OH OU P
trop compter et qui ont le défaut de déprimer les enfants, de les exposer à la syncope, sont recommandés par quelques auteurs. On prescrira :
% Pilocarpine 0 gr. 02.
Chlorate de potasse 3 grammes.
Carbonate d’ammoniaque 1 —
Sirop de polygala 30 —
Cognac 20 —
Eau 130 —
Une cuillerée toutes les heures jusqu’à sudation.
(Gilbert, de Genève.)
H. Degle (de Kindberg) dit que la pilocarpine, à la dose de 2 à 4 centigrammes par jour chez des enfants de 2 à 8 ans, amène une diminution de la dyspnée et une expectoration abondante de membranes et de crachats.
Le Dr Stern (de Dusserdorf) a donné le laudanum (II à Y gouttes suivant l’âge) pour calmer les spasmes et le tirage, prévenir ou éloigner le moment de l’intervention.
M. Legroux signale les bons effets de la créosote pour prévenir le croup et la broncho-pneumonie.
% Glycérine 500 grammes.
Rhum 100 —
Créosote 10 —
Deux à quatre cuillerées par jour/ suivant l’âge.
On a vanté aussi les sulfureux, qui poussent à la diaphorèse et activent les sécrétions bronchiques. On peut donner les eaux d’Eaux-Bonnes ou d’Enghien, à la dose de 3 à 4 cuillerées à soupe dans du lait chaud. On peut faire des pulvérisations avec ces eaux. Les inhalations d’oxygène sont utiles pour entraver les progrès de l’asphyxie.
On a beaucoup usé, aux Etats-Unis, des fumigations de
calomel (1 à 2 grammes chauffés sur une tôle près du lit de l’enfant, toutes les .3 heures). Mais le vrai traitement général du croup esL la sérum-thérapie, qu’on devra employer sans retard, dans tous les cas.
Comme toniques, on donnera le perchlorure de fer, le quinquina, l’alcool.
% Solution de perchlorure de fer XX à XL gouttes.
Eau sucrée 200 grammes.
Une cuillerée à dessert toutes les cinq minutes.
On donnera les diurétiques et le lait pour entraîner par le rein les toxines de la diphtérie.
% Caféine 0 gr. 50 à 1 gr.
Benzoate de soude 2 grammes.
Sirop des cinq racines 30 —
Eau distillée 60 —
Par cuillerées dans les 24 heures.
Ou bien :
% Oxymel scillitique la grammes.
Sirop de stigmates de maïs 15
Eau distillée 60
Chambre aérée, vaste, souvent ventilée ; nourriture riche (laitages, gelées de viande, crèmes, vins généreux, au besoin lavements nutritifs).
TRAITEMENT LOCAL
Sans parler de la trachéotomie et du tubage (voyez Diphtérie) qui forment le véritable traitement local du croup, on peut dire que les inhalations et pulvérisations atteignent localement la diphtérie du larynx.
Le traitement de M. Delthil, qui consiste à faire briller dans la chambre:
% Goudron de houille
Essence de térébenthine. . . .
aa. . . 40 grammes.
n’a pas donné de résultats encourageants.
Celui de Renou, qui consiste à verser dans une casserole à demi pleine d’eau, et chauffée par un fourneau à gaz, à pétrole, à alcool, une cuillerée, de deux en deux heures, de la solution suivante :
% Acide phénique 230 grammes.
Acide salicylique 50
Alcool 1 000
est plus efficace.
Enfin les pulvérisations à bout portant , faites avec le grand pulvérisateur de Lucas-Championnière, pendant cinq à dix minutes toutes les heures, avec de l’eau boriquée tiède ou faiblement phéniquée (1 p. 200) sont excellentes L On aura soin
1. On peut employer les solutions créosotées, salicylées, eucalyptées, l’eau de chaux.
de protéger le corps de l’enfant contre le ruissellement à l’aide de taffetas gommé ou de toile cirée, et on le priera d'ouvrir la bouche devant le jet de vapeur. Grâce à ce procédé, j'ai pu éviter la trachéotomie à un enfant et le guérir sans opération. Chez les sujets assez vigoureux, pas trop infectés, on peut employer les vomitifs, l’ipéca surtout (1/2 à 1 gramme) qui favorisent l’expulsion des fausses membranes et nettoient l’estomac.
La prophylaxie du croup consiste dans le traitement rigoureux de la diphtérie de la gorge ou de tout autre point du corps. Pour ce qui est de la prophylaxie générale de la diphtérie, voyez ce mot. Les mesures de nature à protéger l’entourage du malade ne diffèrent pas dans les multiples localisations de la maladie; elles se résument toujours dans les deux mots: isolement, antisepsie .
CYANOSE
La cyanose congénitale, ou maladie bleue , due le plus souvent à un rétrécissement de l'artère pulmonaire avec communication dés deux cœurs, se reconnaît à la couleur violacée des lèvres et des téguments, à la saillie des yeux, à la dyspnée, aux doigts en massue. La coloration violacée de la peau s’atténue par le repos, s’exagère par les efforts, les émotions, la fatigue, les cris, les pleurs, le froid. Il y a de temps à autre une toux quinteuse et des accès de suffocation. A l’auscultation du cœur, on perçoit souvent un souffle systolique à la hase, près du bord gauche du sternum. Les enfants sont petits, chétifs, arriérés physiquement et intellectuellement ; le développement est entravé.
