boissons alcooliques.

On évitera le séjour au bord de. la mer, trop excitant pour les enfants nerveux et trop humide. On les tiendra chaudement;

on leur fera porter de la llanelle pour éviter les refroidissements et les rhumatismes.

Si la chorée est très grave, si les mouvements sont incessants et incoercibles, on capitonnera le lit de l’enfant de façon qu’il ne puisse se blesser et on ne le perdra pas de vue un instant.

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