‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 86 sur 367 · CROUP · texte numérisé non relu

CROUP

Le croup est la diphtérie du larynx ; cette localisation, précédée d’ordinaire par l’angine couenneuse, peut être dans quelques cas primitive ( croup d'emblée), ce qui rend le diagnostic parfois difficile.

Quand on voit un enfant présenter de la raucité de la toux et de la voix suivie bientôt d’aphonie complète, puis de tirage sus-sternal et épigastrique, si la gorge a présenté ou présente encore des fausses membranes, le diagnostic de croup est certain. Si la gorge est nette, il est permis d’hésiter, et l’on a vu le croup confondu alors avec la laryngite striduleuse, les corps étrangers des voies aériennes, l’œdème de la glotte, l’abcès rétro-pharyngien. Pour ces trois dernières affections, l’examen direct du fond de la gorge ou les commémoratifs permettront de faire un diagnostic dans, l’immense majorité des cas. Pour ce qui est de la quatrième (laryngite striduleuse), l’erreur est plus facile, quoique la laryngite striduleuse débute comme le croup finit, c’est-à-dire s’annonce d’emblée par un accès de suffocation avec toux aboyante, sans prodromes inquiétants, au milieu du sommeil de la nuit. L’examen bactériologique des liquides bucco-pharyngiens, en montrant la présence du bacille de Lceffler, peut assurer le diagnostic de croup. Cet examen est

de rigueur. On ensemencera un tube de sérum gélatinisé avec du mucus recueilli le plus près possible du larynx, et on portera cà l’étuve à 37°. En moins de 24 heures, on aura le diagnostic. Enfin, dans quelques cas, l’enfant a rendu, dans un ctfort de toux, des fausses membranes plus ou moins tubulées et ramifiées venant des voies aériennes.

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Dans l’espoir d’éviter la trachéotomie ou le tubage, remèdes suprêmes de l’asphyxie, on essaiera les substances usitées dans le traitement de la diphtérie.

Le chlorate de potasse à l’intérieur n’est pas à recommander chez les enfants à cause de son action dissolvante sur les globules du sang1. Au contraire on aura recours aux balsamiques : copahu, cubèbe, térébenthine, benzoate de soude, etc..

Voici les formules à prescrire.

% Extrait oléo-résineux de cubèbe 10 grammes-

Sucre 90 —

2 grammes par jour dans du lait.

(Delpech.)

% Sirop simple 900 grammes.

Extrait alcoolique liquide de cubèbe. . . 300 —

Trois cuillerées à soupe par jour.

(Puch.)

% Cubèbe 30 grammes.

Copahu 60 —

Sous-carbonate de 1er 4

Sous-nitrate de bismuth Q. s. pour solidifier.

A prendre par bols.

(J. Simon.)

% Looch blanc 70 grammes.

Sirop de polygala 30

Extrait de cubèbe 2

Carbonate d’ammoniaque 0 gr. 60.

Par cuillerées à café d’heure en heure.

(D’Espine et Picot.)

Le jaborandi et la pilocarpine, sur lesquels il ne faut pas

1. Par exemple cette formule de l’hôpital des Enfants est mauvaise, à moins qu’on ne supprime le chlorate de potasse :

Emétique 0 gr. 10.

Sirop* d'ipéca 30 grammes.

Oxymcl scillitique 10 —

Chlorate do potasse 4 —

Infusion do polygala 150 —

Page 1