Le diagnostic se fait aisément et à distance; ce qui est difcile, c’est de préciser la nature et le siège de la lésion cardiaque ; en annonçant le rétrécissement de l’artère pulmonaire, on risque peu de se tromper: à l’autopsie, on distingue le rétrécissement acquis par l’altération des valvules qui manque dans le rétrécissement congénital.
TRAITEMENT
Le traitement est purement palliatif : on ne saurait guérir les malades, on ne peut que prolonger leur existence. Si la plupart meurent jeunes, beaucoup atteignent l’àge adulte, et quelques-uns le seuil de la vieillesse.
On insistera sur le repos, l’éloignement de toute fatigue, des émotions, des jeux de plein air. On fera des massages, des frictions sèches et stimulantes. On conseillera le séjour dans le Midi, d’autant plus que beaucoup de ces enfants deviennent tuberculeux. Les enfants atteints de maladie bleue ont toujours froid : on les couvrira de flanelle et on les réchauffera par tous les moyens. Pour relever l’énergie du cœur, on s’adressera à la digitale, qu’on prescrira pendant trois ou quatre jours consécutifs tous les mois, ou plus souvent si cela devenait nécessaire.
% Teinture de digitale Teinture de scille.
aa. . . S grammes.
X gouttes par jour pour un enfant de 5 à G ans.
Dans l’intervalle, s’il n’y a pas de tuberculose, on donnera l’iodure de potassium (15 à 20 centigrammes par jour).
Pendan t les paroxysmes, on fera inhaler l’oxygène, on appliquera des ventouses sèches, on essaiera les' bains d’air comprimé. On n’oubliera pas les toniques, l’huile de morue, le fer, le quinquina.
CYSTITE
La cystite s’observe chez les enfants des deux sexes, tantôt à la suite d’une uréthrite ou d’une vulvo-vaginite ascendante, tantôt à la suite d’une maladie générale, d’une infection descendante. J’ai vu récemment une fillette de 3 ans qui avait une cystite hémorragique du col à la suite de vulvitc à gonocoques, et d’autre part j’ai observé un garçon de 12 ans atteint de cystite grippale avec hémorragies et douleurs à la fin de la miction. Les deux sujets ont parfaitement guéri.
Je ne parlerai pas des cystites calculeuscs qui appartiennent aux chirurgiens. Mais je dois mentionner la cystite tubereu-
leuse et la cystite coli-bacillaire qui coïncide] parfois avec l’entérite des jeunes enfants.
TRAITEMENT
Pour triompher des spasmes douloureux de la cystite, on condamnera les enfants au lit, on appliquera un cataplasme laudanisé sur le bas-ventre, et on donnera des boissons en abondance, qui, en augmentant et en diluant les urines, feront cesser l’irritation du col vésical.
La tisane de chiendent pour couper le lait, la tisane de graines de lin ou de queues de cerises sont très utiles en pareil cas.
En môme temps on prescrira une potion destinée à aseptiser les voies urinaires :
% Eau distillée 100 grammes.
Extrait de réglisse 10 —
Benzoate de soude 4 —
Une cuillerée à soupe de deux en deux heures.
On a encore conseillé le salol, qu’il faudra donner à faibles doses (15 à 20 centigrammes toutes les trois heures).
En cas de rétention d’urine, il faudrait faire le cathétérisme, et s’il y avait du pus, laver la vessie avec de l’eau boriquéo tiède à 3 p. 100, du lysol à 1 p. 400, du permanganate de potasse à 1 p. 500.
Les bains tièdes prolongés se recommandent dans les cas de douleurs vives et persistantes, et aussi de rétention d’urine. Dans la cystite tuberculeuse avec douleurs, Hochet a fait la cystotomie sus-pübienne avec curettage (Armais don, Thèse de Lyon, 1897).
DACRIOCYSTITE
La dacriocystite ou inflammation des voies lacrymales s’observe chez les nouveau-nés et dans la seconde enfance.
Dacriocystite des nouveau-nés. — Dans la première ou la seconde semaine, parfois dès la naissance, on note un catarrhe
purulent qui fait penser à une simple conjonctivite. Mais le traitement habituel par les collyres et les lavages échoue. On presse alors sur le sac lacrymal de bas en haut et on fait sourdre du pus par les points lacrymaux. Dans ce pus, on trouve le plus souvent le pneumocoque, parfois un microbe tétragène (Valude, Nouveau-né venu au monde avec une tumeur lacrymale) . Parfois on a pu soupçonner la tuberculose ou la syphilis (dacriocystite double). Il y a dans quelques cas un retard dans le développement du canal nasal, une imperforation de l’orifice inférieur.
Dacriocystite de la seconde enfance. — L’affection dépend de la scrofule, d’une carie osseuse. On voit à la racine du nez une tumeur plus ou moins grosse ( tumeur lacrymale ) ; eu pressant sur elle, on fait sourdre du pus ou une masse gommeuse par les points lacrymaux ; la peau peut se perforer [fistule lacrymale).
TRAITEMENT
Chez le nouveau-né, après avoir essayé les instillations astringentes (sulfate de zinc, nitrate d’argent à 1/100), on fera le cathétérisme du canal lacrymal avec ou sans débridement. On pourra faire des lavages avec la seringue d’Anel.
Chez les enfants plus grands, on débridera largement pour cathétériser, laver, curetter, cautériser, et même extirper la cavité. En même temps on donnera l’huile de morue, les préparations iodées et, si l’on soupçonne la syphilis, le mercure.
DANSE DE SAINT-GUY (Voyez Chorée)